« A ce stade, j’appelle ça de l’esclavage moderne »

J’aimerais faire passer un témoignage assez scandaleux mais je ne peux pas le faire par vidéo, ou du moins n’ose pas, alors j’espère sincèrement qu’il sera entendu ici même si ce n’est que par écrit…

Vous connaissez les conditions dans le monde du cheval ? C’est là où tous les passionnés deviennent écœurés, j’ai deux exemples qui sont le quotidien à vous présenter…

Le premier, on va l’appeler Jean-Claude pour garder l’anonymat. Jean-Claude a plus de 30 ans est palefrenier dans un centre équestre. Sur les papiers, il est à mi-temps, il touche dans les environs de 400 euros par mois et est considéré comme un travailleur handicapé. Mais dans la réalité c’est tout autre… Il travaille de 6h à plus de 21h par semaine et tous les jours, son « logement sur place » est un bungalow qui sert de fourre-tout au club (Une poubelle quoi…) car il ne peut pas se payer un logement, et quand il veut bien dormir il va encore chez sa mère…

Oh oui, il y a une bonne ambiance au boulot, la patronne pour qu’il ne se plaigne pas lui fais un petit cadeau par an (Généralement c’est quelque chose qu’elle a eu gratuit grâce à son statut)… Mais 400€ pour le double d’un temps plein, à faire des fois des nuits entières quand un équidé est malade sans être payé plus, et tout ça sans rien dire, c’est scandaleux !

La deuxième, c’est ma monitrice d’équitation. 27 ans, passionnée, elle fait 7j/7 du 7h-20h voir plus pour être payé au smic. Malade ou pas, elle est responsable des équidés du site et se force à aller au boulot même quand on lui prescrit un arrêt de travail. Il y a quelques semaines, elle a passé 4 mois à travailler toute seule car sa collègue était arrêtée.

Une quarantaine de chevaux à charge, l’entretien des structures, les cours à assurer… Même moi je ne sais pas comment elle fait, tout le monde lui disait de s’arrêter, mais elle ne voulait pas, du moins ne pouvait pas. Alors même sous la pluie avec 39° de fièvre elle ramasse les fumiers. Des fois, je quittais le club à 20h et la voyait préparer son cheval pour le travailler car elle n’a pas eu le temps dans la journée…

Des jours de congés qu’elle n’a pas pu prendre faute de responsabilité et qu’on ne veut pas lui reporter sinon ils seront perdus. Mais si elle part en congé, l’entreprise va mal tourner, et elle le sait. Là où elle travaille, c’est une petite structure qui ne va pas très bien alors la patronne (qu’on ne voit quasiment jamais) ne peut se permettre d’embaucher une personne en plus pour aider.

Il y a trois salariés, les deux monitrices, et la fille de la patronne. Cette dernière travaille à temps plein en tant que secrétaire pour ne bosser que 10h dans la semaine et n’est même pas considérée comme travailleuse handicapée alors qu’elle le devrait. Et le boulot est mal fait, c’est les monitrices qui reprennent la majorité des documents, et les clients qui font eux-même leur factures – ou du moins ceux qui sont honnêtes et qui viennent payer quelque chose car rien n’est vérifié.

Je ne peux même pas tout dire tellement j’ai la rage envers ces conditions de travail, car ce que je vous ai raconté là qui n’est qu’un dixième de la réalité, près de 95% des gens qui travaillent dans les équidés le vivent. Pour moi, le cheval est aussi une passion auquel j’aurais aimé la concilier avec mon travail. Mais dans ces conditions je dis non, je préfère tout arrêter que de travailler dans ce que j’aime et être traiter ainsi. On aimerait tous aimer notre travail.

Mais c’est pas sous le prétexte d’une passion qu’on devrait être traité comme un esclave, car à ce stade, j’appelle ça de l’esclavage moderne.

 

image via www.flickr.com

One thought on “« A ce stade, j’appelle ça de l’esclavage moderne »

  1. Je suis désolée, mais il existe quand même une institution qui se nomme la Direccte, ex Inspection Du Travail des lois sociales et agricoles, auprès de qui ce type d’esclavage doit être dénoncée.c’est ce qui justement, est inscrit dans le code du travail qui nous protège .voilà pourquoi nous nous battons contre le projet el KHOMRI.Alors à quoi ça sert de se battre si nous ne faisons pas valoir nos droits.
    Foncez, et dénoncez au plus vite ce fonctionnement indigne.

    Car pire, c’est ce pauvre homme handicapé qui pourrait avoir des soucis avec la maison du handicap car finalement

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