Je voudrais plutôt parler de ma mère qui, en 2008, s’est retrouvée au chômage

Pour vous parler de mon expérience, je fais des vacations en centre de loisirs à la mairie en tant qu’animatrice… et mon Master 2, mon mémoire de fin d’études, la gestion de mon studio, la santé. Je connais les fins de mois difficiles et le danger du découvert, mais je connais aussi la solitude lorsque j’essaie de m’éloigner des gens parce que je ne veux pas être entraînée dans des dépenses abusives pour les sorties.

Mais pour ce qui concerne la loi du travail, je voudrais plutôt parler de ma mère qui, en 2008, s’est retrouvée au chômage. Son employeur a justifié son renvoi en parlant de licenciement économique. Il a fallu deux ans de bataille judiciaire, pour que le tribunal reconnaisse qu’il s’agissait d’un licenciement abusif. Son entreprise n’était pas du tout victime de la crise financière et, ironie du sort, elle avait augmenté son chiffre d’affaire à ce moment là. Le problème c’est qu’à la maison, nous nous sommes endettés, on s’est privés de beaucoup de choses du jour au lendemain. Gagner le procès a été une belle revanche mais la suite était à prévoir.

Voir maman trainer à la maison regarder Hercule Poirot, Miss Marple, Rosmary et je ne sais plus trop quoi en pyjama et manger des noix toute la journée en prétextant que c’était très bon pour la santé, c’était assez insupportable ; elle incarnait tous les clichés de la dépression post-licenciement. Mais je n’avais que 15ans, c’est l’année où j’ai compris que nos parents n’étaient pas des super héros sans faille. J’ai aussi vite compris que le chômage ferait partie de notre quotidien. Elle n’a jamais retrouvé de stabilité d’emploi depuis mais elle est courageuse. J’ai envie de réussir mes études pour lui prouver qu’elle n’aura pas fait tout ça pour rien.

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