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On ne vit pas avec les aides sociales, on survit.

Bonsoir,
Je viens rajouter ma pierre à l’édifice. Petite précision : j’habite à Paris et je loue un studio de 18m2 pour 610€cc.

En 2014-2015, j’étais étudiante et je suis au chômage non indemnisé, depuis juin 2015. En août, j’ai fait une demande de RSA , elle a été traitée en décembre. Entre temps, j’ai travaillée en CDD et à mi-temps, mon salaire s’élevait à 600€. Début mars 2016, je devais être embauché en CDI mais, j’ai eu un accident du travail et jusqu’au 27 février, j’étais en arrêt maladie. Mon salaire a été divisé par deux (300€). Mon contrat n’a pas été renouvelé. Je n’avais pas travaillée suffisamment longtemps pour bénéficier du chômage. Pendant un mois et demi, je n’ai pas trouvé de travail et je n’avais pas de revenu à part mon RSA et mes APL. J’ai réussi à travailler les deux dernières semaines d’avril à temps partiel soit 300€ (CDD de trois semaines). J’ai rempli la déclaration de revenu trimestrielle. Ma demande n’a pas été traité immédiatement et début juin, je n’avais pas perçu de versement de la part de la CAF. Je suis allée sur mon compte et surprise, la CAF a recalculé mes versements et je n’ai plus le droit au RSA ou au socle de solidarité à partir du mois de juin. Pour l’administration français, la somme de 600€ en trois mois est trop importante pour bénéficier des aides de l’Etat. J’ai peur, parce que mon avenir est de plus en plus incertain et je ne sais pas comment je vais pouvoir survivre, parce que j’en suis réduit à cela, on ne vit pas avec les aides sociales, on survit. Mais surtout, je suis en colère parce que, pendant longtemps, j’ai été une fervente défenseure de la justice sociale, l’égalité des chances et la méritocratie française.

Je ne comprends pas que l’Etat Français puisse faire des concessions exorbitantes pour les grandes entreprises et que la fraude fiscale coûte entre 60 et 80 milliards d’euros à la France chaque année. Quand à elle, la fraude sociale coûte 700 millions et 14% des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les politiciens adorent stigmatiser cette population déjà précaire et, je ne me fais pas trop d’illusion, ils préfèrent favoriser des privilégiés et nous abandonner à notre triste sort. En fin de compte, « Liberté, Égalité, Fraternité » c’était seulement un mythe urbain.
On vaut mieux que ça

 

 

Illustration : CC-By J. Ott

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