Après l’enfer, un peu d’espoir

Il y a deux ans jours pour jours, je décidais de reprendre mes études.

J’ai eu mon bac en 2011, et ayant été refoulée à la prépa littéraire pour laquelle j’avais postulé, j’ai fait 1 an de fac (dont je parlerais peut-être plus tard, puis qu’après tout 600 zombies grelottants sur les bancs d’une salle aux vitres cassées et aux lumières défaillantes, ça peut être un sujet très intéressant à aborder également…) avant de laisser tomber.

Ne sachant pas quoi faire j’ai entrepris de trouver du travail, et j’ai enchainé les boulots minables. Aujourd’hui j’ai 22 ans et j’ai un cv plus rempli que mes deux parents réunis. J’ai été caissière, serveuse, plongeuse, distributrice de tract, animatrice de centre aéré, hôtesse téléphonique et hôtesse d’accueil (où j’étais payée pour être jolie et faire un grand sourire toute la journée en talon aiguille, évidemment), j’ai fait les vendanges 4 ans d’affilés… et entre autre, j’ai été en dépression durant 1 an, ne supportant pas de me faire rabaisser plus bas que terre par mes parents et mes deux sœurs qui ne comprenaient pas mon échec (ajoutons à cela que je suis lesbienne…) ni même la situation de précarité extrême dans laquelle je me trouvais.

Enchaînant souvent 4 boulots en même temps, gagnant parfois seulement 200 euros par mois, puisque je n’avais encore pas assez travaillé pour toucher les allocations de pôle emploi, n’étant pas assez vieille pour toucher le RSA et ne gagnant pas assez pour toucher la CAF qui refusait de croire que je n’étais pas sous la tutelle de mes parents qui eux, n’avaient droit à rien… j’ai atteint rapidement les 1000€ de découvert et me suis privée de nourriture durant plusieurs mois. D’une taille 36, le 34 est très vite devenu trop grand pour moi. Je ne tiens pas à m’enfoncer davantage dans cette histoire puisque ce n’est pas le but de mon récit, mais j’ai toutefois fini par m’en sortir en décrochant un job de serveuse à temps plein payé au SMIC, le rêve…

Ah la jeunesse, ces feignants qui ne connaissent rien de la vie. Je connais la vie. Je connais la misère, la famine, le froid, l’humidité, la maladie puisque bien sûr avec 200 euros par mois on ne s’autorise pas à aller au médecin. Ça fait 5 ans que je n’ai pas mis les pieds ni chez un médecin ni même chez un dentiste et aujourd’hui, je commence à peine à entreprendre les démarches pour me réinscrire auprès d’une mutuelle et de la sécurité sociale. J’ai été tellement malade au cours de ces 3 années qu’aujourd’hui, j’ai une toux qui ne part pas. Je tousse tous les matins et tous les soirs, en raison des mauvaises conditions de vie que j’ai subie durant 3 petites années. Ma carte vitale n’a pas été mise à jour depuis 2012, depuis que j’ai quitté la fac pour me lancer dans la vie active, pleine d’espoir et de rêve. Et le monde m’a craché à la gueule.

En 2014 je me suis décidée à retourner dans le cursus scolaire, après avoir été déscolarisée pendant 3 ans. Et retourner dans le cursus scolaire, justement, fut loin d’être facile. J’ai postulé à de nombreuses formations, sachant que j’allais devoir travailler à côté puisque mes parents ne m’accordaient plus aucune aide financière depuis mon échec à la fac de lettres (ah la déception parentale qu’on traine comme une ombre, un boulet). Aucune école n’a voulu de moi, car j’étais incapable de fournir mes bulletins scolaires des années précédentes et pour cause, je n’en avais aucun.
J’ai donc mis les pieds un jour par hasard au salon de l’alternance et je me suis dit que c’était ce qu’il me fallait : un job combiné à une formation. Je n’aurais jamais supporté rester tous les jours de toutes les semaines les fesses sur une chaise après les 3 années passées à écumer les boulots de merde (bien que ça m’aurait surement reposé, et encore). J’ai rapidement trouvé une entreprise qui était ravie de mes précédentes expériences dans le monde du travail qui prouvaient que « j’avais de l’endurance » et pour l’école, étant donné qu’il suffisait d’avoir une entreprise…
Je commençais donc l’année scolaire avec l’intention de me reprendre en main, j’étais heureuse de pouvoir annoncer à mes parents que j’avais repris mes études et en plus, ma tutrice avait l’air super sympa. Je me sentais enfin valorisée, puisque lors de l’entretien d’embauche j’avais été choisie « à l’unanimité ». C’était une grosse boite dont je ne citerais pas le nom, mais dès que mes parents ont su où j’étais ils m’ont dit de tout faire pour être embauchée. Aucun espoir concernant cette perspective puisqu’on m’a très clairement fait comprendre lors de l’entretien d’embauche qu’aucun poste ne me serrait proposé à la fin. Ça m’était égal puis qu’après ce BTS, j’avais bien l’intention de poursuivre mes études jusqu’au Master. Reprendre mes études avait été si dur, je n’allais pas m’arrêter à un BAC+2 en si bon chemin…

