On rentrait pas dans le moule

Il y a deux ans, et après plusieurs années de voyages et deux maternités, j’ai recommencé mes recherches d’emploi. Lors d’un entretien téléphonique (et donc sans trace) avec une agence de recrutement l’agent me demande pourquoi j’ai « un gros trou dans mon CV », j’explique donc que j’ai eu deux bébés et la dame me répond « Je suis désolée mais on préfère recruter des gens qui ne sont jamais sorti du système » et elle a même refusé d’entrer mon nom dans sa liste de demandeurs d’emploi. Il me semblait pourtant que ce genre de discrimination est illégal mais comme ces choses là se disent par téléphone il n’y a aucun moyen de les prouver.
A défaut d’opportunité de contrat l’idée de créer ma boîte a germé. La première chose que l’on nous dit à la chambre de commerce et d’industrie c’est « Vous savez qu’un patron de PME se suicide tous les deux jours. Vous êtes sure de vous? »
Quant à mon mari, qui est irlandais et qui était aussi à la recherche d’un emploi en même temps que moi, a dû expliquer à plusieurs reprises lors d’entretiens (ainsi qu’à la CPAM qui ne voulait pas lui donné de numéro de sécurité sociale) qu’il n’avait pas de carte d’immigration étant donné que l’Irlande fait partie de l’Union Européenne. Ca je l’avais appris au collège. Soit ils sont incultes, soit c’est de la mauvaise volonté! Hmmm…
Et comme le RSA c’est bien pour dépanner mais que quand on a deux enfants à nourrir et l’envie d’une vie sociale et professionnelle plus épanouies et bien on est parti.
On vit maintenant à Dublin. Mon mari a trouvé du travail dans sa branche en à peine six semaines, quant à moi j’écris des livres de cuisine depuis ma maison et je vis sous le statut d’artiste.
J’ai vraiment l’impression d’avoir été mise à la porte à grands coups de pieds au derrière par mon propre pays, tout ça parce que … ben… j’sais pas, on rentrait pas dans le moule. Le travail en France est un vrai problème. Le trouver, le garder, s’y épanouir, en vivre…. Bon courage dans votre combat. Je vous souhaite d’être rejoint par le plus grand nombre. Depuis Dublin je garde un oeil sur ce qu’il se passe à la maison, dans l’espoir de pouvoir rentrer un jour.

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