Mon premier job étudiant était en tant qu’intérimaire dans une usine de parfum.

mon premier job étudiant était en tant qu’intérimaire dans une usine de parfum. Le premier jour, au bout d’une heure de travail, ma chef de ligne qui ne m’avait pas adressé la parole pour m’expliquer le fonctionnement de la chaîne, a hurlé, à sa collègue et non à moi (qui était à un mètre d’elle): « Aide-là, elle fout n’importe quoi », puis ça a continué pendant une demie-heure jusqu’à ce qu’elle vienne enfin me voir en me disant « Bon ça va pas là ! Si tu vas pas plus vite, tu feras pas long feu dans la boite, allez, plus vite ! ». J’ai osé lui répondre qu’elle pouvait me parler avec un minimum de respect, tout ça en larmes. La chef de quart est arrivée et quant il a fallu lui expliquer ce qu’il s’était passé, ma chef de ligne s’est tout d’un coup posée en victime: « elle dit que je lui parle mal, c’est faux ! ».
Je suis restée deux semaines dans cette usine. Deux semaines où j’ai vu des insultes, intimidations, menaces de la part de chefs de ligne ou d’autres salariées envers des jeunes-filles de 18 ans, comme moi à l’époque. Des « Regarde comme elle est moche celle-ci » , « Qu’est-ce que tu fous, t’es conne ou quoi ? » « Va plus vite ! » « Tu vas pas faire long feu dans l’usine ». Je faisais des insomnies, je me levais en pleurant le matin… Puis une nuit où à 3h du matin je ne dormais toujours pas alors que je commençais à 5h30, j’ai décidé de ne pas y aller. J’étais chez mon copain, j’ai prévenu mes parents qui ont hurlé. Ils voulaient que j’aille jusqu’au bout de ma mission. Je suis allée chez le médecin, qui m’a dit que c’était hors de question que je continue à travailler dans ces conditions. Il m’a fait un arrêt de travail d’une semaine, temps qu’il me restait à travailler. A la suite de cette expérience, je suis devenue somnambule. Je me levais et rêvais que j’étais à l’usine, que ma chef me criais dessus, la chaîne allant toujours plus vite. Mon copain m’a supportée ainsi pendant bien deux mois.
Cette expérience m’a traumatisé. Certains adultes m’ont dit « oui enfin c’est ça le travail, on va pas tout le temps être gentils, tu vas pas trouver mieux ». A ces personnes je leur dit NON, ce n’est pas ça le travail. On peut aspirer à plus qu’être traité comme de la merde à longueur de journée. On peut aspirer à se sentir bien et épanouie dans son travail ! Il ne faut pas se résigner. Et OUI, j’ai trouvé dix fois mieux en boulot étudiant, ça m’a plu et je me levais le matin avec le sourire. Mais ce genre d’expérience ça marque, surtout pour une première expérience en job étudiant. Aujourd’hui, j’ai peur de l’avenir mais pas seulement, j’ai surtout peur de travailler.

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