Travailler jusqu’à presque en pleurer, c’est ça le monde du travail ?

Alors de mon côté je suis étudiant (en sciences) et ayant des parents en situation très précaire je me dois de bosser tous les étés, et au cours d’un de ces étés (où je faisais du rayonnage en grande surface) j’ai vécu un ENFER, au quotidien, tous les jours j’entendais « ah pétard heureusement que tu vas faire de la physique plus tard avec ton allure d’escargot tu serais mal barré si tu devais faire quoi que ce soit de manuel » le pire étant que je subissais ces remarques au quotidien, alors que je me donnais vraiment au maximum (pardon de ne pas être dans une forme olympique dès 5h du matin dans un magasin qui pue). J’ai enduré ce calvaire plus d’un mois ça m’a dégoûté littéralement du monde du travail (j’avais alors 16 ans)

Plus récemment, l’été dernier (j’avais 19 ans) j’étais dans une autre grande surface, en rayonnage de fruits et légumes, je me souviens que tous les jours on me confiait les pommes de terre à mettre en rayon, des cagettes de 35kg à porter, un jour je suis allé voir le directeur du magasin parce que mon dos avait craqué et que ça me faisait un mal de chien, il m’a dit « Rémy, on compte sur vous, si vous partez on devra vous remplacer », j’ai donc du continuer de travailler, j’en avais marre, je l’ai fais pour ma famille, parce qu’on a besoin de cet argent, mais mince, travailler jusqu’à presque en pleurer, c’est ça le monde du travail ?

2 thoughts on “Travailler jusqu’à presque en pleurer, c’est ça le monde du travail ?

  1.  » J’ai enduré ce calvaire plus d’un mois ça m’a dégoûté littéralement du monde du travail »

    Il y a comme ça, parfois, des petites expériences très courtes qui peuvent marquer au fer rouge tout un parcours de vie. Cela peut aussi orienter des choix interpersonnels et futurs à l’envers même de ce que voudrait nous faire avaler le formatage des bonnes moeurs professionnelles. Bref, sociétalement, par la masse grandissante des gens déçus, tout cela devient un jour totalement improductif. Quand nos dirigeants et nos bosses auront compris ça, alors on aura enfin avancé d’un pas…

    Merci Rémy pour ton témoignage. Qu’il puisse pleinement servir à d’autres jeunes que toi, car l’avenir du monde du travail, c’est vous.

  2. Bonjour,

    Je viens de vivre ce même calvaire, un mois en grande surface à faire la mise en rayon à 5h du matin, 6j/7, à subir les mêmes réflexions que toi, Rémy; « tu es nulle, lente, les saisonniers vous êtes inutiles et maladroits, etc », et ce quotidiennement. La fin de l’histoire, j’étais logée chez les beaux parents qui en plein milieu de l’été ont jeté dehors mon copain et donc moi, nous n’avions pas possibilité de rester pour finir la saison; alors on leur a dit, qu’on devait partir dans peu de temps. Au final, ma responsable m’a accusée d’être une petite conne qui ne vaut rien, elle m’a mise à la porte à 6h30 alors que j’étais venue travailler mon dernier jour avant de devoir partir. Violent.
    Quand les patrons vont ils se rendre compte qu’ils dégradent leurs salariés, les maltraitent verbalement tout ça pour…tout ça pour quoi déjà ?! Et à quel point les conséquences peuvent être lourdes ? (dépression du salarié, baisse de l’estime de soi, etc)
    Plus jamais je ne travaillerai en grande surface. Je vous encourage tous, à ne pas vous laisser faire, à ne pas vous laisser abuser, rabaisser, humilier. Je me suis tue en me disant que j’étais peut être une saisonnière nulle, j’aurai dû gueuler plus tôt et dire que ce n’était pas juste. Je n’ai pas osé le faire, je le regrette.
    Ne vous laissez pas faire ! Nous avons tous des droits, tous les mêmes qu’on soit saisonnier ou patron.
    Bonne continuation à toi Rémy, bonnes études!

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