Ma fille est en burn out, à un cheveu de la dépression.

Elle vaut mieux que ça !
Elle, c’est ma fille, Léa.
Elle a brillamment réussi sa formation de Réceptionniste dans un organisme de formation d’Orléans, avec 2 stages d’entreprise en hôtel 5 étoiles à Paris.
Elle a réussi à décrocher un CDI dans un Groupe à Angers en Juillet 2015.
Elle pensait avoir de la chance, par rapport à ces milliers de jeunes qui « restent sur le carreau » du chômage après des études parfois longues .
Malgré un salaire très proche du SMIC, elle faisait des projets.
Elle est actuellement en « burn-out », à un cheveu de la dépression.
Pourquoi ? :
Des horaires insensés, qui dépassent largement les maximums légaux…. avec l’interdiction de notifier ses heures supplémentaires réelles.
Le travail tous les week- ends et les jours fériés systématiquement.
Le non-respect du minimum de repos entre les postes 15h/23h et 7h/15h.
Une absence complète de vie sociale et personnelle dans ces conditions.
Un stress continuel provoqué par les conditions de travail :
-Des clients perpétuellement mécontents des pannes qui surviennent dans leur appartement : une fois c’est la télé en panne, une fois c’est la douche qui fuit, parfois c’est même la clé magnétique qui n’ouvre pas la porte… Et certains d’entre eux sont verbalement violents, avec des insultes indignes …. qu’ils n’oseraient sûrement pas proférer devant un homme.
-des difficultés à cause de l’activité de prostituées qui y louent un appartement et les va-et-vient que cela suppose.
-une absence de service de sécurité et de réceptionniste (homme) de nuit
une absence totale d’aide, d’appui, de soutien, de la part de la Direction : au contraire, on minimise systématiquement ou on se moque des interrogations légitimes sur ces pratiques !
Ajoutez à cela :
Que depuis 10 mois, et malgré plusieurs relances, ma fille n’a toujours pas reçu sa carte Mutuelle-santé, ce qui lui interdit une prise en charge automatique chez le médecin ou en pharmacie…. et pourtant, bien sûr un prélèvement est effectué chaque mois sur sa paye… Et pourtant ceci constitue un délit pénal ! Mais à qui faut il s’adresser ? Est-ce que nos Aliens d’homme politique ont seulement une réponse à cette question ?
Que son employeur n’a toujours pas transmis à la CPAM le relevé de ses salaires, ce qui fait qu’aucun versement ne sera effectué par la Sécurité Sociale ce mois de Mai. Contactée, sa Direction, comme d’habitude a « transmis au Siège »…. Point barre !
-L’Inspection du Travail a été informée de certains de ces faits.
-Aujourd’hui la santé et la situation financière (heureusement quand même, nous ses parents, nous sommes là !) de ma fille sont dans un état préoccupant.

Au lieu de constamment revenir devant les caméras de télévision et les agences de recrutement sur le manque de personnel dans ce qu’on appelle « les métiers en tension » (et l’hôtellerie en fait partie) les employeurs feraient mieux de revoir leur mode de management du personnel, et en particulier des jeunes.

Oui, ma fille « vaut mieux que ça » ! Elle mérite qu’on le dise…. et qu’on dénonce ces pratiques inadmissibles.

 

 

Illustration : CC-By Bryn Pinzgauer

5 thoughts on “Ma fille est en burn out, à un cheveu de la dépression.

  1. Merci de ce témoignage.

    Le nom du groupe mériterait presque d’être diffusé.
    Bon courage à vous et à Léa, c’est très dur sur le coup, mais ça ne dure pas.

  2. Courage à votre fille, je crois que dans ce cas là elle n’a qu’une chose à faire, démissionner.. quand ils en auront marre du turn over et devoir recruter à tour de bras, peut être reverront il leur « méthode de management » si on peut appeler ça comme ça. Ce sont des escrocs .. même si bcp d’ hôteliers paient mal leurs salariés et que la convention collective n’aide pas, elle trouvera mieux. Cet hôtel à l’air vraiment le fond du panier..
    Le jour où les politiques s’intéresseront aux conditions de travail des salariés… ce domaine à 20ans de retard en droit du travail il suffit de lire la convention collective pour s’en rendre compte.
    Courage, on vaut mieux que ça !!!

  3. Pour ce qui est de la CPAM il faudrait aller les voir et leur demander d’obliger le supérieur de votre fille a envoyé les fameux papiers ou sinon faire appel à un avocat ou une assurance juridique – si je ne me trompe pas- qui lui sortiront les lois pour forcer le patron à envoyer les feuilles. Une de mes collègues ne pouvaient toucher l’argent de son arrêt maladie car ma patronne ne voulait pas envoyer l’attestation alors une conseillère de la CPAM à appelé ma patronne pour l’y forcer et si elle ne le fait pas elle va l’aider à monter un dossier. Après essayer aussi d’aller voir la CGT pour vous syndicaliser et monter un dossier contre ses supérieurs.
    Je vous proposerai pas de la faire démissionner parce que ce serait anormal qu’elle perde des aides alors qu’elle vit un enfer mais d’aller voir le médecin et de se mettre en dépression et de multiplier les arrêts maladie -qui peuvent monter jusqu’a 3 ans si dépression- ainsi elle pourra monter un dossier contre ses supérieurs et les obliger à faire une rupture à l’amiable
    En tout cas je vous souhaite pleins de courage à vous et votre fille.

  4. J’ai vécu un peu la même chose dans un Campanile (oups, pardon, fallait pas le dire…). J’ai tenu 2 mois, et fait un joli courrier à l’inspection du travail. Turn-over impressionnant avant mon arrivée, et ça continue ! mais ils ne se posent pas la question.
    Je survis de missions intérim en CDD, dans l’industrie, mais il ne se passe pas un mois sans qu’on me propose un poste de réceptionniste (en CDI)…. et bien plus jamais ! Je vaux mieux que ça !

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