Voici ma dernière expérience, donc, comme conducteur de presse numérique

Vous voulez un témoignage ? J’en ai beaucoup, donc je choisi de témoigner de ma dernière expérience.
Voici mon pédigrée :
Âge: 44
Qualifications : Dessinateur, photographe, infographiste, webdesigner, étudiant en peinture à l’école des Arts d’Anderlecht.
Principale occupation depuis 10 ans : plongeur en restauration.
Dernier job : conducteur de presse numérique dans une imprimerie.
Voici ma dernière expérience, donc, comme conducteur de presse numérique :
J-5 : rencontre avec une agence d’intérim pour un job d’infographiste/webdesigner pour une société de vente de viande halal à Vilvoorde (pourquoi pas ? Je n’ai pas de préjugé et je suis qualifié pour la fonction).
J-5+30 minutes : on me propose un rdv dans une imprimerie qui fait du web-to-print à x. ( ho! quel beau mot WEB-TO-PRINT ! Qui cache un régime de travail comme on le connaît dans les sociétés de vente en ligne tel Zalando, Amazone et consort )
J-3 : rencontre avec le business developper de l’entreprise, mais un peu DHR aussi, car le mec sait juger d’instinct une personne ET pour qui je suis l’homme providentiel. Il me dit que mon taf sera un support à un gars qui n’assure pas les cadences de production. J’accepte :-/
J 0: Arrivé au boulot le lundi, on m’annonce que le gars qui est en charge du pré-presse et de l’encodage des commandes dans le logiciel comptable de l’entreprise part en vacances. Je dois le remplacer « à la volée ». J’ai droit à une mini formation de 45 minutes par ce mec, désagréable au possible. J’assume ces deux semaines du mieux que je peux, usant de mon sympathique sourire pour récolter les infos nécessaires à mon travail. Mais je me sens bien seul. Et là, mazette, je fais une erreur d’encodage sur un client, un seul. Une erreur qui ne sera jamais corrigée par la suite, malgré mes demandes répétées, alors que je n’avais plus accès au logiciel. Cela fera perdre de l’argent à l’entreprise chaque semaine pendant des mois. On m’en parlera tous les jours. Un point de perdu pour moi, un point de gagné pour le management, et puis la haine des collègues …
J+12: L’opérateur que j’étais censé seconder se fait viré le vendredi soir à 16h00. Et je dois reprendre son job le lundi suivant, sans formation. Débrouille toi pépère !
J+5 semaines et les suivantes: Alors que je commence à assurer dans mon taf (tous seul du coup, grâce à une précédente expérience dans l’imprimerie) et que les relations avec mes nouveaux collègues se réchauffent, le business developper me change de poste. Et il me changera de poste chaque semaines. Encore, encore et encore. Notant chaque erreur que je fais, comme si mon travail/mon contrat était comme un permis à point : au bout de x erreurs, tu dégages ! La peur dans l’entreprise étant entretenue par des réunions hebdomadaires durant lesquelles étaient pointées devant tout les collègues ce qu’ils appelaient des NON-CONFORMITÉS !?! Un peu comme les châtiments en place publique du Moyen-Âge.
J+ 8 mois: Après avoir travaillé entre une et trois heures supplémentaires chaque jours (non payées car je dois remettre en question, changer mes méthodes de travail, évoluer et apprendre à devenir autonome !?!), plus les samedis et les dimanches en périodes de rush, je me fais virer parce que j’ai une hernie discale et le nerf sciatique abîmé. Ha ouaih, j’oubliais … l’entreprise était en plein déménagement, et je portais des meubles et des caisses, sans nuire au flux de production bien sûr.

Le mot de la direction à mon départ : « Tu sais ce que l’on fait aux chevaux qui boitent … ». Merci patron !

Lien annexe: https://www.senate.be/www/?MIval=/publications/viewPub.html&COLL=S&LEG=5&NR=1172&VOLGNR=1&LANG=fr

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