Au début tout allait bien. Ma tutrice était très gentille, souriante, aimable, encourageante et elle n’hésitait pas à me valoriser auprès de ses collègues. Elle me donnait des choses très intéressantes à faire, cela me passionnait de pouvoir travailler sur des choses intellectuelles, c’était bien mieux que d’être serveuse, plongeuse, où tout ce que j’avais pu faire avant. De plus, j’étais la meilleure de ma classe car je sortais d’un baccalauréat général et j’avais donc acquis dès le départ plus de connaissances que les autres. Ayant été choisie « à l’unanimité » et consciente de la chance que j’avais d’avoir trouvé une entreprise, les places étant si dures à trouver, je ne voulais décevoir personne, et surtout pas ma tutrice. Je me donnais à fond, n’hésitant pas à réaliser des heures supplémentaires non rémunérées. J’étais payée 960 euros par mois (ce n’était pas beaucoup, mais au moins c’était un salaire fixe durant 2 ans, une chance que je n’avais jamais eu auparavant) et au lieu de finir à 16h comme l’indiquait mon contrat, je n’hésitais pas parfois à rester jusqu’à 19h. Mon lieu de travail était à 1h de chez moi (les frais d’essence étaient évidemment pour ma pomme), je me levais donc à 5h30 pour être sur place à 8h, et je travaillais en plus le weekend en contrat étudiant pour une maison de retraite pour tenter de me faire davantage d’argent. Je sacrifiais mes soirées, mes weekends, mon couple et ma famille sans hésitation pour parvenir à obtenir ce diplôme et être à la hauteur.

Comme il fallait s’y attendre, j’ai fini par craquer. Ma tutrice me noyait sous le travail et j’accumulais les heures supplémentaires. Au bord de l’épuisement, je lui demandais de rattraper ces heures réalisées, mais elle me répondit :

elles sont faites à ton bon vouloir, tu n’auras rien en échange.

A partir de là, j’ai sombré. Elle a commencé à critiquer tout ce que je réalisais, ne voyant que les erreurs dans mes travaux sans jamais me féliciter sur ce que je faisais de bien. Elle trouvait toujours quelque chose qui n’allait pas dans le moindre travail que j’accomplissais.

Un jour, je suis arrivée les cheveux détachés au travail et en basket, car toutes mes autres chaussures étaient trouées à force d’être utilisées et j’attendais ma paie du mois suivant pour m’en racheter. Elle m’a regardé de haut en bas et devant d’autres collègues, elle m’a lancé :

Regarde toi, on dirait que tu sors d’un marathon, t’as vu ta tête, t’as vu ton look ? Là si tu espérais un emploi à la fin, tu t’es grillée, j’en reviens pas que tu oses venir comme ça.

Je me suis retenue de pleurer toute la journée et le soir même, j’ai dilapidé ce qui restait de mon compte en banque (tant pis pour la nourriture, on mangera le mois prochain) pour m’acheter de nouvelles paires de chaussures. Je ne suis plus jamais allée au travail les cheveux détachés.

Les mois ont passé et j’ai accumulé de plus en plus d’échecs : je restais la meilleure de ma classe, mais je ne parvenais toujours pas à combler les attentes de ma tutrice qui me paraissaient impossible à atteindre. Cette dernière continuait sur sa lancée : t’es pas en échec scolaire, t’es en échec professionnel.

