Je tiens à partager mon expérience de travail en cure thermale avec vous

Bonjour, je tiens à partager mon expérience de travail en cure thermale avec vous, je vous prie de la partager comme bon vous semble si cela peut être utile.J’ai travaillé 3,5 mois en cure thermale en France, comme kiné. J’étais la seule kiné française, j’ai vite compris pourquoi en voyant les conditions de travail. Espagnols, hongrois, polonais, mes collègues trouvaient ici de meilleurs salaires et restaient donc malgré les abus. Une cure spécialisée pour les personnes dépressives et à affections psychosomatiques. Les patients venaient 3 semaines pour se soigner, suivre un planning de soins. Les kiné massent de 7h à 13h tous les jours sauf le dimanche + un après-midi par semaine, on a 12 minutes par patient ! Le massage « sous affusion », avec des jets d’eau, le patient est en maillot de bain ou nu s’il souhaite, il monte sur la table de massage, et 10 min après on doit passer à la personne suivante. Les personnes dépressives, me racontaient des problèmes angoissants, des situations intimes graves, mais je devais les stopper pour passer à la personne suivante. Debout toute la matinée, les mains constamment mouillées par les jets d’eau et les pieds aussi, en sandales recevant l’eau qui coulent de la table. Seulement 2 pauses par matinée, juste le temps d’aller aux toilettes ou de boire de l’eau. Les vestiaires étaient sales, poussiéreux, et le sont restés malgré mes plaintes à la direction. L’évacuation des eaux dans les salles de massage était gérée inconsciemment, entre deux patients,avec des produits chimiques pour déboucher quand l’huile de massage stagnante empêchait l’eau de passer, donc on respirait les émanations le temps que ça s’aère. Nous devions chacun nettoyer sa salle de massage, sans formation aucune. Libre à nous de ne passer qu’un jet d’eau, personne pour vérifier l’hygiène. Une situation pitoyable pour des patients au bord du gouffre… Et parlons des patients, « dépressifs », nombreux en sont là à cause de Burn Out, d’harcèlement au travail, de licenciement abusif, d’accident de travail non reconnu, (…) j’en ai entendu des histoires de dommages collatéraux du système actuel !J’avais un logement de fonction, (annoncé d’une vingtaine de mètres carré au téléphone, il en faisait 13, et sous les toits) dans un même bâtiment que d’autres collègues. Le propriétaire me demandait, au black bien sûr, de payer 10€ par nuit où j’hébergeais mon copain. On a jamais payé et j’ai caché mon copain comme un clandestin… Il entrait parfois dans les apparts de mes collègues et moi, ayant tous les doubles de clef. Quelles conditions de travail !! J’ai essayé de rassembler mes collègues pour réclamer des changements, mais ils avaient peur. Ceux qui se plaignent se retrouvent avec plus de patients sur leur planning. J’ai parlé au directeur, citant les problèmes de manque de pause, de massage trop court, de pieds et mains lésés par l’humidité et l’huile de massage, du manque d’hygiène et des abus du propriétaire. Le médecin du travail n’a rien fait non plus. J’ai décidé de stopper mon contrat en juillet (je devais rester jusqu’à Novembre).

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