Là, la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur

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Quel prix puis-je donner à ma dignité et à mon investissement ?

Après avoir constaté que la dignité était le pire ennemi de l’insertion professionnelle en France, je souhaiterai la vendre. Mais je ne sais pas en estimer le prix.

Quand je travaillais comme Journaliste Reporter d’Image, j’avais en charge des prises de vue au contact des ministres du gouvernement Sarkozy. Mon employeur était membre de l’UMP et nous répondions à des commandes de communication plus que nous ne réalisions du journalisme. Après une interview de Claude Guéant en pleine polémique sur sa xénophobie, où il fallait consensuellement l’interroger sur un film qu’il venait de voir sur un héros noir, la mise en scène était trop grosse pour moi je ne suis pas revenu. Formé en journalisme, je ne suis pas publicitaire aveuglé.
Là la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur.

Quand je travaillais à la récolte de dons dans les rues parisiennes, j’ai fini par avoir assez de retours sur des malversations pour ne plus pouvoir me permettre de demander à des passants de verser de l’argent à des associations, sans garanties que cela arrive à bon port et avec au passage des cadres très payés et des salariés de base à 1600 euros net (ce que je touchais pour vous demander de donner à une association).
Là la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur. Le contrôlant, sans contrôler la fin de son contrat…

Quand je travaillais dans la librairie d’un grand musée parisien, ma dignité impliquait que le travail en équipe soit fait en équipe. Quand j’ai indiqué ne pas comprendre pourquoi je faisais de la manutention seul avec ma collègue, alors que d’autres aux mêmes postes pouvaient nous regarder assis en jouant avec leur i-phone, on m’a demandé de me taire. J’ai demandé si s’était liés au fait que l’une des personnes était pistonnée et l’autre délégué syndical, on n’a plus renouvelé mon CDD ensuite.
Là la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur. Le contrôlant, sans contrôler la fin de son contrat…

Quand je travaillais à la billetterie d’un autre musée, dans un autre groupe, je ne comprenais pas pourquoi je devais faire le travail de deux guichets à moi seul alors que ma collègue faisait la prière catholique sur sa chaise sans regarder les visiteurs, qu’elle s’absentait constamment pour répondre à son téléphone, ou qu’un autre jour elle passa la journée à décuver son vin de la nuit au sous-sol. De toute façon je ne pouvais pas rester, l’employeur ne voulait pas remplacer un départ à la retraite comme elle aurait du le faire pour les besoins du musée. Là j’aurai pu faire une scène larmoyante et chantante pour être recruté de force, comme il m’avait été expliqué par les syndicats, mais j’ai gardé ma dignité.
Là la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur. Le contrôlant, sans contrôler la fin de son contrat…

Quand je travaillais dans une célèbre enseigne de produits surgelés, outre les abus contre la clientèle qui consiste à leur raconter n’importe quoi pour faire plaisir aux managers, il fallait faire semblant de ne pas voir que la gérante ne remplissait pas correctement le cahier de surveillance des températures des bacs surgelés, ne pas voir que les températures n’étaient pas contrôlées lors des livraisons, faire semblant qu’il n’y aient pas de problèmes quand un client revient se plaindre de douleurs aux ventres et j’en passe… Sur ma situation propre, je devais faire le ménage, les commandes, la mise en rayon, les contrôles, de l’administratif, la tenue de la caisse et le tout sans forcément avoir de temps de pause ni pour aller aux toilettes, le tout avec un contrat de simple vendeur alors que mes charges étaient celles de l’assistant du gérant (ce dernier avait démissionné et le groupe avait trouvé avec ma bonne poire l’opportunité d’avoir la fonction tenue sans verser le salaire correspondant).
Quand j’ai commencé à chier du sang, je suis parti en demandant une négociation, j’ai été alors reçu en rendez-vous où l’on ma indiqué que j’étais licencié pour faute grave.
Là la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur. Le contrôlant, sans contrôler la fin de son contrat…

