Mon travail consistait à compter de l’argent toute la journée, des millions et des millions, le plus vite possible.

J’ai travaillé pendant six ans pour des entreprises de transport de fond, en tant qu’ opératrice de valeurs, on nous appellent « les caissières  » .
Je travaillais dans un grand bâtiment sans fenêtres, mal aéré et souvent surchauffé.
Mon travail consistait à compter de l’argent  toute la journée, des millions et des millions, le plus vite possible.
C’était ça le truc ! Travailler vite ! Très vite ! Il ne fallait pas s’arrêter, pas se parler, ne pas « traîner » aux toilettes, toujours plus vite !
Si vous ne travailliez pas assez vite les autres caissières (grande majorité de femmes, les hommes, eux, sont convoyeurs de fond, comme ils sont plus forts) vous tombais dessus ! C’était une chaîne, et si un maillon flanchait, tout les autres maillons finissait plus tard et rentrait chez eux à des heures pas possible.
On m’a demander de « travailler à 200% » de « laisser mon mal de dos à la maison » .
Je portais de très lourdes charges, je respirais de la poussière à longueur de journée, j’ai fini avec une tendinite sévère à chaque poignet à cause des milliers de liasses de billets que j’ai faites. J’ai fini aussi avec une dépression. Et j’ai fini par me tirer

Laisser un commentaire