On m’a expliquée que si j’étais courageuse, j’aurais démissionné.

Je préfère rester anonyme car je n’ai pas eu la force d’attaquer mon entreprise aux prud hommes (dépression) et je n’ai pas mon contrat pour voir les clauses de confidentialité ou autre.

On m’a demandée de rester « pour la forme » « parce que c’est joli de rester tard quand on est ingénieur ».

Parce qu’on m’a fait des pressions car j’étais syndiquée et que j’avais fait grève (mais sans me le dire clairement car ils ne sont pas si bêtes).

Parce qu’on m’a fait subir du harcèlement moral, qu’on m’a dit que « Ici c’est pas la SNCF » comme si le code du travail (de l’époque et pour lequel on se bat) ne s’appliquait pas dans le privé quand l’Etat n’est pas actionnaire de l’entreprise.

Parce que j’ai craqué, je suis tombée en maladie à force de harcèlement et que le jour de mon licenciement pour inaptitude, on m’a expliquée que si j’étais courageuse, j’aurais démissionné, sans chômage ni rien, bref le courage c’est de refuser ses droits…ET SURTOUT CAR JE NE SUIS QU’UN MINUSCULE CAS PARMIS BIEN TROP D’AUTRES ET QU’ON ENVISAGE DE PRIVER LES SALARIES D’ENCORE PLUS.

Je ne serai plus salariée, je me suis reconvertie suite à cette souffrance mais tout le monde ne peut pas le faire et même si je suis maintenant à mon compte, je reste solidaire et mobilisée !

 

 

Illustration : CC-BY Paul Downey

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