Aujourd’hui, j’ai décidé de refuser un CDI dans ma boite.

Aujourd’hui, j’ai décidé de refuser un CDI dans une boite, parce que le job n’était pas en accord avec mes compétences et mes envies.

Je ne m’y sentais pas bien, j’avais besoin de partir. Seulement la pression de ma famille, de la société ainsi que mon éternelle incapacité à dire « non » a fait que jusqu’au dernier moment, j’ai cru que je pouvais le faire, j’ai cru que je pourrais rentrer dans le moule.

Puis, un matin, je me suis levé pour aller travailler avec une boule au ventre. À l’arrivée de mon train de banlieue, j’ai vu en lui une solution à mes problèmes. C’est ce matin-là que j’ai décidé de refuser ce poste, pour mon propre bien.

Aujourd’hui, j’ai décidé de refuser un CDI dans ma boite.
Après ça, je me suis senti bien, j’ai eu l’impression de faire un vrai choix pour la première fois de ma vie et d’arrêter d’être spectateur de mon existence. J’ai remonté la ligne 3 à pied de Sentier à République sous un beau ciel bleu. J’ai écouté en boucle cette chanson magnifique que je vous mets en lien et j’ai eu envie de mourir de joie.

Les retombées de cette décision ne se sont pas fait attendre. Chaque membre de ma famille s’est empressés de m’appeler pour me faire revenir à la raison. Malgré mon argumentation, je suis désormais l’artiste rebelle et immature en dehors des réalités de ce monde. Je suis celui qui profite de l’argent durement gagné par son père.

Aujourd’hui, j’ai décidé de refuser un CDI dans ma boite.
Et pour mes parents, je suis « décevant ».

Je ne pense pas que ma mère m’ait déjà parlé de cette manière.
Elle m’a envoyé un sms, qui s’est terminé par deux phrases particulièrement épiques et tristes :

« Tu pourrais prendre un peu sur toi au boulot.
Tu sais, on ne fait pas toujours ce que l’on aime bien dans la vie. »

Que faire faire lorsque nos proches, censés nous soutenir dans l’adversité, sont au final ceux qui nous rabaissent plus bas que terre ?

> image via flickr

21 thoughts on “Aujourd’hui, j’ai décidé de refuser un CDI dans ma boite.

  1. On en vient quand même carrément à une injonction à être malheureu·x·se, c’est surprenant de voir autant de parents ne pas s’écouter parler. Comment en sommes-nous arrivé·e·s là.
    Que faire ? Je dirais déconstruire le principe de famille, s’interroger sur les gens que nous voulons vraiment avoir dans nos vies et s’éloigner de celleux qui nous nuisent dans la mesure du possible. Chacun·e fait comme iel peut et tout le monde n’a pas le privilège de pouvoir prendre une indépendance totale pour une infinité de raisons compréhensibles.
    En tout cas déculpabiliser au maximum autant que possible. Personne n’a demandé à naître et personne n’est responsable de son oppression quelle qu’elle soit.

  2. Tes parents s’inquiètent pour toi, ils reagissent en essayant dobjectiver leurs émotions. Tu as fait un choix courageux. Tu as sûrement un projet, une envie. Si ta famille te voit heureux, ils seront rassurés même si ce n’est pas «conforme» à leurs codes.

  3. Oh le fameux moule, celui dans lequel tout le monde veut qu’on rentre : école -> (bon) diplôme -> travail -> (bon salaire), couplé à celui de ami(e) -> copain -> installation -> mariage -> maison -> enfants. Toute personne ne suivant pas ce schéma type est donc déviant et déshonorant pour la famille.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à refuser ce moule contre-productif et a lutter contre sa propre famille et / ou ses amis pour vivre enfin ce pourquoi on est fait. Faire confiance a ses instincts, c’est le maître mot pour évoluer sainement. Le sentiment de liberté qu’on éprouve est l’expression de notre instinct pour nous dire : c’est la bonne voie.

    Courage face à la famille, ils retourneront leur veste une fois qu’ils auront compris qu’il est possible de vivre heureux hors de leur moule !

  4. Rah, la désapprobation de la famille. Ce n’était pas aussi violent que toi mais j’ai également refusé un CDI. Je suis en contrat de remplacement, et j’aime mon travail. Mon employeur est très correct et, à part une organisation qui peut mettre sous stress, les conditions de travail sont bonnes. Par contre, j’ai d’autres projets, dont celui de quitter ma ville et l’envie de multiplier les expériences pour toucher à différents sous domaine du travail social, et aussi la non envie de m’enfermer dans une routine. C’est d’ailleurs pour cette raison que je visais un contrat de remplacement. Sur mon année de travail, j’ai refusé deux possibilités et les réactions de la famille sont passées de l’incompréhension totale à l’inquiétude. Ils ont tellement intégré l’idée et la pression normative selon laquelle « il faut » travailler, cotiser pour la retraite, s’acharner à trouver une stabilité que cet impératif devrait se faire au détriment de nos projets et de notre épanouissement. Et je l’ai bien intégrer aussi puisque le refus a été une épreuve, un combat mental contre cette sensation d’obligation, de devoir et cette tendance à l’acquiescement. Sans parler de l’idée d' »avoir laissé filer une occasion en or », ça aussi la famille me l’a renvoyé, ce qui à faire naître en moi une certaine culpabilité. Il n’empêche que comme toi, une fois fait, je me suis sentie libre et j’ai pu continuer à imaginer de nouveaux horizons.

