« Sisyphe avait son rocher, moi j’ai les CVs »

Après l’obtention de mon diplôme, je suis retournée vivre chez mes parents. Par chance, j’ai un papa et une maman adorables. Ils me comprennent et me soutiennent, tant moralement que financièrement. Sans eux, je n’aurai simplement pas de toît car je n’ai aucune aide puisque je n’ai pas assez travaillé.

Mais malgré tout c’est dur de vivre comme un ado à l’âge de 25 ans.  »Vivre comme un ado » n’est même pas la meilleure façon d’exprimer cela. C’est plutôt comme voir sa vie se geler, se pétrifier. C’est difficile d’avoir des envies et de faire des projets lorsque l’on n’a pas de boulot et donc pas d’argent devant soi.

J’ai cherché du travail pendant des mois, je ne compte même plus le nombre de courriers que j’ai envoyé. Sisyphe avait son rocher, moi j’ai les CVs. Je n’ai obtenu qu’un contrat de 4 jours et depuis plus rien. J’ai continué l’envoi de CVs jusqu’à ce que ça n’ait plus de sens.

Voilà maintenant 3 jours que j’ai quitté la France. Plutôt que de rester et attendre, attendre, attendre… un travail qui ne viendra pas, j’ai préféré partir pour l’Irlande. Je bosse dans une ferme où je ne suis pas payée mais où je suis nourrie, logée, blanchie (wwoofing). Ce n’est pas une situation viable sur le long terme mais ça me permet de bouger et d’avoir une bonne raison pour porter autre chose qu’un pyjama toute la journée. C’est aussi un bon moyen de décrocher. Rien de tel que les vents d’Irlande pour remettre les idées en place.

Je rentre en France dans 5 mois et j’appréhende déjà mon retour. Je sais que tout va recommencer: le pyjama et les CVs…

 

image via www.flickr.com

2 thoughts on “« Sisyphe avait son rocher, moi j’ai les CVs »

  1. C’est tellement ça.
    L’éternel recommencement, l’impression de fatalité.
    Je vous envie votre bouffée d’air en Irlande. J’ai le même âge que vous, mais chargée de famille, alors je ne peux me permettre aucun répit, aucune parenthèse. Je suis soumise à une activité saisonnière, alors chaque année, c’est le même combat ; trouver à tout prix un contrat pour la saison, argumenter, se battre pour l’étirer au maximum, faire des journées interminables tout l’été, week end et jours fériés compris, ne pas voir mes enfants de toute les vacances, tout ça pour survivre à la saison basse où il n’y a plus de contrat, où on vit sur les maigres réserves accumulées l’été, où on prie pour ne pas avoir d’imprévu qui ruinerait tous les efforts de l’été, et continuer d’envoyer cv par dizaines, et s’entendre dire qu’on « se la coule douce en travaillant -que- 3-4 mois par an ».
    La dépression guette, le découragement, les désillusions. J’ai 25 ans, je me sens vieille, usée.

  2. Bonjour,
    Lorsque la réalité devient grotesque, je me réfugie dans la fiction des livres.
    Qui me rappelle que pendant un temps les choses avaient du sens.
    Ne perdez pas courage et tirez leurs la langue.
    A dur dur et demi !
    amicalement

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