L’état ne respecterait-il déjà pas la loi qu’il compte mettre en place?

Bonjour,
Suite à l’évolution du mouvement #Onvautmieuxqueça et la loi du travail de Mme Khomri, je souhaite soulever une injustice que j’ai subi lors d’un travail saisonnier.
Étant au chômage, je ne peux pas vraiment refuser de travail. Celui-ci consistait à mettre des prospectus dans des enveloppes pour les élections régionales 2015. Ma candidature fut ainsi acceptée par la préfecture.

Deux différentes missions étaient prévues : une du 19 au 21 novembre et une le 9 décembre pour le second tour.

Les horaires de la première mission étaient les suivants : de 7h30 à 12h, puis de 13h30 à 18h30 et enfin de 20h à 23h, ce qui résultaient à des journées de 12h30. Cette durée me semblait un peu longue, mais là encore, je ne pouvais pas vraiment me plaindre. Nous étions payés à l’enveloppe ce qui peut paraître la meilleure méthode pour « motiver les troupes » mais qui provoquait surtout une ambiance odieuse au sein des équipes : ceux qui travaillaient le plus vite critiquaient ouvertement ceux qui travaillaient plus lentement. Après 20h, j’étais en mode zombie : faire des tas de prospectus peut avoir cet effet. Surtout après 9h de boulot. Et se faire engueuler par le chef d’équipe, les organisateurs parce que nous ne suivions pas la cadence n’arrangeait rien.

Le second jour, on nous a annoncé qu’il était illégal de travailler autant en un jour (vraiment ? et vous ne vous êtes rendus compte que maintenant ?? –> je suppose que l’organisation de ces élections ne sont pas nouvelles et je suis ébahie par ce manque d’organisation). Bref ! On a donc travaillé le matin et l’après-midi jusqu’à 20h.

Durant cette première mission, les temps de pause furent respectés.

La deuxième mission se déroulait sur un après-midi à partir de 13h. A noter qu’au matin, j’étais en stage. En arrivant sur place, l’organisateur nous a informé des horaires : la mission se terminera vers 23h, minuit max ! Nous aurions une pause d’une heure et demie entre 18h15 et 19h45. Le deuxième tour n’a que 3 candidats (contre 9 au premier tour) donc d’après leur logique le travail se ferait 3 fois
plus vite…

L’après-midi passa. Il me semblait impossible d’avoir fini le travail à 23h. Il faut savoir que la communication dans ce genre de mission est nulle : les chefs d’équipe sont censés faire la liaison entre nous et les organisateurs mais elle ne sait pas faite. Résultat : les heures passent sans que nous sachions à quelle heure nous aurions fini. A 23h, on nous annonce une pause de 5 minutes, à 1h du matin, une de 10 minutes et à 3h du matin, une de 5 minutes…

Après, 16h30 de travail (en sachant que j’avais été en stage dans la matinée : donc +4h de stage), toutes les enveloppes sont fermées à 7h du matin et nous sommes libérés. « Libérés » est le terme : ce travail, organisé par la préfecture (donc par une institution gouvernementale), avec ces conditions de travail odieuses, ce non-respect des durées de travail et des pauses et surtout, le fait que personne, personne ne nous avait prévenu que ça durerait aussi longtemps : c’est juste intolérable !!

Là encore, ces élections ne se déroulent pas pour la première fois, si ??
Il faut savoir que plusieurs personnes sont allées travailler en sortant de là ! Pour ma part j‘ai averti mon lieu de stage pour leur prévenir de mon absence.

Que retenir de cette expérience :
même une institution gouvernementale ne respecte pas les droits des travailleurs ;
je ne me suis jamais sentie si déshumanisée lors d’un travail –cf : ce mode de travail (payé à l’enveloppe) et une cadence à respecter – (et j’ai déjà travaillé en tant qu’enquêtrice téléphonique) ;
-j’espère vraiment –vraiment !- que ce manque d’organisation et cette pression imposée par les employés de la préfecture (voire de l’humiliation [petite anecdote : entre les différentes jérémiades du chef d’équipe sur notre lenteur, notre manque de motivation et parce que nous parlions trop (??), j’ai une le droit à une remarque désobligeante parce que lors de la seconde mission vers minuit, j’ai eu l’audace de prendre une chaise et de faire le travail assise]) ne représente pas l’ensemble du gouvernement !

Je souhaite ainsi offrir mon témoignage pour que cette situation ne reste pas sans
conséquences. Quand je vois les effets que cette loi pourrait avoir (évolution du temps de travail journalier des salariés, du temps de travail des apprentis, de la paie des heures supplémentaires, de la gestion des périodes d’astreinte et du nombre de jours de congés en cas d’événements familiaux [cf : articles du Mondes]), je suis outrée que le gouvernement puisse prendre autant de libertés avec ces citoyens.
#OnVautMieuxQueCa

Ah oui, cerise sur le gâteau, je n’ai toujours pas été payée. On nous avait dit « pas avant le mois de mars » !

 

image via www.flickr.com

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