« Virée en 48h ! »

Il y a quelques années, j’avais trouvé un boulot que j’aimais beaucoup. Un jour, j’ai été convoqué par mon directeur pour m’informer qu’il ne souhaitait plus que je travaille pour l’association (en toile de fond une mésentente entre l’administratrice et moi) et m’a mis d’emblée devant un choix à vomir : « soit tu signes la rupture conventionnelle de contrat qu’on a préparé, soit on te licencie pour faute ».

Je suis tombée des nues, et à ma question « quelle faute ? », on m’a répondu que je le saurais seulement si je choisissais cette option, par ailleurs tout à fait dommageable pour moi, a-t-on tenu à me préciser. Surtout qu’en choisissant la rupture conventionnelle, on me faisait une « fleur », en me proposant 2 mois de salaire, qui remplaçaient en fait les 2 mois de préavis en cas de licenciement, mais tout ça en restant chez moi. Ensuite on m’a invité à partir et à donner ma réponse le lendemain.

A la fois désemparée et en colère, j’ai contacté un syndicat pour avoir un conseil sur le choix à faire. Sur le coup, par fierté, par défi, je n’avais pas envie d’accepter une rupture de contrat, mais fallait-il m’engager dans une procédure qui allait me coûter certainement beaucoup d’énergie et d’emmerdes (financières notamment) ? Le syndicat m’a déconseillé d’attaquer (j’avais à peine plus d’un an de contrat derrière moi). Alors le lendemain, j’ai négocié 1 mois de salaire en plus des deux proposés (accepté fissa), j’ai signé sa putain de rupture conventionnelle, antidatée, pour éviter les 15 jours légaux de rétractation (ils n’avaient peur de rien !). J’ai pris mes petites affaires et ai quitté définitivement mon boulot.

Virée en 48h ! Je n’avais jamais imaginé ça possible. Je me souviens bien de son petit air condescendant sur le pas de la porte : « Bonne chance pour la suite, S ». Connard ouais ! Je me croyais forte mais j’ai bien ramé après. Au niveau de l’estime de soi c’est radical, on descend aux plus bas étages, et pour trouver du boulot, ça aide pas.

Pour l’anecdote, j’ai appris une bonne année plus tard, que mon cher ex-directeur se tapait l’administratrice avec qui je ne m’entendais pas très bien. Quelque part ça m’a un peu rassuré de savoir que je n’avais pas été virée pour me compétences mais juste pour une histoire de cul.

En tous cas, ç’a été une expérience vraiment traumatisante pour moi. Et je valais mieux que ça.

 

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