Quand je travaillais dans un magasin de jouet

Quand je travaillais dans un magasin de jouet et que  le chauffage était
en panne tout l’hiver, qu’il faisait au maximum 10°C dans la boutique, que
l’on recevais les clients en doudoune, et que tes collègues te disent que
c’est le deuxième hiver comme ça, et que le patron n’a toujours rien
entrepris pour réparer le système
Quand dans la plupart des jobs que tu fais il y n’y a bien souvent  ni
toilettes ni locaux à disposition pour ta pause déjeuner, et bien sûr pas
de compensations prévues.
Quand ton employeur ne vérifie pas que tous les employés soient partis
avant de lâcher le chien de garde et que ta collègue se fait mordre et
n’ose pas protester parce qu’elle est juste saisonnière. Quand tu te rends
bien compte qu’une autre collègue est sur le point de sombrer sous la
pression psychologique de la patronne, et qu’elle n’ose pas partir parce
qu’elle ne peut pas lâcher un CDI. Quand tu constate toutes les entorses
au droit du travail dans ce château, que tu reporte à l’inspection du
travail et qu’il n’y a pas de suite, et que tu te dis que la proximité du
propriétaire avec un ancien président n’y est peut-être pas pour rien…
Et pour résumer, quand tu es Bac +10, que tu as des expériences
professionnelles dans la médiation culturelle, des lettres de
recommandations et que tu es au chômage depuis trois ans. Que les emplois
que tu pourrais occuper ne sont même plus des CDD précaires, mais des
Services Civiques, inaccessibles aux plus de 25 ans et plus que sous-payé
pour les compétences exigées. Quand tu reçois des réponses à tes CV de
responsables de services culturels ou de conservateurs de Musée encore
plus en demande que toi et  au bord de la dépression car même la culture
subit la pression du rendement et du management.
Quand malgré tout ça tu veux toujours te battre, y croire, te dire que la
société civile sera triompher et que tu jures que tu ne te montreras
jamais comme un vaincu.

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