« Le matin tu te lèves la boule au ventre et le soir, tu préfères boire pour oublier ta journée »

Quand t’as fait un service civique parce que tu trouves aucun boulot et que dans ce même service civique, ton boss te file le boulot de 4 personnes, qu’on te lâche des coups de pression et qu’il t’a même dit d’aller travailler le dimanche dans les bureaux pour finir ton boulot.

Quand suite à ça, on te fait passer pour un fainéant parce que t’en peux plus parce que le boulot est « simple », que le matin tu te lèves la boule au ventre et le soir, tu préfères boire pour oublier ta journée.

Quand pôle emploi te propose un stage de découverte, que tu fais 35h/semaine en faisant quasiment le même boulot qu’un employé, et que tu t’aperçois que la boite enchaîne les stagiaires sur le planning pour de la main d’œuvre gratuite et qu’on te dit pas un seul merci à la fin, pas un seul centime d’offert et bien sûr, aucune nouvelle quant à ma demande d’apprentissage (alors qu’il m’a bien demandé de bosser le plus dur possible pour lui montrer mes preuves alors que dans sa tête, c’était déjà mort).

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3 thoughts on “« Le matin tu te lèves la boule au ventre et le soir, tu préfères boire pour oublier ta journée »

  1. Un conseil : fuyez ce qui est « service civique » (= quasi le montant du rsa, mais en travaillant et sans le moindre droit : il fallait oser le créer !), fuyez ce qui est stage, encore plus si celui-ci est « non rémunéré ». Un stage doit seulement s’insérer dans un parcours scolaire ou étudiant, sinon cela ne vaut rien si cette expérience se retrouve « isolée » sur un CV.

    Personnellement, en matière d’emploi, je n’ai jamais perdu de temps à postuler à des offres « à la con ».
    Je situe le minimum syndical à : CDD > 1 an à temps plein, pas de déplacements à tire-larigot ni de frais sournois ; et j’ai privilégié les entreprises conséquentes où il y a encore des avantages. Bosser : oui mais pas à n’importe quel prix.

    D’expérience, tout ce qui se situe en dessous de ce que je viens d’édicter précédemment, ça ne vaut rien, et vous perdez plus de droits qu’autre chose (CMU, APL…).

  2. Je ne suis pas d’accord avec le précédent commentaire. Le service civique peut-être un bon début, mais comme pour tous les autres types de contrats, il dépend de sur quelle structure tu tombes…

    Pour ma part j’ai commencé ma carrière pro par un VCAT (Volontariat Civil à l’Aide Technique, qui est l’ancêtre du Service Civil), ou je me suis retrouvé 14 mois sur une ile sub-antarctique, payé 900€ par mois, nourri logé et blanchi. Et bien ce fut l’expérience pro la plus passionnante de ma vie, et pourtant j’ai fait bien d’autres trucs sympas après.

    Comme quoi, il n’y a pas qu’un soucis de loi, mais aussi de mentalité des employeurs.

    1. Bonjour Jean-Pierre, je comprends votre réponse.

      J’ai des connaissances, dont un qui a occupé « un emploi jeune », sous les années Jospin, dans la gendarmerie et qui y fait actuellement carrière ; donc comme quoi le dispositif n’était pas forcément mauvais en soi.

      Si mon point de vue peut paraître extrême et définitif, c’est d’ailleurs que la réponse apparait dans la fin de votre dernier commentaire : « mais aussi de mentalité des employeurs » ; et c’est bien là le nœud du problème d’une part, celle-ci étant de plus en plus exécrable du fait de la poursuite du déclin de notre système économique basé sur « la croissance ». Or voici les chiffres :
      -2012 (0.2% de croissance)
      -2013 (0.6%)
      -2014 (0.6%)
      -2015 (1.3%) malgré « l’alignement des planètes » (€ faible, pétrole à 40$, taux d’intérêt au plus bas historique),
      contre 3.9% de croissance en 2000 ; et sachant que la population française augmente de 1% annuellement, donc même avec une répartition égalitaire de la croissance, ce qui n’est pas le cas, nous assistons à un appauvrissement, car la croissance ne suit pas.

      C’est cet état de fait qui poussent les employeurs (privés, publics, associatifs) à se comporter de la sorte, leurs survies sociales en dépendant.

      Quant au milieu associatif, on peut constater que la plupart vivent de subventions, et sont dans « la main » de ceux qui les versent (« la main du dessous obéit toujours à celle du dessus »), d’où des situations d’exploitation dans un nombre non négligeables d’entre elles, même si beaucoup survivent et tentent de faire au mieux leurs missions face à la pression des « payeurs » publics, et tentent de respecter les jeunes opérant dans leurs structures.

      Quant au service civique, il entre bien dans une logique déflationniste des dispositifs d’aides, à l’instar du RSA (=RMI moins avantageux).
      En service civique, sauf peut-être si celui-ci est exercé à l’étranger, vous n’êtes ni logé, ni nourri, ni blanchi, et pour 550€ mensuel comme traitement ; le tout dans un contexte constitué des données factuelles que je viens d’énumérer ci-dessus, cela me rend méfiant vis à vis du dispositif.

      Je m’attache beaucoup au contexte, et je maintiens qu’un dispositif type « emploi jeune » dans les années 98-2000 où la croissance oscille entre 3 et 3.9% et le « service civique » (déjà déflationniste comparé à ses prédécesseurs) dans des années de croissance à 0.2-0.6-1.3% ne donneront pas les mêmes résultats…

      « C’est la vérité qui est cruelle » disait Robespierre, et il avait bien raison.

      D’autant qu’il y a une autre implication future qu’on sent poindre et qui n’est pas négligeable : instituer comme norme le montant du RSA comme revenu minimum mais d’un travail. Voilà ce qui me fait surtout peur, et on en prend le chemin entre la stigmatisation des démunis, le bénévolat obligatoire contre le rsa dans le Haut Rhin ; voilà dans quoi le service civique s’insère.

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