Passer 10h auprès de personnes fragiles et dépendantes, […] me transforme peu à peu en l’aide soignante que je ne voulais pas devenir.

On vaut mieux qu’un planning dit 3-2 avec des journées de 12h dont 10 travaillées sous prétexte que c’est le fonctionnement le plus économe en personnels.

Passer 10h auprès de personnes fragiles et dépendantes, atteintes de la pathologie d’Alzheimer ou non, me transforme peu à peu en l’aide soignante que je ne voulais pas devenir.

Passer 7h auprès d’eux ma patience s’étiole, mes capacités physiques diminuent et mes capacités d’attention suivent le reste. Malgré tout je dois continuer à être efficace et bien-traitante. Ce n’est pas possible et il m’arrive d’avoir des manquements, manquements qui me poursuivent la nuit, me réveillent et m’épuisent. Du coup je reprends le travail sans avoir eu le repos nécessaire entre les deux.

Je n’évoque pas la vie de famille qui devient un joli rêve inaccessible. Difficile de rester concentrée sur une conversation ou les jeux du petit quand le travail prend le dessus.

Je vaut mieux que ça, les soignants du privés comme du public valent mieux que ça, les personnes qu’on nous confie valent mieux que ça.

 

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