Aujourd’hui j’en chie pour retrouver du taff, mais je regrette pas une seule seconde de m’être barrée

Hello, en anonyme, je peux vous raconter ça :

Je travaillais dans le spectacle jusqu’à être au chômage, je n’ai jamais eu à être intermittente, donc je fais partie des privilégiées du secteur, mais j’ai quand même quelque perles. Pour la faire courte, après des mois à me faire hurler dessus presque quotidiennement par mon patron, à subir des pressions inimaginables, à aller au boulot la boule au ventre, à avoir la diarrhée en me levant et en rentrant du taff (hellooooooooo glamour!), à pleurer au moins une fois par semaine en pensant à combien je suis nulle et ne vaut rien (ce qu’on m’explique régulièrement au bureau, tout en m’ayant fait signer un cdi), j’ai trouvé la force, grâce à mon amoureux, à mes proches, à mon médecin, à ma bonne étoile et à mon instinct de survie de demander une rupture conventionnelle puis de démissionner quand celle ci m’a été refusée.

En voyant le projet de loi de Mme El Khomri, qui propose de négocier directement au sein de l’entreprise et non plus par accord de branches, notamment pour le temps de travail, que le pouvoir du juge aux prud’hommes est grandement amoindri, je me dis que vraiment on n’a pas eu la même expérience de l’entreprise avec Mme El Khomri.
Donc oui, aujourd’hui j’en chie pour retrouver du taff, mais je regrette pas une seule seconde de m’être barrée. Il est clair qu’on vaut mieux qu’une société où le patron peut faire ce qu’il veut.

Allez, en lutte et #onvautmieuxqueça

 

 

Illustration : CC-BY jennifermbarron

Laisser un commentaire