J’ai 29ans , je suis une femme, et c’est bien ce qui m’a posé problème.

Je prendrais comme pseudo juste Lily car je souhaite rester anonyme.

J’ai 29ans , je suis une femme, et c’est bien ce qui m’a posé problème. J’ai voulu faire une thèse, 8 ans d’études après le bac, je voulais contribuer à la recherche en sciences. Sauf que je suis tombée sur un pervers narcissique qui m’a littéralement détruite par ses remarques humiliantes, son agressivité, sa propension à m’isoler de toute collaboration, mais en me foutant dans la merde, en prime.
Quand j’ai compris ce qu’il faisait et ce qu’il voulait (il était à la limite du harcèlement sexuel), j’ai décidé de tout arrêter. Mais quand on est en thèse, et ce qu’on ne sait pas, c’est que ça n’est pas si simple quand on a encore envie de travailler dans le milieu. Alors j’ai appelé à l’aide, j’ai prévenu des instances supérieures, parler. Le résultat ? J’ai déclenché une machine au sein de mon labo dont l’objectif était de me faire plier, de me faire subir et de me faire taire. « Fais plaisir à ton directeur » « tu sais, ca n’est pas si dramatique que cela de rater une thèse ». Voila des exemples de ce qu’on me disait alors que mon directeur m’avait fait ouvertement du chantage et menacé pour que j’arrête de parler et dise que tout allait bien.
La grosse solution pour moi, c’était la médecine du travail. Et vous savez ce que le médecin m’a dit ? D’aller prendre des anti-dépresseurs et de retourner bosser, me faire humilier, abuser, par ce système pourri. J’ai pété un boulon. C’est grâce à une attestation de mon médecin traitant disant que je faisais un syndrome anxio-dépressif réactionnel sévère (reconnu aujourd’hui comme maladie du travail) et que je devais quitter mon labo pour ma santé, qu’ils m’ont laissé tranquille. Ils ont eu peur car quand on est en thèse, le laboratoire accueillant est responsable de vous.

Alors j’ai atterri dans un autre labo, pour une autre thèse, avec le même contrat de 3 ans dont 1 an était déjà passé. Plus sympa, plus humain. Mais le résultat, c’est que : 1) je ne m’étais pas remise de mon expérience passée, 2 ) au bout de 2 ans, alors qu’il m’avait faite chialer comme une merde, mon second directeur de thèse m’a dit qu’il n’avait ni le temps, ni les compétences pour m’encadrer. Second coup derrière la nuque. J’ai voulu arrêter mais ca n’était pas si simple que cela.
Et oui, si je démissionnais, je pouvais dire adieu aux alloc’ chômage. Alors j’ai attendu tout en recherchant du boulot. J’ai attendu que mes encadrants se rendent compte que je ne suivais plus, que la démarche d’arrêter ma thèse vienne d’eux. J’espérai une sorte de licenciement amiable. Je me fourais le doigt dans l’oeil.
Quand j’ai pu enfin dire au directeur de mon labo que je voulais arrêter (c’était 4 mois avant la fin de mon contrat, j’ai tenu bon !) il m’a dit que je devais démissionner ! C’est grâce à un bon Saint Maritain de la dernière heure que j’ai pu rester jusqu’à la fin de mon contrat (toucher les alloc’ du coup et de me me retrouver sans rien). Et à la fin, je suis partie comme ça. « Bonjour, merci, au revoir ». Pas d’excuses, pas de mots de réconforts. Que dalle.

Aujourd’hui je suis une formation et suis en stage pour assurer ma transition professionnelle. Bizarrement, je suis payée plus qu’en thèse ! Et le reconnaissance du niveau d’étude par contre, faut l’oublier. Déjà qu’avec un doctorat c’est chaud, mais sans le diplôme encore plus ! Et j’ai commencé une psychothérapie pour remettre de l’ordre dans tout ça et repartir sur de nouvelles bases.
Ce que j’ai remarqué c’est quand t’es dans la moïse, les langues se délient. J’ai entendu beaucoup de choses sur le sort des thésards, et en particulier des thésardEs. Et là, ça n’est pas des histoires de quelques mots ayant été mal placé (ce qui a été mon cas) mais d’attouchements et de violences. Et vous savez quoi ? Les gars sont toujours dans les labos parce qu’ils se couvrent les uns les autres.
J’ai aussi eu une collègue qui, après 3 ans de thèses, s’est faite jeter du jour au lendemain, avec en prime, l’accord du directeur de notre ancien labo. Bien la recherche !
Si je fais ce témoignage c’est que je veux qu’on parle des thésard(e)s qui subissent les agissements malsains de directeurs-trices de thèses trop abusifs, trop envahissant, manipulateurs, dits « colériques » qu’on leur présente et leur vend comme des dieux avec « juste un fort caractère » . « T’es humilié(e), tu te sens brisé(e), amènes toi et fais péter l’autre joue, c’est pour la bonne cause et c’est pour ton bien. » Voilà aussi ce qu’on nous apprend.

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