Je galère, rares sont les jours où je mange autre chose que des pâtes

J’ai 21 ans, je suis actuellement en formation d’ingénieur du son à raison de 13h/semaine. Pour financer ma formation, qui se déroule sur deux ans, j’ai dû faire un crédit de plus de 15 000 euros que je vais devoir commencer à payer l’an prochain. J’ai commencé à travaillé à mes 18 ans, des petits boulots et des contrats saisonnier, en tant que serveur, caissier, assistant photocopies/cafés dans une grande entreprise, etc… Bref, des tafs pas très réjouissants, mais qui me permettaient de mettre de coté. J’arrive au terme de ma formation, à la fin de l’année, et ça fait plus d’un an que je n’ai pas travaillé, malgré les dizaines de CV et de lettres de motivations que je distribue chaque mois. Je ne suis pas embauchable parce que je manque d’expérience, que je demande à travailler à temps partiel, que je n’ai pas de voiture. Je n’ose même pas demander d’emploi dans ma branche tellement le secteur est en crise et donc naturellement bouché. Je galère, rares sont les jours où je mange autre chose que des pâtes, rares sont les jours où je mange 3 repas. Je me demande comment ce sera l’année prochaine, quand la banque va me demander de payer ce que je leur doit. Je me dis souvent qu’au lieu d’avoir essayé de faire de ce que j’aime mon travail, j’aurais dû choisir quelque chose par défaut, qui embauche, et tant pis si ça ne me plaît pas, au moins j’aurai eu de quoi me nourrir, louer un appartement décent. Mais il y a des jours où je me dis que je vaut mieux que ça, que le problème ne vient pas de moi, qu’il vient de la société, que cette dépression est le fruit d’un enfumage monumental, et que nous, précaires, étudiants, chômeurs, salariés en galères, nous seuls pouvons et devons changer les choses.

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