Je réalise maintenant que j’étais sous leur emprise psychologique et en dépression

A la sortie de mes études en école de commerce spécialisation marketing du web, après plusieurs stages dans ce domaine, je suis arrivée dans une nouvelle région afin de suivre mon compagnon qui avait une opportunité professionnelle. Suite à deux mois de recherches intensives, je n’ai pas réussi à trouver de travail dans mon domaine. J’ai dû élargir mes champs de recherches, n’ayant pas le droit aux allocations chômage, bien qu’ayant deux ans dans la vie active – mais en stage. L’urgence financière se faisait ressentir, ne supportant pas l’idée d’être dépendante financièrement de mon compagnon ou de mes parents ! J’ai passé un entretien dans un supermarché d’une marque très réputée. Le patron cherchait une personne polyvalente administrativement pour les aider dans la mise en place d’une zone commerciale annexe. Ils voulaient de moi, mais pas avant 3-4 mois le temps que la construction se fasse. Je leur ai dit qu’il était impossible pour moi d’attendre autant, sans entrée d’argent. Ils ont donc proposé de m’embaucher la semaine suivante, mais via un contrat Pôle Emploi AFPR (Action de Formation Préalable à l’Emploi). Pendant presque deux mois j’ai été (mal) payée par l’organisme, mais au moins mes patrons n’avaient pas à me payer… Ayant montré ma détermination suite à ces deux mois, mon employeur a donné suite à mon contrat ! Ils avaient encore besoin de moi, d’autant que les structures que j’allais gérer administrativement allaient ouvrir d’ici quelques mois. J’étais heureuse de me dire qu’un salaire allait tomber tous les mois, même s’il était bas -1200€ net pour un bac+5- et que cela me laisserait le temps de souffler en cherchant un poste mieux payer dans mon domaine de prédilection. Grossière erreur… Malgré mon poste d’employée polyvalente, j’étais sous la tutelle de la comptable, cadre, qui me faisait faire les mêmes horaires qu’elle, c’est-à-dire 50h semaine. Mon patron m’a laissé comprendre que je devais faire les mêmes heures qu’elle, car c’était une chance pour moi d’avoir été prise, étant donné que je n’avais aucun bagage en comptabilité et RH, mission qu’il m’a confié entre temps. Concernant ses missions, je ne pouvais pas refuser car il m’a laissé sous-entendre que sinon c’était la porte pour moi, or sans formation dans ces domaines, je me sentais illégitime, d’autant que la comptable refusait de « perdre du temps » à me former, car elle ne voyait pas d’un bon œil que le patron embauche une jeune sans formation comptable. J’ai dû me débrouiller seule et travailler à côté pour progresser. Le plus dur a été lors de l’ouverture du premier magasin dans l’annexe, un magasin de sport. L’ouverture allait avoir lieu quelques semaines plus tard, je devais rester le soir pour aider à étiqueter les articles. Le week-end avant l’ouverture, le magasin prenait encore forme, mais ne travaillant jamais le weekend et n’ayant eu aucune directive, je ne suis pas allée au travail le samedi. J’ai reçu un appel de la patronne et de la fille me sommant d’arriver pour venir les aider… Ayant peur de me prendre la colère de mon patron (très colérique) j’y suis retournée le dimanche. Bien sûr ces deux jours ne m’ont pas été payé et j’ai juste eu le droit aux regards accusateurs du patron, sa femme et leur fille de ne pas avoir pris l’initiative de venir aider en magasin sur mes weekends ! Je m’en veux encore de ne pas avoir su réagir sur le moment, mais je réalise maintenant que j’étais sous leur emprise psychologique et en dépression. J’étais dans les bureaux toute la journée et entendait à longueur de journée la colère des patrons envers les employés qui « osaient poser des congés maladies » ou je ne sais quoi encore. La pire remarque ayant été entendue quand la fille du patron, ayant en charge les RH, rigolait à l’idée de n’embaucher que des femmes avec les trompes stérilisées ou alors donner des cours pour la contraception car les filles ne savent pas se gérer. Vous imaginez bien que le fait de tomber enceinte ne m’a pas frôlé l’esprit pendant ces années, tant l’idée me pétrifiait à l’idée de l’annoncer. Enfin, ce qui devait arriver arrivé, la fatigue n’aidant pas après 1 an et demi de travail avec seulement 2 semaines de vacances, j’ai fait une erreur dans mon suivi de dossier. Rien de dramatique mais suffisamment pour mettre en colère mon patron pour me menacer de me sortir du bureau et me mettre à un poste opérationnel. Heureusement il a accepté ma demande de partir en me licenciant (afin de garantir mon droit au chômage). Mon mois de préavis a été un réel soulagement même si je retiens la dernière colère qu’il a passé sur moi car j’avais dû prendre une après-midi en urgence pour passer un entretien et n’étant pas là, j’avais prévenue seulement la patronne de mon absence.
Suite à cela, j’ai repris un mois pour me reconstruire moralement. Ensuite, j’ai finalement changé de région avec mon compagnon et j’ai réussi à trouver un emploi dans mon domaine, ou je suis valorisée et bien payée. Maintenant que je sais qu’avoir un job valorisant ou on ne nous exploite pas existe, je n’accepterai plus de telles conditions par peur/honte d’être au chômage.

One thought on “Je réalise maintenant que j’étais sous leur emprise psychologique et en dépression

  1. merci, votre témoignage m’aide à mieux comprendre mon fils ( bts+ Master pro) qui ne travaille pas encore ( pas trouvé d’emploi) et qui n’accepte pas de bosser en stage alors qu’il en a déjà fait 2 ou3 .Pour moi qui n’ai jamais cherché de travail ( enseignante) ce n’est pas évident et m’amène à parfois douter de sa bonne volonté.Quelles situations tordues , les jeunes êtes -vous amenés à affronter de nos jours! Vivement qu’on se réveille et qu’on mette un gros coup de pied dans la fourmillière. Courage à vous.

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