j’étais Assistante d’exploitation dans un restaurant

Il y a 6 ans, j’étais Assistante d’exploitation dans un restaurant, et je réalisais les entretiens commerciaux de la partie traiteur du restaurant. J’ai bossé des années pour arriver à ce poste, enchaînant les employeurs, les CDD, les heures. J’aimais ce travail et j’aimais l’environnement dans lequel je travaillais. Mon patron avait l’air satisfait puisqu’il partait régulièrement en vacances en me laissant gérer le restaurant. J’ai donné du temps, énormément, je venais sur mes repos régler les imprévus, je ne comptais pas mes heures et je ne demandais pas de vacances.
Du jour au lendemain, je n’ai plus eu le droit d’ouvrir le courrier, de répondre au téléphone, de signer les chèques, je n’avais plus accès à la comptabilité et je me suis retrouvée régulièrement à faire la plonge. J’ai cherché une explication, et j’ai subit la mise à l’écart progressive de la part de tout le monde.
J’ai commencé à chercher du travail ailleurs. Et j’avais trouvé! Si bien qu’en arrivant un matin, lorsque mon patron m’a demandé ma lettre de démission, j’ai accepté sans rien dire. En sortant, j’ai appelé mon futur employeur pour lui dire que j’étais disponible plus tôt que prévu. Il m’a dit qu’il me rappelait. Il l’a fait, 1h après, pour me dire qu’il avait eu mon ancien patron au téléphone, que j’avais soit disant dévoilé des chiffres et fait sortir des bilans. Je n’ai pas pu me défendre autrement qu’en niant.
J’ai su après pourquoi j’avais été victime de ça. J’avais hébergé un ami de mon patron, ami qu’il avait laissé à la porte de chez lui, ami que je connaissais depuis des années puisque nous venions de la même ville.
Je ne peux plus travailler en restauration aujourd’hui. Après des mois à subir le harcèlement, des années à mettre un mot sur ce que j’avais vécu, je ne peux toujours pas reprendre le dessus et vivre de ma passion. C’était mon truc, c’était de famille. J’ai fait une dépression de plusieurs mois avant de retrouver un emploi. J’ai vécu sans revenu pendant des mois suite à cette démission.
Je me souviens encore de l’heure exacte, 9h05, dans la salle où j’avais signé mon contrat (chose que ce patron n’a pas manqué de souligner) j’ai rédigé cette lettre d’une main tremblante, triste et en colère de ne pas comprendre ce qu’il s’était passé, de ne pas avoir d’explication autre que « Tu m’as déçu »

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