Elle venait me voir dans mon bureau en me hurlant dessus, me mettait la pression sur tout et pour tout, je courrais dans les couloirs pour tenter d’accéder à la moindre de ses requêtes.

Au bord du burn out, le médecin du travail m’a obligé à prendre un arrêt de 2 semaines. C’est là que j’ai fait le point sur ma situation et que j’ai décidé de prendre du recul : je fais des erreurs, comme tout le monde. Je devais arrêter d’essayer de plaire à ma tutrice, tant que j’avais mon diplôme tout allait bien.

Lorsque je suis revenue, ma tutrice m’a dit qu’elle était à deux doigts de rompre mon contrat de professionnalisation. Mais je suis parvenue à garder le contrôle de mon stress et à ne pas réagir à son attaque. Durant le reste de ces deux années, elle m’a tendu des pièges. Par exemple parfois elle venait me voir en panique en me disant que j’avais oublié de faire telle chose, alors que non, je n’avais pas oublié, elle avait simplement omis de me transmettre l’information mais évidemment c’était ma faute puisque je ne notais pas ce qu’elle me disait et que je n’avais aucune mémoire :

Que ce soit clair, ma chère, si un jour tu lis ces lignes, saches que je notais TOUT ce que tu disais, TOUT, et parfois je le notais même en double.

Le nombre de fois où j’ai pleuré…

Un jour elle m’a même tellement énervée que mes règles se sont déclenchées, avec 1 semaine d’avance grâce à elle. Lorsque par exemple, je suis revenue de mon arrêt de travail, j’ai remarqué que je n’avais plus internet sur ma session, or, j’en avais besoin pour travailler.
J’ai téléphoné au service informatique qui m’a informé que la demande venait de ma tutrice, qui était parfaitement au courant qu’il s’agissait d’un outil de travail primordial. Malgré cela, elle continuait de me donner des missions nécessitant l’usage d’internet tout en sachant PARFAITEMENT que je ne pourrais pas le réaliser puisqu’elle m’avait coupé la connexion durant mon absence. Heureusement, des collègues sympas m’ont filé leurs accès et je pouvais rire au nez de ma tutrice en silence alors que j’accomplissais le boulot sans rechigner.

Petit à petit, ma tutrice m’a retirée du travail. Les choses que j’aimais faire, elle les reprenait pour me laisser les choses simples et futiles telles que le tri du courrier et des e-mails. Vous avez déjà plié 250 lettres pour les mettre dans 250 enveloppes ? Moi oui. Elle ne me faisait faire que les choses inintéressantes, mais s’assurait que j’en accumule assez pour être occupée toute la journée. Je passais donc mes journées à courir après des clés de voiture, des e-mails perdus et des documents à faire signer. Je ne m’épanouissais guère dans ces tâches et craignaient que cela n’ait des répercussions pour mon diplôme car je devais, pour ce dernier, présenter l’ensemble des tâches accomplies lors de mon BTS.

Vous rendez-vous compte ? Une femme de 40 ans qui s’amusait à harceler moralement sa stagiaire de 21 ans. Qu’on ne vienne pas me parler de maturité, je n’y crois plus. Elle m’a emmené deux fois à des réunions, et m’a demandé de réalisé des comptes rendus. Le premier était parfait, évidemment, il datait du début de ma formation. Le deuxième était, je cite « nul à gerber ». Et là je ne cite pas ma tutrice, mais mon chef de service avec laquelle elle était copine comme cul et chemise. Ce dernier m’a méprisé durant 2 ans, ne me voyant qu’à travers ma tutrice qui ne pouvait s’empêcher de me dévaloriser auprès de lui. Je suis devenue la pestiférée de toutes les collègues de ma tutrice, toutes celles auprès de qui elle avait pu répandre son venin. Quand je pense que je l’appréciais, au début…

Aujourd’hui, je passe mes examens, ça va faire 2 ans que je supporte ça et j’ai abandonné l’idée de continuer mes études après le BTS. Enfin en réalité, j’ai été prise dans l’école de mes rêves, une école de commerce, avec de supers résultats au concours d’entrée, et après avoir envoyé plus de 200 candidatures afin de trouver une entreprise susceptible de me prendre à la rentrée, après avoir essuyé une dizaine d’e-mail de refus polis et tout le reste sans réponse… j’ai réfléchi et je me suis dit que j’étais incapable de continuer.

