Quand le monde du travail nous oblige à l’indépendance.

Le monde du travail est cruel, et il est difficile d’y rentrer. Si bien qu’il nous oblige à nous mettre un statut d’indépendant, précaire, sans revenu pendant les premières années, à payer des cotisations sur des sommes minimes qu’on préfère tout de même déclarer…
Je suis indépendante. Par choix, et par nécessité. Je ne me suis jamais fait d’illusion sur le monde du travail, et pourtant sortant des études je n’avais jamais trouvé de boulot. J’ai une santé qui fait que j’attrape tout ce qui passe, les périodes hivernales, je les passe plus souvent chez le médecin. Avec ces conditions je savais qu’un employeur allait vite me jeter. En plus je suis migraineuse. Qu’est-ce qu’on peut faire de moi ?
Je me suis donc mise en indépendante. Pas de soucis de santé qui m’empêche de travailler, et je gère mes horaires ! En plus je fais ce qu’il me plait ! Illustratrice et artisan je travaille à mon rythme et je choisi mes sujets. Le rêve a première vue ! D’ailleurs tout le monde me le dit que j’ai fait un super choix, que j’avais de la chance. Mais on ne vit pas d’un rêve en sortant des études. On gagne très mal sa vie… Sans compter les clients qui « ne veulent pas payer pour un dessin », ou les contrats qui n’aboutissent jamais parce que je dois être trop cher… la communication, l’illustration, ou des créations artisanales c’est du temps, beaucoup de temps donc ça coute cher….
Mes parents ont longtemps rejetés mes choix, pourquoi je me suis mise dans une situation de précarité alors que j’aurais pu avoir la sécurité d’un emploi. Pourquoi je me suis bloquée toutes les chances de faire ma vie comme je le voulais, avec des achats immobiliers tout ça ? Car oui, la petite maison dont je rêve tant je sais qu’aujourd’hui avec les restrictions pour obtenir un prêt je ne l’aurais jamais… Et pour cause…
Mon compagnon aussi est indépendant. Lui ça a été une obligation. Après avoir trimé pour retrouver un emploi alors que sa période de chômage se terminait et qu’on n’allait plus rien toucher pour payer un loyer, il a enfin trouvé une opportunité auprès d’une agence immobilière… Surprise, même dans ce domaine il n’y a plus de CDI ou de CDD, mais que des contrats en indépendant. Les débuts sont dur, on lui a dit «  Tu ne toucheras rien avant au moins six mois, sur les contrats que tu rentreras ça prend du temps ! » du coup, il cumule avec un contrat à mi-temps auprès de l’éducation nationale, pour qu’on puisse subvenir à nos besoin vitaux.

Nous sommes un couple d’indépendant, coupés de toutes chance de vivre propriétaire et sans devoir surveiller nos finances. Nous survivons plus que nous vivons, et c’est le marché de l’emploi et la mentalité de notre société actuelle qui nous a obligé à ça…

> image via flickr

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