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Et le festival des traitements médicamenteux à commencé

Issue de la filière générale, j’ai embrayé sur une fac de Sciences Sociales parce que les conseillers
d’orientation et les professeurs, comme mes parents trouvaient que la voie professionnelle était pour
les mauvais élèves.
Licence en poche, je me suis retrouvée à chercher du travail et, le seul où j’ai été recrutée c’était
pour une agence de garde d’enfants. Je travaillais donc entre 8 et 18h par semaine en fonction des
besoins des parents pour le SMIC horaires. Des consignes ubuesques griffonnées sur un carnet pour
la grosse journée du mercredi, des comptes rendus à faire à la maison mère tous les mois pour
toucher environ 400€. Mais c’était mieux que rien et, sortie de l’université, je n’avais droit à rien.
J’ai tenté de reprendre des études pour mettre fin à cette situation et j’ai contracté un prêt étudiant
mais c’était une nouvelle école, promettant un diplôme reconnue et qui ne l’était, au final pas. J’ai
arrêté en cours de route, et j’ai accepté de travailler pour une « entreprise » de soutien scolaire. J’ai
démissionné suite à du harcèlement moral de la part de parents et de l’« entreprise » et j’ai du
menacer le siège social d’aller au prud’hommes pour récupérer fiches de paie et solde de tout
compte. C’est là que j’ai appris que les parents étaient nos employeurs et que l’entreprise nous faisait
signer un contrat de mise en relation et non un contrat d’embauche. Pour la faire courte, les parents
payaient grassement l’entreprise qui nous reversait une petite part.

Derrière j’ai eu un stage qui n’a débouché sur rien malgré de belles promesses.

