Venir 45 minutes en avance, et repartir 1h30 après l’heure parce que la charge de travail est trop importante.

Bonjour, je suis actuellement dans un processus de reconversion. Infirmière depuis 2013, j’ai décidé de tout lâcher, après qu’on me rappelle constamment sur mes repos, après avoir enchaîné les contrats précaires en espérant décrocher le sésame, le CDI, mais jamais.

Pour ne pas pénaliser les patients, on reste 1h à 2h de plus par jour en service (venir 45 minutes en avance pour préparer les perfusions parce qu’il y en a trop, et repartir 1h30 après l’heure parce que la charge de travail est trop importante – ce ne sont que des exemples). Et le pire, les médecins, qui nous démontent psychologiquement, qui nous traitent comme des moins que rien. Mais nous c’est rien, ils traitent les patients de la même façon qu’ils nous traitent nous. Les surnoms dégradants donnés aux patients. Le sous effectif dans les maisons de retraite : la maltraitance n’est pas si rare malheureusement.

Et quand on dénonce aux supérieurs ? « Bah oui mais je suis obligé (e) de le/la garder, on n’arrive pas à recruter ».

Ho et parlons du manque de matériel, parfois même plus de gants de toilette ou de serviettes pour faire la toilette des patients, et ce, toutes les semaines. Tout ceci n’est qu’un échantillon du quotidien du métier d’infirmière.
Alors à quoi bon continuer à vouloir prendre soin des gens, si on n’en a pas les moyens ? J’ai décidé de changer de voie, je pars dans un domaine qui me passionne depuis des années, et je vais prendre soin de moi.

J’ai 26 ans et déjà un burnout à mon actif.

#OnVautMieuxQueÇa

 

 

Illustration : CC-By Steven Saus

2 thoughts on “Venir 45 minutes en avance, et repartir 1h30 après l’heure parce que la charge de travail est trop importante.

  1. Je vois donc que je ne suis pas la seule… J’ai 31 ans, 5 ans de diplôme et je suis également en pleine réflexion pour changer de voie. Fatiguée des heures sup, des mauvaises conditions de travail, de la politique de soins pour le moins inhumaine…
    Je me donne un an pour savoir si je suis vraiment prête à partir et surtout vers où!
    N’hésites pas à me contacter si tu veux en parler, on peut échanger nos points de vue, impressions, avancées…

    courage!

  2. Comme je vous comprends. Je suis technicienne de laboratoire et ce n’est pas mieux. On n’a pas les patients en face de nous, c’est vrai. Mais les biologistes sont tout aussi odieux que les médecins. il faut aller toujours plus vite, il leur faut ceci avant telle heure, puis partent faire autre chose. Ils vous menacent en disant que c’est de votre faute si les urgences sont engorgées.
    Du matériel vieillissant, du matériel neuf mais de moindre qualité parce que moins cher, travailler à flux tendu, pas d’embauche, un système qualité toujours plus étouffant mais qui ne s’occupe jamais des réalités du terrain., toujours plus de papiers à remplir, de traçabilité mais pas de personnel pour s’en occuper. Il faut être infirmier(.ière) et aller prélever les patients, être secrétaire médicale et s’occuper de dossiers et de tarification mais jamais d’évolutions pour être proche d’un biologiste.
    Moi aussi, à 32 ans, je pars de ce monde de fous. Je commence une formation lundi.
    Un conseil, si vous passez par Pôle Emploi et que vous savez quelle formation vous voulez suivre, que vous avez bien construit votre reconversion, ne proposez pas à Pôle Emploi, n’attendez pas son aval, imposez-lui votre décision. Faites les recherches sur Internet pour connaître quels documents fournir, prenez-les de court. Mais n’attendez pas un « oui » de leur part.

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