  5. J’ai pris la même décision il y a 2 mois.
    Signer un CDI dans l’entreprise qui m’a vue stagiaire puis freelance, c’était LA finalité ultime : « mais tu te rends compte, un CDI dans la conjoncture actuelle, c’est super ! Wahou quelle chance, sur la Côte d’Azur en plus, le rêve ! » et moi je me sentais de plus en plus oppressée, malheureuse alors que mon patron est un type en or et que j’appréciais mes missions. Je savais que c’était pas ce qu’il me fallait.

    J’ai tout plaqué et ai pris un billet aller pour l’Australie (pays sans la moindre originalité mais qui a le mérite d’être aux antipodes de ma vie actuelle). Mon seul argument a été « j’en ai besoin ». Résultats : une famille qui me soutient à 100%, des amis qui m’ont dit « enfin ! » et un patron qui m’envoie des articles sur la vie en Australie.

    Lire ton article m’a confortée dans l’idée que je suis extrêmement chanceuse. Je te souhaite de tout coeur être compris comme j’ai pu l’être quand j’en ai eu besoin. Toi seul sais ce qu’il te faut réellement. Tu n’es pas décevant, et je suis sûre que tu le leur prouveras tôt ou tard.

  6. Tu leur dit merde intérieurement, et tu souris à la prochaine fois inévitable, lorsqu’ils se plaindront des conditions pourries de leur boulot.

  7. Votre mère a décidé qu’il fallait que vous soyez un gentil mouton. Comme elle . Adhérente et défenseuse d’un système pourri. Votre mère, trop gentille voudrait pouvoir vous offrir en sacrifice au capitalisme pour se sentir rassurée sur l’aboutissement suprême de son rôle de mère : votre ingestion par le système. Ce n’est pas de sa faute. Elle n’envisage pas un instant qu’autre chose soit possible. Votre refus et votre « ingratitude » sont signe de votre espoir, de votre santé mentale, de votre force. Bon courage à vous , ne lâchez rien .

  8. Courage, tout le monde n’est pas fait pour le même moule et pour les cadres…
    En réalité, peut-être que personne ne l’est, mais que peu l’admettent.
    Ceux qui vont le plus nous faire payer d’être sortis de la route, proches ou pas, seront ceux à qui on aura prouvé qu’en fait « on peut faire ce que l’on aime bien dans la vie », et qui réaliseront qu’ils n’ont pas osé essayer.

    :*

  9. Comme je vous comprends, en 2011 j’ai osé démissionner d’un CDD de trois ans (mon contrat le plus stable à ce jour, après une alternance CDD / chômage) : je n’aimais pas l’endroit où je vivais, je ne voyais pas de sens à ce que je faisais et l’ambiance ne me convenait pas. Malgré l’incompréhension de mes parents et les moments pénibles à vivre qui en ont découlé, je n’ai jamais regretté ce choix. Ce fut long mais j’ai fini par envoyer promener la culpabilisation mal placée que le système actuel nous impose, culpabilisation relayée par les proches qui n’ont pas pris conscience de leur conditionnement.

    Par la suite, j’ai de nouveau renoué avec de courtes périodes d’emploi et de longues périodes de recherche ; aujourd’hui, je bénéficie d’un contrat aidé d’un an de 20 heures hebdomadaires. Ce n’est pas encore tout à fait l’équilibre financier, mais ça fait déjà une sacrée différence de savoir qu’on se lève le matin pour faire quelque chose d’utile, dans un coin plaisant, avec une bonne ambiance.

    C’est votre droit le plus strict d’aspirer à quelque chose d’épanouissant, c’est VOTRE vie, elle n’appartient pas à votre famille ; ce n’est pas être un  » fainéant « , un  » parasite  » ou autre qualificatif dégradant. Courage !!!

  10. Les proches ne sont pas censés être un « soutien face à l’adversité », si ils pensent que tu as pris de mauvaises décisions c’est leur devoir de te le dire au contraire.
    Je ne connais pas les détails de ton CDI ni ton histoire personnelle mais parfois effectivement on ne fait pas ce que l’on aime, et il est puéril de vouloir le contraire.

