Je faisais le ménage pour une entreprise, dans un grand centre commercial

Durant mes cinq années d’étude, j’ai travaillé trois mois chaque été pour pouvoir financer mon loyer et ma nourriture nécessaires à ma scolarité.
Je faisais le ménage pour une entreprise, dans un grand centre commercial.
Pendant trois mois, je devais me lever à 3h du mat pour être au taf à 5h, pour un job dégradant, aliénant et éprouvant, avec des supérieurs chiants.
Pour 35h de boulot, je touchais le SMIC.
La chaîne hiérarchique rendait toute plainte impossible.
Tous mes collègues (une dizaine) étaient d’origine étrangère, maniant très mal le français.
Situation idéale pour les patrons : mes collègues, honteux de leur capacité à s’exprimer, ne le faisait pas.
Moi non plus. Je savais que c’était temporaire.
Pour eux, ça ne l’est pas.
Mes collègues de là-bas, ça fait des années qu’ils y sont. Ils y seront encore dans des années.
Ils se tuent à la tâche pour toucher un SMIC et vivre dans un 35m² avec leur famille.
N’ont aucun avenir professionnel.
Pas le droit à la parole.
Pendant de temps, d’autres touchent dix fois leur salaire pour un mandat qu’il ne respecte pas.
Voyagent dans de grosses cylindrées entre leurs habitations secondaires.
Sous prétexte qu’ils sont plus méritants.
Méritants.

Taxons ces gens-là ; augmentons les bas salaires.
Tout travail mérite récompense.
Que toute récompense soit égale.

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