Quand j’ai voulu me ré-orienter pour ne pas baisser les bras, je me suis retrouvé interdit de formation par le partenaire d’un centre subventionné par Pôle-Emploi. Bien que son secteur, la sécurité, interdise de répondre à la demande de clients si celle ci est illégale, l’individu me refuse en raison de la longueur de mes cheveux (« ça ne va pas plaire à mes clients » au passage dans ses clients il y a l’AFP… J’ai un doute sur le fait que des cheveux les dérange). Je dépose plainte, je force et je rentre en formation mais n’aurai pas accès aux emplois que propose le partenaire. On nous indique que nous pourrons travailler dès la fin de notre formation, je postule, je trouve un emploi sur un site intéressant, je termine mes diplômes et à ce moment là on nous change les informations : nous ne pourrons pas travailler avant un mois et demi après la fin de formation, le temps d’obtenir les tampons officiels (donc un mois et demis sans aucun revenu ni indemnités, le rsa mettant du temps à s’activer). Du coup je perd l’emploi trouvé ne pouvant fournir les documents nécessaires. On nous explique que l’embauche immédiate vaut en fait seulement pour les individus retenus par le partenaire du centre de formation (celui qui n’aimait pas mes cheveux et qui semble ne pas avoir besoin des documents réglementaires pour embaucher…).
Sur les quatre personnes qu’il a pré-sélectionné du haut de sa grande expertise RH :

– Une personne qui gagne 1500 euros d’indemnité chômage après avoir été assistante maternelle a Neuilly Sur Seine. Du coup elle nous l’a indiqué : elle n’ira pas travailler dans la sécurité s’était pour préserver ses indemnités.
– Une personne gagnant moins, avait la même logique de passer la formation juste pour prolonger son ARE.
– Une autre personne pré-sélectionnée n’a pas réussi ses examens et n’a donc pas les diplômes pour travailler dans le secteur.
– La dernière s’occupe de distribuer le shit aux gosses de 12 ans dans les cages d’escalier, il gagne 300 euros par jour et n’a pas besoin de travailler en aout, c’est juste pour couvrir par la suite ses entrées d’argent. Il est donc parti en vacances comme les autres pre-selectionnés et l’employeur qui m’a refusé pour mes cheveux, n’aura aucune prise de poste en aout alors que je reste au chômage, disponible et major de promotion.

Du coup je me dis que ma dignité, mais aussi ma vigilance, mon investissement au travail et mon honnêteté, n’ont pas une grande valeur sur le marché du travail français. Je souhaiterai donc m’en défaire, à combien puis-je vendre ces antiquités ? 🙂

Par un chômeur, qui pille les impôts, fainéants, lâches… certainement pas une victime de sa rigueur dans une société de l’abus et de l’escroquerie où des voyous s’occupent des recrutements et de la gestion (sur la gestion je vous ai épargné les structures qui indiquent ne pas avoir d’argent pour les embauches ou les investissements techniques alors que des tableaux restaurés sont replacés dans des salles avec infiltration d’eau, pas plus que je ne vous ai parlé des managers qui se servent dans le matériel du magasin pour fêter leur départ, etc…).

 

photo – cc by pexels

3 thoughts on “Là, la société plutôt que de comprendre et corriger, a continué à diffuser sa culture culpabilisant le chômeur

  1. Bonjour Buffy,

    Désolé, mais la dignité et l’investissement ne valent plus rien depuis bien longtemps.
    Faites comme bon nombre d’entre nous, abandonnez les sur le trottoir ou sur le bord de la route …

    Bon courage malgré tout

  2. Le fond, je le lis avec intérêt, mais pourquoi tant de tournures de phrases peu « académiques », tant de fautes de français, de grammaire ? J’avais cru comprendre que les témoignages étaient rédigés par des professionnels de l’écriture.

    Comme je l’écrivais plus haut, les thèmes de ces écrits me semblent pourtant fort intéressants… Et j’adore la conclusion : je souhaiterais me défaire de ces antiquités que sont ma dignité, ma vigilance, mon investissement au travail et mon honnêteté…

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