J’étais employé du Rectorat

En fait, jeune enseignant contractuel en histoire-géo, non titulaire du CAPES, en collège et lycée donc, j’étais employé du Rectorat et détaché auprès des établissements dont je ne savais rien à l’avance, en fonction des besoins de remplaçants. Me voilà lors de mon 3ème contrat, lors de mon 2ème mois de travail, dans un collège où je tombe sur des élèves difficiles dont plusieurs cas disciplinaires avérés, insolents à la limite de l’agressif, qui finissent par me faire exploser de colère en plein cours.
A la fin du contrat, la principale adjointe me signifie une « faute grave », l’évaluation de mon contrat est envoyée au Rectorat sans que je puisse en lire un mot, et le Rectorat me signifie que je suis retiré du vivier des contractuels, comme ça, sans me laisser une chance de m’expliquer ou de me défendre, m’obligeant à tenter un recours gracieux sans aucune chance de savoir si je serai à nouveau prof contractuel ou si je redeviens chômeur, si j’aurai le droit à un soutien, à une aide ou une formation due à mon inexpérience, rien.

Les profs remplaçants, contractuels et thésédaires, font partie des éléments jetables de l’Éducation Nationale. Et je suis désolé mais on vaut mieux que ça.

9 thoughts on “J’étais employé du Rectorat

  1. L’Etat se fiche royalement des ses enseignants, ce type de situations est vraiment le reflet de ce qu’on trouve en travaillant pour l’éducation nationale (et encore ce témoignage omet de mentionner les problèmes pour se faire rémunérer, faire cours, faire valoir ses droits à la formation) Le but non affiché est d’accentuer les inégalités pas seulement celle des élèves entre eux mais aussi entre les salariés. L’Etat se désengage de l’éducation nationale progressivement seuls ceux qui pourront payer les écoles privées s’en sortiront…

  2. Fraichement retraitée de l’EN , je ne peux qu’être d’accord et avec désespoir ,avec le commentaire précédent, c’est pourtant un métier qui pourrait être humainement très gratifiant , hélas l’hypocrisie des actuels « managers » ne laisse aucune chance aux jeunes enseignants.

  3. C’est partout pareil, le goût de l’étiquette ou encore des « décorations » entraîne souvent l’occultation des problèmes rencontrés dans un établissement, nous vivons dans le règne de l’égoïsme et de la superficialité qui fait miroiter aux personnes peu complexes que le fait d’avoir un niveau de vie tout à fait décent leur permet de négliger les difficultés rencontrées par certains pour pouvoir mieux se regarder le nombril…heureusement, que certaines fonctions relatives à l’éducation (au sens large) sont étiquetées d’emblée et que celles-ci n’ont quasiment aucun poids face au niveau de shopping ou à la procréation des personnes concernées… c’est toujours le plus égoïste, le plus narcissique, le plus imbu de sa personne, le plus prétentieux qui ne fait pas attention à ce qu’on lui dit qui l’emporte…ce monde ne connaît que la superficialité du shopping et du nombrilisme.

  4. Je fais partie de ceux qui travaillent dans l’éducation nationale et non fonctionnaire. Avec un salaire de misère pour venir en aide aux elèves en situation de handicap et en zone dite difficile. Comment peut-on garder son professionnalisme quand on a juste le smic, alors que les fonctionnaires voient leurs salaires augmenter, avoir des primes dans les zones prioritaires et autres primes à plusieurs reprises( Noël…). Jusque là je me motivais en pensant aux enfants que j’aide mais je commence à désespérer de ce système qui ne tient pas compte de la valeur des personnes et de leur travail. Travail bien ou mal fait, cela n’a aucune importance au regard de l’éducation nationale. Aucune reconnaissance, c’est dramatique . Bon courage !

    1. Marie, je suis enseignant, et la situation des précaires et en particulier des AESH, est scandaleuse. Je me bats quotidiennement pour que les précaires de mon établissement soient respectés par les collègues et surtout la hiérarchie. Cependant, il est faux de dire que les fonctionnaires de l’Education nationale touchent une prime de Noël. Malheureusement, tout le reste de votre message est exact. Courage !

  5. Pôle emploi te dira qu’il y a 25 jours de carence pdt lesquelles tu ne peux pas toucher de chômage, puis tu pourras t’y inscrire en ayant scanner tes 12 dernières fiches de paye qui seront transmises pour étude de ton cas

  6. Professeur retraitée, je suis révoltée de lire le traitement que vous avez subi. Ce travail de professeur remplaçant, jeté dans la fosse aux lions sans la moindre préparation, est un travail infiniment difficile pour lequel les « autorités » administratives, à quelque niveau qu’elles soient, devraient avoir le plus grand respect.

    Votre témoignage montre qu’en effet « Vous valez mieux que ça ! » Je vous souhaite du courage, si vous continuez à travailler auprès des jeunes de collèges ou lycées, lesquels ont bien besoin de professeurs qui vous ressemblent !

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