8297372700_766f7d274a_z

Je suis progressivement devenue inapte à supporter les ordres ineptes.

Je ne travaille plus depuis 2004, je crois…
Je suis progressivement devenue inapte à supporter les ordres ineptes
pourtant pas rebelle à ceux qui ont un sens, une réalité concrète !

J’ai commencé ma vie professionnelle par plein de petits boulots, déclarés ou pas !
Puis, m’étant formée aux métier de la fabrication de la presse et du livre,
j’ai travaillé dans une SCOP dans laquelle j’étais la plus mal payée,
en dessous de la femme de ménage aussi !
Puis, j’ai enchainé des emplois intérimaires dans des conditions parfois très discutables !
Puis, dans un studio de création et photogravure : au bout d’une semaine, c’était la fin du mois, j’ai touché un premier chèque, mais un mois plus tard, première paye d’un mois entier, chèque en bois, puis traite en bois !…
Lorsqu’on dépose ce type de créance et qu’ils ne sont pas payés, la banque vous compte des frais !
c’est le bonheur !…
Nous étions tous logés à la même enseigne, tous les salariés avaient eu la même chose !
Du coup, nous venions au travail, mais faisions rien « nous étions à disposition dès que nous serions payés »;
le patron pour que nous reprenions le travail s’est mis à nous payer « au cul du camion » c’est à dire, chaque soir,
sinon, pas question qu’on travaille le jour suivant ! travailler au noir dans une boite dans laquelle j’étais salariée, j’avais jamais eu l’idée que ça pouvait arriver !
Ça a duré des semaines, on avait toujours pas nos payes de juin,
alors on a durci le ton, ne voulant pas que cette situation se pérennise !…
Certains employés étaient dans le caca avec leurs crédits ou leur loyer…
Nous avons cherché à ce que le patron dépose le bilan
pour être libre de tout engagement, avoir nos papiers pour s’inscrire à l’ANPE,
mais lui, toujours dans des magouilles avec la société de son épouse,
savait nous calmer ou du moins tempérer nos ardeurs à accélérer les choses…
Puis, un jour, fin aout ou début septembre, lorsque nous sommes venus
il n’y avait plus de cloisons dans le local, ni prises électriques :
la société qui avait fait ces travaux n’ayant pas été intégralement payé
était revenu prendre possession du matériel !
Donc, impossible de travailler… et le patron ne déposait toujours pas le bilan :
on était donc « pas libre de tout engagement » et ne pouvions prendre un autre emploi
ni nous inscrire comme demandeur d’emploi !
Cette situation s’est prolongée jusqu’en novembre, comme nous avions déposé un dossier au Prud’hommes
mais qui était conditionné par la date du dépôt de bilan; En décembre, nous avons enfin pu toucher ce qu’on nous devait, accompagné des congés payés et des papier nous permettant de retrouver un emploi ou de s’inscrire au chômage ! mais depuis juillet, il avait bien fallu tenir le coup !…

J’ai repris l’Intérim et là :
J’étais dans une boite enchainant les missions de 2-3 jours par semaine
puis, ayant appris au bout de plusieurs mois que j’avais les mêmes droits que les autres employés
j’ai demandé à bénéficier des réductions sur le cinéma et autres avantages liés au comité d’entreprise
C’est là que dans les jours qui ont suivi, on m’a dit que je n’étais pas à la hauteur du poste que j’occupais,
que je ne prenais pas l’heure entière pour manger, je ne sais quoi encore alors que le poste proposé me faisait faire parfois 12h de travail par jours soit jusqu’à 36h en trois jours et bien sur,
en heure normale vu que je faisais moins de 40h par semaine !…
Bref, Fin de mission avec réprimandes tant de la boite que de la société d’Intérim !…