Et finalement, usée par tout ça, je suis retournée chez mes parents, quémander un peu de RSA alors
que je commençais une profonde dépression. Quatre ans après l’obtention de ma Licence, j’en étais
là.
Cependant, je ne lâchais pas le morceau. J’envoyais cv et lettres de motivation partout, suivant les
conseils de certains amis restés dans la région et qui étaient capables de me dire quelles entreprises
recrutaient régulièrement. J’aurai du me méfier mais, candide et voulant retrouver mon
indépendance, je suis allée au centre d’appels et j’ai été recrutée pour la formation de six semaines.
C’est à la fin du premier mois que je me suis aperçue d’un soucis : sur un groupe de huit, cinq
avaient un contrat avec l’entreprise, une était partie, et deux (dont moi) étions là sous financement
Pôle Emploi. Nous étions payés autour de 450€ pour 35h de travail à répondre aux clients et à
placer les produits (ne nous leurrons pas, la formation a duré une semaine, ensuite nous avons été
envoyés sur nos postes) alors que nos cinq autres camarades touchaient un vrai salaire. Plus tard j’ai
appris que c’est une manière de se faire financer la formation par Pôle Emploi : utiliser quelques
éléments de chez eux qui n’ont pas vocation à rester et qu’ils sauront faire partir pendant la période
d’essai d’un mois qui suivrait notre mois et demi de formation avec déjà un mois sur les postes. Le
lendemain du jour où j’ai signé mon contrat, mon sup (le chef qu’équipe) est venu me coincer dans
un bureau pour me dire que je n’étais qu’une moins que rien et que si quelqu’un devait perdre son
poste bientôt, nul doute qu’il savait qui c’était qui c’était. Je ne suis jamais retournée au travail. J’ai été mise en arrêt par mon médecin, un habitué, comme tous ici, de la boîte. Et le festival des
traitements médicamenteux à commencé : anxiolytiques, antidépresseurs, … J’ai déposé ma
démission sans condition. Un an plus tard, du groupe de huit, une seule personne travaille encore là-
bas, les autres se sont faites déclarer inaptes après du harcèlement des sups ou des chefs de
plateaux.
A partir de là, ma grande aventure avec Pôle Emploi a réellement commencé. Jusque là, j’avais
assez bien réussi à me débrouiller sans eux, mais en juin, j’ai décidé de me former dans ce qui me
plaisait réellement : l’agriculture. J’en ai parlé à mon conseiller, il était ok et m’a inscrite à plein
d’ateliers par forcément en rapport, mais soit.
J’ai assisté à l’atelier sur la formation et un deuxième conseiller à validé mon projet et m’a dit que
j’allais rencontrer la psychologue du travail parce que c’était obligatoire.
J’ai donc rencontré cette personne peu après et là, douche froide. Elle avait d’autres projets pour
moi. Elle a donc décidé de m’envoyer vers le tourisme malgré mes protestations et m’a inscrite, sans
me le dire, et à plusieurs reprises à des formations sur six mois, à plus de 300 km de chez moi, dont
je n’apprenais l’existence que peu avant. Par deux fois j’ai réussi à faire annuler les formations in-
extremis et elle s’est justifiée auprès de sa hiérarchie en évoquant un malentendu avec l’AFPA (mais
même eux avaient l’air de ne pas y croire). Pour éviter toute résistance de ma part, elle avait trouvé
une parade qui consistait à mettre ses jours de congés sur les jours où les formateurs nous
prévenaient de notre admission. Je recevais aussi des appels de sa part me demandant si j’avais pris
rendez-vous avec un psy pour me faire soigner, ou me demandant de faire des efforts pour être plus
sympathique. J’ai fini, grâce aux conseils de recours radiation, par écrire une lettre à la direction de
Pôle Emploi pour me plaindre mais la médiation se faisait en sa présence et avec une de ses
collègues. J’ai défendu mon projet, à nouveau, et elle a finit par trouver encore de nouvelles
demandes pour accepter : rendez-vous avec le responsable de la formation, boutique de gestion
alors que pas de création pour l’instant, rendez-vous bimensuel pour faire le point.
En janvier, deux jours après l’entretien Pôle Emploi avec elle et ses collègues, j’ai eu un entretien
pour un remplacement de congé maternité et j’ai obtenu le poste. De fin février à début juin, j’ai
donc remplacé, à raison de trois heures par jour, une secrétaire. Un petit travail d’appoint mais un
travail quand même. Sauf qu’avec ce travail à temps partiel, j’ai perdu mes droits au RSA car, pour
la CAF, avec mon salaire équivalent à la moitié d’un SMIC à temps plein, je gagnais grassement ma
vie. Lors de l’actualisation trimestrielle, début juin, j’étais encore en poste et on m’avait laissé
entendre qu’il y aurai une petite prolongation. Au final, je n’ai pas eu de prolongation et je me suis
retrouvée le bec dans l’eau. Pas de RSA, pas de salaire complet, et mon patron qui c’est trompé en
remplissant l’attestation employeur. Résultat : refus de Pôle Emploi d’étudier mes droits alors qu’au
vue des dates d’embauche et de sortie, il était visible que je n’avais pas droit au chômage car il me manquait douze jours. Mon ex-employeur étant en congé pour l’été, il ne peut me refaire mon
attestation avant son retour. Je suis allée à la CAF pour leur expliquer, papiers à l’appuie mais sans
le refus de Pôle Emploi de me verser du chômage, ils ne peuvent rien faire à part me dire de faire un
recours gracieux devant le Conseil Général qui sera étudié dans des délais de deux semaines à un
mois. En attendant, je dois vivre avec ce qui reste de mon dernier salaire d’un mois incomplet
jusqu’à ce que ça se décante.
Le seul point positif, c’est que j’ai réussi à rencontrer le directeur de la formation que je veux faire et
qu’il a écrit à Pôle Emploi pour m’appuyer. Je devrai donc (sous réserve qu’on ne m’oublie pas)
bientôt être convoquée pour une nouvelle réunion et un nouvel entretien avec lui sous l’égide de
Pôle Emploi pour rentrer en formation en septembre.
En attendant septembre, je me bats avec ceux qui nous poussent à accepter des petits contrats sous
prétexte qu’il faut travailler, mais qui sont incapables de voir dans quelles situations ce genre
d’emploi à temps partiels nous plombent après leur fin.
Effectivement, plus ça va et plus je me dis qu’on vaut mieux que ça.

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