Bref, j’aime bien bosser, mais bosser bien.

Perso je suis étudiant, je dois bosser pour pouvoir m’en sortir. Je suis donc prof d’escalade, et depuis quelques temps on me force à accepter des heures sup, toujours plus, toujours plus. Je fais actuellement 42h/semaine (plus quelques fermetures tard le soir une ou deux fois comme ça en passant). Autant vous dire que je ne vais plus beaucoup à la fac.
La raison de cette acceptation : « Fermes ta gueule sinon c’est la porte et on trouvera bien quelqu’un qui sera content d’avoir ton poste« . N’ayant pas les moyens de me passer de cet emploi dont l’activité me plaît (faire faire du sport à des gamins c’est super cool) car je n’ai pas la capacité physique de ne pas manger, j’accepte ces conditions.

J’ai toujours aimé me donner à fond dans tout ce que je fais, mais là ce n’est plus possible.
Pas plus tard que hier, j’ai failli tomber de fatigue alors que j’étais en train d’animer une séance devant des gamins de 8-12ans. La semaine dernière, faute d’inattention de ma part : un gamin part sur une voie d’escalade sans avoir vérifié que son matériel était bien fermé (je dois veiller à ce qu’ils soient toujours en sécurité).

Le mois dernier, un collègue s’est blessé. Le patron à estimé que sa blessure résultait d’un manque d’attention de la part de mon collègue et avait mis en danger les élèves de son cours. Le collègue un peu énervé lui a promis une balayette laser si il n’avait pas ses soins pris en charge par la boîte. Faute Grave, au suivant, et voilà un collègue tout neuf et tout frais.

Bref, j’aime bien bosser, mais bosser bien. Je ne garantis plus la première de mes missions : la sécurité des enfants que j’encadre. Je ne me sens plus bien dans cette course aux heures. On se bourre entre collègues pour savoir qui aura les heures sup, qui sera le plus beau aux yeux du patron, qui sera encore présent le mois prochain…
Mon travail ce n’est pas de tailler des pipes à un patron, c’est de faire s’éclater des mômes sur un mur d’escalade. J’ai l’impression d’être revenu au début du XIXème siècle.

Pour ne plus que ça continue et que ça s’aggrave encore montrons leur la merde d’en bas. Comme disait Coluche  » j’voudrais qu’on remue la merde, et que l’odeur monte jusqu’au nez des mecs qui dirigent et qu’au lieu d’être tournés vers l’extérieur du pays, ils se tournent un peu vers l’intérieur et qu’ils disent : « qu’est-ce qu’il y a ? qu’est ce qu’il se passe ? qu’est-ce qu’ils ont cela ? Ah merde, on leur prend tout leur pognon ! Ah ouais faudrait peut être leur en laisser un peu.. »

> image via flickr

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