« Je partais au travail le matin avec la peur au ventre »

Bon petit soldat du travail jusqu’en 2009, la boite privée dans laquelle je travaillais m’avait alors proposé 2 scénarios de licenciements. Mais avant cela j’avais fait 2 burn-out dans la même entreprise.

C’est à ce moment là que j’ai décidé de ne plus travailler pour un privé ou gonfler un portefeuille. J’use mon énergie et mon temps dans les asso, collectif, bénévolat

Je ne peux retourner dans un contexte de travail normal. C’est trop agressif.

Je vie depuis 2009 un peu partout : c’est à dire, SDF car bien sur pas de travail et bien pas de logement, depuis 2 ans je suis en camion.

Deux mois après m’avoir licencier pour une pseudo faute X, j’avais décidé d’en profiter un peu : c’est ce que j’avais fait. Or, ne tenant plus en place, j’intègre une  formation de 9 mois en logistique humanitaire.

Je prends un poste à la Banque alimentaire d’une certaine ville, ensuite j’intègre différents collectifs et lutte. Je postule pour une autre association humanitaire et je pars en mission : durant 3 ans j’alterne mission humanitaire et chômage.

Durant 3 ans je vis un peu partout, mais l’humanitaire n’est pas un idéal non plus. Et puis avec la pression que l’on y retrouve comme dans le privé, et bien je ne peux plus y retourner car cela me renvoie à mes anciens postes où j’ai pu occuper des places intéressantes mais ô combien trop stressantes.

Je partais au travail le matin avec la peur au ventre, je partais en guerre. Mes collègues étaient tous des ennemis potentiels, des faux culs et et hypocrites.

Maintenant j’ai du mal a travailler en groupe, de plus en plus mal. Je me demande ce que je pourrai faire dans l’avenir, je me sens comme un bon à rien alors j’occupe mon temps pour la lutte pour aider ceux qui en ont besoin. Or le monde du travail tel qu’il existe actuellement, je ne peux plus y retourner.

A 20 ans, j’avais déjà mis 2 patrons aux Prud’hommes. J’en ai maintenant 47 et j’ai vu et vois encore lentement la lente progression vers le bas que nous subissons.

Dans le même temps je constate les profits honteux que peuvent faire certains sur le dos des autres, les gens s’en foutent du moment qu’ils bouffent et regardent leurs conneries à la Télé.

Ils se moquent de se qui se passent en dehors de leurs petits souliers.
Je dis les gens mais beaucoup se battent, or beaucoup ne bronchent pas. Ils ont des crédits sur le dos, une baraque, et des enfants à nourrir et ne connaissent pas leur droits fondamentaux.

 

image via www.flickr.com

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