N’oubliez jamais derrière une caisse de supermarché peut se trouver une bac +5

J’ai 27 ans, j’ai commencé mon tout premier stage à 14 ans en école primaire pendant 1 mois et demi et plein d’autre sont venir noircir la liste (centre de loisirs, Aide sociale à l’enfance, maison de retraite et structure social).
J’ai un parcours atypique (d’un BEP aux études universitaires) en parallèle je travaillais dans des entreprises, structures, bénévolat, le plus souvent pendant les vacances scolaires et les week-end. Pendant, que les autres s’amusaient en vacances l’été je travaillais à l’usine et dans un supermarché pour un total de 42- 45 heures (comme bcp d’ailleurs), je ne me plains pas je me disais que je préparais mon avenir parce que l’argent m’a servit à partir en ERASMUS, et assurer mon quotidien l’année (j’avais un petit contrat de travail à l’année je faisais du surplus pour ne pas rater les cours). J’ai donc fait un service civique de 8 mois dans une structure sociale, caissière en supermarché, employé à l’usine, femme de ménage, secrétaire dans des structures sociales et bancaires, vendeuse de friandises dans une piscine municipale et à la fin de ma maîtrise j’ai travaillé deux ans comme assistante de français dans un pays étranger en gros vous êtes prof. Et le RETOUR en France a été un cauchemar l’ESPE l’école des professeurs a refusé mon dossier parce que j’étais titulaire d’un BEP pourtant j’ai eu ma maîtrise avec mention TB, je suis habilitée à corriger les diplômes du DELF, une lettre de recommandation de mes collègues professeurs, un bilan de stage de service civique très bon et surtout j’avais deux ans d’expérience  de professorat. J’ai donc abandonné l’idée j’ai proposé mon CV pour être professeur des écoles vacataire dans le 93 on ne m’a jamais appelé (alors qu’on nous martèle qu’ils sont en manque). J’ai donc envoyé au total 95 CV dans des communes sur des postes sociaux (dont je suis spécialisée de part mon expérience et mon diplôme universitaire la sociologie), d’animation, service jeunesse rien pas un appel malgré une riche expérience et des diplômes en adéquation. On me fait comprendre que je n’ai pas suivi de formation dans une école et que mon expérience on s’en fout. Les ressources humaines d’une commune m’ont un jour répondu on s’en tape de vos diplômes. J’ai donc cédé j’en ai eu marre j’ai postulé pour un poste de secrétaire payé au smic dans une assoc j’ai eu le poste. J’ai découvert par la suite leur activité une activité à but social pile dans mon domaine dont il faut maîtriser la conduite d’entretien (ça tombe à pic en sociologie on ne fait que ça des entretiens). Un poste a donc été libre l’air de rien je me proposais pour ce poste, réponse c’est trop tôt pour toi faut des connaissances en droit (alors que la discipline est très peu requise). Au final, je vois débarquer un jeune ayant fait du droit mais n’ayant aucune expérience dans le social ou l’accompagnement du public juste un stage de deux mois dans un cabinet d’avocat et un mois de travail chez Auchan l’été. Aujourd’hui je suis tjs à mon poste 1100€ par mois à Bac + 4 avec plus de 5 ans d’expérience dans le social et l’animation, deux ans de travail pédagogique à l’étranger des lettres de recommandation. Que dois-je comprendre qu’en France il faut n’avoir rien fait pour obtenir un travail digne de ce nom ?? Qu’être félicité sur son parcours vaut un SMIC ?
Issue d’une famille où l’on connait que le SMIC (le seul héritage que j’ai eu), j’avais l’ambition de voir ma situation évoluée de rendre fière ma famille mais l’injustice vient tjs frapper, quand vous êtes issue des milieux dit défavorisés vous avez moins de chance d’avoir un travail bien rémunéré et intéressant.
Je suis de la jeunesse populaire qui se lève tôt qui pourrait gagner l’équivalent de la même chose au chômage mais non je prends mon train de banlieue tous les jours en pensant à mon père parti à 5 heures 30 du matin, à ma mère partie à 6 heures pour faire les jobs que personne ne veut et qu’ils font depuis plus de 40 ans. Alors je pars au boulot pour eux pour qu’ils puissent quand même être fière de leur fille. Ce qui fait mal c’est de voir leur déception dans leurs yeux de voir que nous on a pas eu le droit aux jobs rêvaient alors qu’on s’est battus, qu’on a travaillé dur, qu’on a pris des risques.
N’oubliez jamais derrière une caisse de supermarché peut se trouver une bac +5, les diplômes ne protègent pas de la précarité!

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