On achève bien les chevaux

On achève bien les chevaux1

Je vais témoigner ici pour ma mère parce que l’informatique, ça n’est pas trop son truc et
raconter sa vie sur internet non plus.
Donc ma mère a travaillé en tant qu’artisan-commerçant et cotisé pendant 20 ans.
Quand elle a eu environ 50 ans, elle et mon père se sont séparés et ma mère a fermé son
entreprise (oui, parce que c’était SON entreprise, pas celle de mon père qui n’y travaillait pas,
parce que je vous vois arriver avec « c’est une femme d’artisan blablabla… »). L’ennui c’est
qu’elle n’a rien retrouvé par la suite pour se reconvertir. D’autant plus que le procès du
divorce a duré au moins au moins 4 ans bloquant ainsi les fonds sont elle disposait pour
remonter une entreprise. Plus tard, elle a essayé de remonter une entreprise, mais ça n’a pas
marché à cause de la crise. Après elle a fait une dépression et maintenant qu’elle a 62 ans, les
organismes d’Etat ne veulent plus lui verser d’aide pour sa dépression et veulent l’obliger à
prendre sa préretraite. L’ennui, c’est qu’elle n’a cotisé « que » pendant 20ans, donc elle aura
droit à une pension 300€ (je précise quand même que les artisans sont imposés à 33%
contrairement aux grandes entreprises qui le sont à 5% seulement). Le minimum vieillesse a
été supprimé en 2006, à la place maintenant, si vous avez des biens, l’Etat accepte de vous
aider, mais ils hypothèquent votre maison et la prennent à votre mort… Donc vous n’avez
rien à léguer à vos enfants. C’est tout-à-fait humiliant, tout ce pour quoi vous avez travaillé
vous est repris, on pourrait carrément euthanasier nos anciens ça irait plus vite ! Là le système
est devenu tellement inhumain qu’ils poussent les gens au suicide quand ils ne rapportent
plus. Le schéma exacte du « travaille, consomme, crève ».
Nous troquons nos vies contre des salaires, mais dans quelle finalité ? A quoi ça rime ?
Et pendant ce temps nos dirigeants se gavent de petits fours avec nos impôts et se font des
réserves au Panama …

1On achève bien les chevaux, film de Sydney Pollack, 1970.

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