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« Le temps, c’est de l’argent »

J’ai effectué mon parcours pour devenir ingénieur développeur web en alternance. En BTS, j’ai atterri dans une société qui sous-traite des projets en électronique et informatique industrielle avec un patron solo et 0 employé. Je suis parti au bout de 1 an car il n’arrêtait pas de mettre la pression, de me sermonner sur ces convictions du MEDEF et de me rabaisser… J’avais à peine 18 ans et déjà je pleurais avant même d’arriver au boulot.

2ème année de BTS, je tombe sur une autre TPE qui cette fois-ci est une micro agence web avec 2 associés + moi en alternance. Les débuts se sont bien passés avec l’un d’entre eux. Puis cet associé décide de partir car la société ne marche pas très bien. Suite à ça, l’autre associé reprend en panique les dossiers et n’ayant aucune compétence techniquement, me harcèle de questions par mail. Après la fin de mon contrat, celui-ci a menacé de porter plainte contre moi car je n’avais pas fini mon boulot et répondu à toutes mes questions.

J’ai ensuite passé les 3 années suivantes dans une PME de 6 personnes qui développait des logiciels à destination du secteur marketing. Tout se passe également bien au début puis la situation se tend à cause de problème économique. Le patron étant de nature bipolaire avait tendance à projeter sa colère gratuitement sur ses employés avec des prétextes aussi futiles soient ils. On ne savait plus sur quel pied danser… Il nous prenait, en effet, pour ses enfants et nous réprimandait comme tel. Le suivi des clients étaient déplorable de sa part. En gros, il demeurait pour nous un faux patron qui ne faisant, en somme, que de la gestion de patrimoine. Il n’aimait pas trop les grossesses car lorsqu’une de mes collègues a annoncé son heureux évènement, il a changé d’attitude envers elle. Une autre de mes collègues était malade et celui-ci a balancé dans son dos « J’espère qu’elle est pas aussi enceinte celle là et vous (en visant une autre fille) vous ne comptez pas avoir de gosse au moins ? ». C’était en 2014…

Après mon diplôme, obtenu en 2014, j’ai été de SSII en SSII parisiennes avec comme seul leitmotiv « le temps c’est de l’argent ». Autrement dit, la qualité n’était pas au rendez-vous avec des acharnements à ne pas livrer en retard sur des deadlines très courtes afin d’éviter toutes pénalités. Sinon gare au placard, situé à 75km du lieu de travail initial dans le but de rompre le contrat.

Aujourd’hui, j’exprime un profond dégout à travailler dans de tels société mais parce qu’il faut bien que je mange, je m’y plie… Je songe à ouvrir à mon compte ma propre société mais ayant trop de risque financier vis à vis de mon crédit immobilier, je reste bloqué à attendre d’accumuler l’argent que je souhaiterais plutôt investir dans ma future famille.

 

 

Illustration : CC-By Pabak Sarkar

One thought on “« Le temps, c’est de l’argent »

  1. Si tu es sur Paris, ce ne sont pas les SSII et les projets qui manquent.
    Bien que tu ne sois « que » un Bac+2 (BTS), tu devrais pouvoir toujours trouver chez des concurrents.

    Ta SSII te considère comme de la viande ? Utilise-la comme une vache à lait… Passe des formations (sans clause de dédit-formation), utilise le CE au maximum, crée-toi un réseau et casse-toi dès que l’ambiance devient délétère (avec une promesse d’embauche, bien entendue).
    Pour les deadlines intenables, fais toujours un e-mail disant « ce n’est pas un délai tenable », sans plus s’étendre. Idem lorsqu’on te demande de faire un effort, demande toujours une confirmation écrite histoire que tu puisses te couvrir. Lorsque l’on se retournera contre toi car tu n’auras pas su finir le projet dans les temps, tu pourras le ressortir, cet e-mail, en leur disant qu’ils étaient prévenus…

    De nombreux chefs de projet, managers et autres comptent sur la pression, les impératifs financiers et la « crédulité » (i.e. la volonté de bien faire) des jeunes diplômés pour tout faire passer et imposer des temps de travail monstrueux sans aucun retour de leur part hormis un « t’as fait ton boulot, tu t’attends à quoi ? ».
    Sans conseiller d’aller directement à la confrontation en tout temps, simplement remonter « En l’état actuel, ce n’est pas tenable » (et assimilé) lorsque c’est vraiment le cas est déjà un premier pas qui, en soit, ne fait pas risquer grand chose.

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