J’ai sombré dans une chose qu’on appelle dépression

« Jeune étudiante en alternance, j’ai été la cible d’une personne tyrannique; ma directrice de magasin.

Je travaillais à l’époque chez un équipementier d’article de sport au début tout se passait bien, je connaissais l’entreprise vu que j’y avais déjà fait quelques CDD avant mon contrat d’apprentissage lors des vacances scolaires. Puis la direction a changé. Et les galères ont débutés.

Mon travail n’était jamais assez bien fait ou assez vite fait; il faut dire que mes missions principales étaient de porter des cartons et de changer toutes les étiquettes des vêtements que nous vendions (soit environs plus de 4000 produits).

Lorsque j’avais la chance d’échapper à mes étiquettes, mes ventes étaient trop longues, je ne m’occupais pas d’assez de clients en même temps (j’avoue qu’à partir de 5 clients, j’avais du mal à gérer, c’était « inacceptable » selon elle). Tout cela pendant que ma directrice « s’occupait » avec de l’administratif. J’étais donc seule en magasin lors des congés/pauses de mes collègues.

Et il y a eu ses mensonges. Lors de diverses entretiens avec mon responsable de formation auxquels j’ai participé, je me suis vue entendre que je n’étais qu’une bonne à rien. Que j’étais une anarchiste de l’entreprise, rebelle.

Une personne en intérim à décidé de ne plus assurer sa mission, j’ai été accusée de lui avoir manqué de respect et de l’avoir insultée. Mes N+2 devaient avoir une belle image de moi..

Il y a eu aussi sa traque à la moindre de mes erreurs, j’ai oublié de ranger un ticket dans la panière adéquate ou encore lorsqu’un produit était mal plié. Les remontrances étaient immédiates.

J’ai eu des tâches à faire qui n’étaient pas adaptées à mon statut d’apprentie, j’ai été obligée de faire des ouvertures et fermetures de magasin, de posséder les clefs de la boutique.

Lors d’un arrêt maladie et d’un accident de travail de mes collègues vendeurs, ma directrice à refuser de déplacer ses vacances, me laissant seule « capitaine » de la boutique. Je me souviens de ses mots avant de partir « ne fais pas de conneries ou tu le regretteras ».

Il y a eu cette période de Noël 2013, j’étais obligée de travailler les dimanches car elle ne souhaitait pas se déplacer. Malheureusement pour elle, j’ai du poser un arrêt de travail suite à une entorse. Lorsque je l’ai prévenue, elle m’a répondu « Quoi, tu ne viens pas travailler dimanche ? »
Et lors de mon retour, 4 jours plus tard, cheville douloureuse et encore enflée, j’avais interdiction de m’asseoir lors de mes heures de travail.

J’ai pourtant essayer de me défendre dans tout cela en appelant la responsable du personnel. Elle a essayer de m’aider en me couvrant, seulement il y a uniquement deux boutiques de la marque en France et bien sûr, qu’une seule apprentie. Je vous laisse deviner le retour de bâton que j’ai eu l’occasion de prendre.

Les conséquences de tout cela ? J’ai sombré dans une chose qu’on appelle dépression, seulement, je n’ai jamais été chez un médecin pour en parler. Car on ne tombe pas en dépression à 20ans. Pour oublier, je suis sortie, j’ai commencé à boire. Je ne dormais plus. J’ai réussi à arrêter de boire. Je pleurais avant d’aller au boulot, je vomissais d’anxiété. Je n’étais plus moi-même, cette personne pleine de vie que j’ai eu la chance de connaître.

Et la fin de mon contrat est arrivée, j’ai tenu 15 mois avec cette personne malsaine. Je n’ai rien dit. J’ai tout encaissé. Personne était au courant. Pas même mes parents devant qui je faisais bonne figure. Aujourd’hui, je me reconstruis très lentement, 2 ans et demi plus tard. J’ose pouvoir espérer redevenir la personne que j’étais avant, cette jeune femme pleine de vie, souriante, presque insouciante.

Merci de m’avoir lu.

#JeVauxMieuxQueÇa « 

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