J’ai quand même repris l’intérim, et enchainé quelques boulots, re prud’hommes,
puis une nouvelle formation.
Un nouvel emploi dans ce même lieu
mais au rez de chaussée chez un autre patron, qui, lui aussi a fini par déposé le bilan ! Je commençais à me dire que cet immeuble était « scoumouné » !
Après, j’ai retrouvé très vite un poste dans une boite d’architecte dans laquelle j’étais la seule graphiste,
J’avais tout à faire, avec du matériel informatique qui ne correspondait pas au travail qu’on exigeait de moi.
Lorsqu’ils m’avaient embauché, ils savaient parfaitement que je ne savais pas, ou à vitesse très réduite,
faire de la frappe. Pourtant, j’en ai eu plein à faire dans lesquelles il y avait plein de fautes qui n’ont été relues qu’après la mise en pages et dans un ordre très dispersé !
4-6 semaines après mon entrée dans cette boite, j’avais travaillé entre 8 et 10h par jours (payé 39h)
et on m’a « collé une stagiaire » a qui je devais tout expliquer 3 fois au moins,
et on me reprochait de mal faire mon job tout en me demandant
de venir travailler une nuit pour accélérer un autre dossier !…
8 semaines plus tard, j’étais épuisée, et à ma pose déjeuner, j’étais chez le médecin :
j’avais une tension qui avait totalement chuté et avais perdu 4-5kg :
j’ai eu plusieurs arrêts maladie successifs, durant au moins 2 mois, puis, un mi-temps thérapeutique de 2 mois.
Lorsque le patron a reçu le second arrêt d’un mois, il m’a convoqué alors qu’il n’en avait pas le droit !
exerçant une pression dont je n’avais vraiment pas besoin !
Lorsque je suis revenue, en mi-temps thérapeutique, ils ont tout fait pour me faire craquer :
j’ai du travaillé de 6h30 à 10h30, en fait ça ne m’a pas trop gêné car j’habitais pas loin !
Après ma journée était libre et je retournais me coucher le plus souvent, ou faisais une sieste
Ils ont eu le culot de me dire que pour rattraper le travail que je n’avais pas fait,
ils avaient du embaucher 2 personnes en temps plein ! que j’en étais responsable !
Il y avait un accroissement constant de la masse de travail et refusaient de le voir !
Mon contrat en CDD devait prendre fin début aout, et sur les conseils de mon médecin,
j’ai programmé une cure thermale avant la fin. je suis donc partie vers le 20-25 juillet,
n’ayant qu’une crainte, c’est qu’ils renouvellent mon contrat.
Ils ont été jusqu’à m’appeler sur mon lieu de cure pour savoir où j’avais mis
un dessin fait chez moi et refusé pour une couverture de livre, me demandant,
vu que je l’avais fait chez moi, avec mon matériel et mon papier,
si j’avais laissé un double des clés à Paris pour qu’ils le récupèrent !… Ils manquaient pas d’air !
Ils m’ont même menacé mais j’ai tenu tête et j’ai dit qu’il n’y avait pas de double de clé à Paris
ou chez des personnes parties en vacances !…
Ouf, il n’ont pas renouvelé mon contrat et il m’a fallu du temps pour récupérer ma santé…
Plus tard, j’ai eu un contrat, un nouveau CDD, dans une petite boite
mais dans laquelle le patron était caractériel !
J’ai signé un contrat hyper détaillé dans lequel il y avait même des clauses abusives, (je l’ai su après)
Au bout de 3-4 semaines, le patron m’a eu dans le nez !
2 à 3 fois par semaine, il me convoquait dans son bureau dès son arrivée
pour me faire moult remontrances… J’en ai pleuré mais ne voulais pas craquer ! C’était du harcèlement moral
J’ai eu un arrêt de travail de 3 jours et à mon retour, il m’a bien fait comprendre qu’il n’y croyait pas !
Il a continué son manège en me convoquant dans son bureau très régulièrement, le harcèlement a repris
espérant que je donne ma démission !
J’ai senti qu’un de mes collègue lui aussi se retournait contre moi,
mais je ne voulais pas y prêter attention. Il m’avait donné un dossier totalement incomplet
pour que je mette le plus de temps possible à le réaliser durant l’absence du patron.
Me faisant refaire toute la frappe alors qu’elle existait sur un CD,
la mise en page qu’on m’avait imposé était « à chier » : c’était un gros fascicule sur de la formation professionnelle privée donc payante, destinée en majorité à des ados.
Ce fascicule était payé par les pubs que cette même boite vendait, c’était même la spécialité de cette entreprise !
ils facturaient la pub, et les boite de formations privées !… Du génie !
à la fin de mon contrat, avant même de me donner l’ensemble des prestations auxquelles j’avais droit, comme les congés payés et la prime de précarité d’emploi,
on me faisait signé les papiers comme quoi « nous étions quitte »
J’ai eu après les papiers pour me réinscrire à l’ANPE, mes feuilles de salaires…
C’est des années plus tard que j’ai vu que mes congés payés n’avait pas été versés
et jamais l’ANPE ne m’en a parlé alors qu’une fois de plus, j’étais à bout de force.

Le harcèlement existe depuis la nuit des temps, très souvent ce sont les femmes
qui sont en première ligne pour en faire les frais, mais pas que…
Je suis aujourd’hui en invalidité et ne travaille plus que pour des asso en bénévolat
et même dans une certaine asso, je me suis engueulée avec eux tellement ils tirait sur la corde sans être payée, j’ai même reçu des copies de mails regroupé comportant des observations sur mon travail
dans lesquels était clairement dit que j’étais nulle !
Bien sur, les copies de ces mails n’étaient pas signés.
Au bout de 3 mois de travail sur un logo décidé par au moins 10 personnes, personne n’était d’accord,
sauf sur la typo que j’avais fortement déconseillé, qui devait être en blanc sur fond de couleur
mais aucun accord sur le fond fut pris, il m’ont demandé de céder mon travail et qu’ils le ferait eux même…
Là, j’ai pété les plombs, et reçu 200€ de défraiements pour mes impressions couleurs sur papier photo,
et ma vingtaine de déplacements Il m’a même été reproché de ne pouvoir venir certaines fois !

Je crains bien que la loi El Khomri
fragilise encore un peu plus les salariés les moins avantagés, les femmes en premier,
qui, dans notre pays, à formation égale et à poste égal,
touchent encore en moyenne 20% de moins que les hommes !

 

 

Illustration : CC-By Nick Amoscato

Laisser un commentaire