Je ne peux pas, je suis trop fatiguée. Pas fatiguée physiquement, mais moralement. Je ne veux plus être stagiaire, je ne veux plus gagner 960€ par mois et être traitée comme une sous merde tout en me disant que j’ai de la chance d’avoir été prise. Non. Durant ces 2 ans, mon couple s’est brisé. J’ai rencontré une nouvelle personne, plus forte que moi, qui me pousse vers le haut dans tout ça. Et grâce à cette personne, je vais ouvrir ma propre entreprise et être ma propre patronne. C’est le côté positif de cette histoire, le fait qu’avec tout le mal que je me suis donnée, tout ce que j’ai enduré, je sois tombée sur quelqu’un qui a su rendre cette histoire heureuse. Car elle n’était pas vraiment partie pour finir en happy-end…

Ces deux années ont été un cauchemar, bien qu’elles m’aient beaucoup appris. Je suis finalement sûre et certaine d’avoir mon BTS et bien heureuse qu’il ne me reste que 2 mois à faire au sein de cette entreprise. Tient d’ailleurs, en parlant de 2 mois, j’ai envisagé la rupture conventionnelle, mais on m’a menacé de devoir rembourser l’intégralité de ma formation si jamais j’en faisais la demande. Donc je me dis juste : 2 mois et c’est fini, 2 mois et c’est fini, 2 mois et c’est fini, 2 mois et c’est fini…

6 thoughts on “Après l’enfer, un peu d’espoir

  1. Merci pour ton témoignage, qui me parle énormément. Tu le dis très bien : à part si on est issus d’un milieu très favorisé, être jeune, c’est s’en prendre plein la poire, accumuler les expériences ingrates, s’épuiser face à des petits tyrans puériles, se faire humilier sans perspective d’avenir. Juste subir jusqu’à tomber d’épuisement. On nous reproche le désintérêt pour l’entreprise, le manque de maturité, la feignantise, que sais-je encore… Mais tous ces cadres mégalo de 40 à 60 ans, qui vous harcèlent, vous refusent vos congés ou ne paye pas vos heures supp, vous payent moins que la femme de ménage mais s’attend à ce que vous fassiez le travail d’un cadre expérimenté, tout ça pour s’attribuer le mérite de vos efforts… Tous ces vieux qui prennent, prennent, prennent encore, sans jamais rien rendre en retour, sans jamais rien transmettre, et qui après crachent sur les jeunes… Tous ces adultes cyniques et égoïstes, ce sont pourtant bien eux qui ont le pouvoir, et qui font du monde du travail l’enfer qu’il est actuellement.
    Accroche-toi à tout ce qui fait sens, ton couple, tes passions, et tiens le coup. Nous sommes des millions à vivre la même chose.

    1. Commentaire très juste, malheureusement. Des millions, oui… Quel gâchis. Les « jeunes » ont un réelle envie de bouger les choses, mais dès lors que l’on ose lever le petit doigt, on nous assomme en nous rabâchant « travaille » ; « tais toi et bosses ». Et quand survient le ras le bol, l’envie de gerber sur ces institutions, on nous accuse d’être immatures.
      On peut au moins se dire, qu’en était plusieurs, beaucoup, nous pouvons, nous DEVONS, nous serrer les coudes.

    2. @massethoq tu dis  » à part si on est issus d’un milieu très favorisé, être jeune, c’est s’en prendre plein la poire… Juste subir jusqu’à tomber d’épuisement » ben non. faut pas faire de généralité comme ça. je n’ai pas de riches parents j’ai bossé dès 17 ans pour pas grand chose mais c’était plutôt sympa et j’ai pas mal de connaissances qui sont dans le même cas. ce n’est pas le cas pour tous bien sûr mais ce témoignage non plus. ne généralisons pas tout.