  11. Je compatis! J’ai beaucoup travaillé en intérim et en CDD sans jamais vraiment chercher le CDI… et tant mieux car peu de sociétés m’ont donné envie de signer un CDI! Quand on voit les employés de + de 10 ans d’ancienneté partir en dépression, c’est dur de se projeter sereinement! Et à force d’essayer de rentrer dans le moule en espérant un super contrat qui n’arrive jamais, à me remettre en question à tout bout de champ, jusqu’à en perdre toute confiance en moi! J’ai saturé! Je fais ma difficile maintenant, ce qui fait que le chômage dure, mais ça m’a tellement libérer de ne plus vouloir être l’esclave de cette pression sociale; moi aussi mes parents me disent « que je gâche mon potentiel » , « que j’ai pas fait des études pour rien, quand même? », « que je devrais prendre sur moi », « accepter moins de salaire pour un CDI », etc. J’ai essayé, mais j’ai plus envie. Je veux évoluer, pas régresser, et pour l’instant je ne trouve pas ça sur le marché du travail! 🙁 Va sérieusement falloir que je me lance à mon compte; je ne vois pas d’autre solution!

  12. Vas ton chemin comme tu le sens. Peut être que cela ne sera pas facile…mais ce sera ton choix….un temps j’ai connu cette situation. Et malgré les « Cassandre  » j’ai tracé ma route.

  13. Bonjour
    tu as très bien fait je n’ai pas eu ce courage et aujourd’hui à cause de la pression je suis totalement détruite
    c’est ton choix ta vie une question de survie de vivre comme tu l’entends, bravo

  14. Il ne faut pas trop en vouloir aux familles, et en particulier aux parents qui même s’ils souhaitent le bonheur de leurs enfants, préfèrent les savoir bien en sécurité à l’abri des aléas de la vie. Quand on n’a pas la chance d’avoir le soutien et l’approbation de ses proches, il faut être fort et faire front… Tout seul. S’appuyer sur ses amis. C’est comme ça et ce n’est pas si grave. “Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.” 🙂

  15. Je lis les commentaires sur une expérience, un ressenti, une incompréhension, un refus d’entrer dans le moule. Je pensais être seule à vivre ou du moins être parmis les rares « hors normes » de la société mais je me rends compte que je ne suis pas seule et c’est rassurant. Peut on dire que par définition si nous sommes nombreux à vouloir vivre autrement c’est que nous pouvons ou même avons créé cette nouvelle norme, celle d’un autre système dans lequel nous pouvons nous epanouir.
    Vouloir vivre autrement n’est pas un signe d’échec bien au contraire, je me dis que c’est plutôt une réussite, celle de vivre en adéquation avec notre vision de notre vie et ce dans la recherche de notre propre épanouissement

  16. Je suis confronté à ce choix en ce moment et merci à toi l’auteur de l ‘article et aux personnes en commentaires de voir que de refuser « une telle chance » n’est pas que négatif. Sincèrement merci.

  17. Tu as fait un choix courageux et tu trouveras le job qui te correspond, celui où tu viendras et repartiras avec le sourire, être heureux et prendra plaisir à travailler.
    J’ai fait le même choix de refuser un CDI car je recherche cet environnement sain où on peut travailler ensemble sans faire semblant d’être corporate (rentrer dans le moule), être le mouton de panurge et avoir la boule au ventre comme tu dis.
    Voici un lien qui est une source d’inspiration sur le bien-être au travail :
    http://liberteetcie.com/2016/05/dessin-anime-entreprise-liberee-titres-anglais/

    Merci pour ton témoignage et je te souhaite une bonne continuation dans tes recherches.

  18. Tu as le mérite de refuser avec courage d’être un esclave!
    Quant aux parents soit indulgent avec eux, d’une part ils n’ont pas connu les difficultés du monde du travail actuel et d’autre part ils sont certainement inquiets pour toi.
    J’ai eu à démissionner une fois je ne pouvais exercer ce que l’on me demandais, cela allait contre mon éthique. Je n’ai toujours pas de cdi mais au moins je suis en accord avec moi-même.
    Bonne route à toi!

  19. Tu as bien fait.. tu as le droit de refuser le CDI car tu t’y sentais pas bien… je l’ai déjà fait et en partant j’étais fière et soulagée comme un gros poids qu’on m’enlève.

  20. Je suis exactement comme vous j’ai signé mon cdi pour faire plaisir à ma mère qui est formater à cette société de métro boulot dodo mais ce n’est pas la vie que je veux et il y a peu je suis rentrer dans un club de voyage qui te permet de voyager moins cher plus facilement et par la suite être payés c’est du marketing de réseau sans système pyramidal depuis je re vie j’ai enfin trouvée un but à ma vie et je compte bien lâcher mon cdi et me lancer dans cette expérience apres Tout mes amies on réussie il on leur propre liberté financière et voyage librement Tout Ca en étant payé alors pourquoi pas moi ? Je ne préfère pas l’expliquer à ma mere pour le moment elle en serait malade mais je compte bien vivre ma vie et ne plus rentrer dans le moule de cette société

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