Mon conseil est le suivant…

 Mon bac S 2003 en poche (au rattrapage, de justesse) et bien formaté au discours ambiant, je m’inscris en DUT informatique, pensant que puisque je m’intéresse aux ordinateurs, c’est la voie la plus évidente à suivre. Au bout de 8 mois, ne parvenant pas à travailler les matières, accumulant les notes catastrophiques, je me décide à arrêter les frais. Retour au bercail avec tout ce que ça implique : sentiment d’échec exacerbé par le mécontentement des géniteurs, début de dépression (17 ans, la vie commence bien), découragement. N’ayant toujours aucune idée de ce qui pourrait éventuellement m’intéresser dans la vie et après une demi-année sabbatique à jouer à World of Warcraft toute 20h sur 24 (je ne regrette rien), j’échoue en DUT SRC, pistonné par des amis en année supérieure. Deux ans médiocres passés en dilettante avec diplôme qui vaut ce qu’il vaut.
Conscient que ça ne suffira pas à décrocher un job (je ne parle même pas d’un job agréable), j’enchaîne à Paris sur une université privée dont je tairais le nom pour des raisons évidentes. Toujours sans convictions, les années passent et je parviens à maintenir la tête hors de l’eau sans forcer : certains diplômes s’obtiennent presque sans travail, sachez-le.
2010, un bac et deux diplômes supérieurs, toujours incapable d’appréhender mon avenir mais les parents sont fiers, alors ça va.
Je passe les 12 mois suivant à mollement tenter de chercher du travail : jobs merdiques, salaires minables, exigences aberrantes et surtout un manque total de motivation qui se ressent aux quelques entretiens qu’on a bien voulu m’accorder.
2011, coup de chance, je tombe sur la seule offre Pôle emploi qui pouvait me convenir et je suis embauché en CDD dans une très grosse entreprise pour un boulot de « pousse-bouton » un peu minable mais pas trop mal payé. J’ai enchainé les CDD durant plusieurs années dans cette société, apprenant sur le tas et alternant avec les périodes de carence légales. Problème, la politique du groupe était claire depuis 2009 : pas d’embauche extérieure, uniquement des reclassements. Et tant pis si personne ne correspond au profil demandé, nous enchaînerons les CDD.
Un jour, profitant d’une bourde du service RH (pas de contrat signé 48h après le premier jour d’embauche), je demande officiellement de signer un CDI. Je ne vous cache pas que les deux semaines suivantes furent un peu tendues. J’ai tenu, évité les pièges (genre contrat avec période d’essai, bien tenté) et finalement signé un CDI en bonne et due forme. Le monde du travail n’a aucune pitié pour nous, n’ayons aucune pitié pour lui.
Aujourd’hui je fais 9h – 17h dans un boulot un peu naze mais qui ne me demande qu’une ou deux heures d’activité par jour avec un salaire très correct, une bonne mutuelle et j’en passe. Je n’y passerai sans doute pas toute ma vie mais ça aide à mettre de coté en attendant quelque chose de plus excitant.
Mon conseil est le suivant : passez votre bac si vous le pouvez (on vous prendra un peu moins pour une merde, c’est comme ça malheureusement) et formez-vous dans les secteurs qui embauchent. C’est selon la bonne marche à suivre pour trouver rapidement un travail bien payé. Faire des études pour faire des études ne vous mènera qu’au Pôle Emploi.
Amicalement.

2 thoughts on “Mon conseil est le suivant…

  1. Comment s’épanouir dans ce genre de conditions? C’est triste mais votre parcours doit en refléter au grand nombre. De ce fait pour « survivre » ( en opposition à vivre sa vie pleinement ) il faut souvent rentrer dans le moule et essayer de jouer des coudes, parfois même rentrer dans une course à la compétition. Les autres voix qui sont possibles même vers une sorte de marginalisation. Cependant marcher en marge peut être formateur et ne même pas toujours à la misère. J’espère que vous avez ou trouverez des passions annexes qui donneront du sens à votre vie ( jouer aux jeux, être avec des proches, s’intéresser encore et toujours au monde de l’informatique…)

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