  2. Bravo pour ce témoignage, je t’adresse tout mon soutien, toute ma compassion. C’est inhumain.
    J’ai quitté une boîte, qui au bout d’un mois et demi m’a fait vivre l’enfer tous les jours pour 800€ et plus de 50h par semaine. J’y ai récolté la chance d’avoir pu démissionner lors de ma période d’essai, mais j’y ai aussi gagné un épuisement, lui, incurable.
    Ouvrir sa propre boîte est risqué, mais si tu réussis ou échoues, tu seras la seule responsable, et tu n’auras à rendre de compte à personne ! Bien sûr que les jeunes veulent bosser. Mais personne ne veut y perdre sa santé, s’aliéner, tout cela pour être payé moins de 1000€, à peine suffisant pour vivre.
    Les personnes plus âgés qui pensent « forger » la jeunesse, ce sont eux qui se sont laissés bouffer jusqu’à la moelle en laissant passer des lois abérentes, et qui après se permettent de donner des leçons aux « jeunes », « travailles dur sinon tu n’auras rien ». Ca me fait tellement grincer des dents.

    Courage, et si tu montes ta boîte, je te souhaite la plus grande des réussites !

  3. Une société d’esclavage, inhumaine, sans valeurs… c’est triste, il y’a du travail pour changer tout ce bordel. C’est clair que l’age ne fait pas la maturité, c’est une fiction de croire à ça, on trouve des gens mature à tout les ages et vice-versa. Idem pour les cons et ce qui fait peur, c’est que la courbe des cons est en pleine croissance. Ce monde est affreux… je ne l’ai jamais aimé et ton temoignage et ton experience très douloureuse ne me fera pas changer d’avis.
    Bonne chance pour la suite et Courage ! Nous sommes tous dans ce rafiot de …..

  4. Les petits chefs qui humilient leurs congénères pour se sentir supérieurs, il y en a dans toutes les entreprises. Certains types de management favorise ça, mais globalement même dans les boites les plus cool, on est toujours sûr de trouver au moins un con du genre. Il faut s’attendre à ça, c’est comme ça. Il faut faire la part des choses et ne pas mélanger dans son esprit : ses propres taches, l’entreprise, les collègues et le petit con.

    Il faut aussi apprendre à se blinder et à prendre du recul, et devenir intelligent pour comprendre comment maîtriser ces personnes (même lorsqu’elles sont nos supérieures hiérarchiques) sans tomber dans les mêmes travers qu’elles. Tu as l’air de manquer de confiance en toi et d’attendre beaucoup de reconnaissance dans ton travail. Franchement, si tu ne veux pas te faire bouffer, travaille sur toi pour gommer ce trait de caractère. Quand tu es en « attente » de reconnaissance, tu attires tous les pervers-narcissiques qui savent parfaitement jouer de ça. Tu sais ce que tu vaux, tu sais ce que tu fais, tu aimes ton travail, tu es généreuse sans être la bonne à tout faire. En ayant ce comportement, tu ne donneras pas prises aux chantages émotionnels, ni au harcèlement parce que tu dois te moquer de tout ce qui n’est pas ton travail.

    Tu as les cheveux détachés et des baskets ? Sérieusement, tu aurais du répondre quelque chose du genre : « effectivement, c’est pas top, je ferai mieux demain ». Cette remarque n’aurait pas du te toucher. Elle t’a touchée parce que tu voulais que ta tutrice t’apprécie et que tu avais réellement honte de tes chaussures trouées. Elle mis le doigt sur LE truc. Mais franchement, les choses ont l’importance qu’on leurs donne. Arrête de culpabiliser, de vouloir te faire aimer, d’être sensible aux conneries, c’est JUSTE des conneries.

    Je dis ça parce qu’au début de ma vie professionnelle, j’étais totalement comme toi, à vouloir bien faire pour qu’on m’aime. Ca peut marcher avec une minorité de managers bienveillants et un peu paternaliste, mais la plupart du temps, tu en prends juste plein la gueule. Maintenant, j’ai 32 ans. J’ai vécu de belles réussites, et des échecs bien humiliants. J’ai fait des grosses erreurs, et de beaux coups. La roue tourne, et une fois qu’on a vécu plusieurs échecs et plusieurs réussites, on relativise et on comprend qu’on n’est ni ses échecs, ni ses réussites.

    N’oublie pas de rire de toi même et des autres. Pas de te moquer, ou de médire mais bien de percevoir le drôle dans les situations. Ca permet de prendre du recul sur soi-même et les autres 😉

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