« Ce genre d’expérience nourrit un fort sentiment de mépris. »

Diplômée de deux masters considérés comme peu valorisés sur le marché de l’emploi, j’ai consacré mon année post-diplôme à faire des stages (n’ayant pas pu le faire avant car je travaillais à mi-temps pour payer mes études). J’ai découvert à cette occasion, sans grande surprise cependant, qu’il s’agissait bien souvent d’utiliser mes compétences acquises durant mes études plus que de me former mais passons, c’est un autre sujet.

Lors de l’un de mes stages (le seul pour lequel je fus payé), je devais toucher une gratification horaire légale (soit 3,60 euros). Je reçois ma première paie du premier mois, tout va bien. Le second, il manque une semaine. Je contacte donc le gestionnaire qui me répond qu’il s’en occupera. Aucune nouvelle pendant un mois. Je relance, plusieurs jours plus tard, il me dit que je recevrai le complément sous une dizaine de jours. Mon stage s’est terminé début mars, nous sommes mi-mai, toujours rien.

Par ailleurs, je travaille également dans un restaurant quelques heures par semaine. Les premiers jours, une collègue qui bénéficie du même statut m’informe qu’ils ont oublié de la payer ce mois ci et qu’elle a du réclamer, ils lui verseront tout le mois prochain. Après mon premier mois de travail, par précaution, je demande à quelle date nous sommes payés, on me répond le 7. Nous sommes le 13, je n’ai toujours rien reçu. Je veux bien mettre tous ces oublis sur le compte de la coïncidence, mais à la longue, et ceci additionné à des conditions difficiles où l‘on doit toujours s’adapter sans aucune reconnaissance de notre travail ni perspective d’emploi, ce genre d’expérience nourrit un fort sentiment de mépris.

Devoir réclamer sa paye, devoir démarcher sans cesse, se vendre, faire ses preuves, travailler quasi toujours gratuitement, et ceci pendant des années, je ne vois pas comment il peut en sortir ce fameux « esprit d’entreprendre » que l’on nous assène, et cette confiance en elle que la jeunesse française devrait apparemment avoir.

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