Les femmes qui travaillent depuis 40 ans dans l’usine qui partent en retraite ne paraissent pas 60 ans mais 80 ans.

J’ai travaillé dans plusieurs domaines, notamment l’agro alimentaire.

On demande un travail considérable aux femmes qui travaillent sur les lignes. Oui, car la dominante dans ce genre de travail sous payé est féminine, c’est un milieu relativement sexiste. On demande aux femmes de produire plus de 20 tonnes de viande en 8 heures de travail sur une seule ligne. Le rythme est effarant. Les femmes qui travaillent depuis 40 ans dans l’usine qui partent en retraite ne paraissent pas 60 ans mais 80 ans. On sait très bien que leur espérance de vie est réduite du fait de leur essoufflement du à leur conditions de travail : 8:00 par jour, debout, a répéter le même geste, pendant 40 ans.

Quand je leur ai posé la question de leur légitimité à faire des revendications, à poser des questions, ces femmes m’ont répondu que personne n’avait le droit de poser des questions. Un cahier avait été mis à disposition pour que les travailleurs y déposent des doléances, des questionnement. Au bout de quelques mois les chefs ont supprimés ce cahier, car ils refusent les revendications.

Dans ce genre d’entreprises, les salariés ne disent rien. Ils ont peur de perdre leur emploi. Ils se barrent pour garder leur travail. Ils dénoncent leur collègues. Ils en font deux fois plus en pensant être gardé, renouvelé ou même avoir un CDI. Ils sont réduits à l’état d’esclaves. Et ils ne le savent même pas. J’aurais encore pleins d’exemples en tête. Mais voilà… Merci pour tout.

 

Illustration : CC-BY Jo Guldi

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