Vis ma vie de stagiaire dans l’audiovisuel

Au début je me disais que mon vécu au travail était pas si terrible, pas si important que ça face à toute la tristesse que j’ai pu lire et d’autres conditions de travail aussi ignobles les unes que les autres mais j’avais quand même envie de mettre en lumière le monde de l’audiovisuel en avant car j’ai fait trois stages dans plusieurs boîte de production et cela m’a suffit à changer d’orientation tellement cela m’a dégoutée.

Déja étudiante en réalisation (cinéma) j’ai été confrontée au sexisme ordinaire : on m’a dit mot pour mot « Tu ne pourras jamais être réalisatrice parce que t’es une nana et que ton scénario c’est de la mièvrerie girly » de la part de mes camarades masculins. En stage on arrêtait pas de me renvoyer à mon genre « Les femmes réussissent mieux en tant qu’actrices mais toi tu es pas très mince donc tu fais bien de passer derrière la caméra même si tu n’as aucune chance dans ce milieu » . Donc je résume : grossophobie, sexisme et anti-jeunes.

J’ai été stagiaire dans une grosse boite de prod, nous étions trois stagiaires on devait faire la bouffe et les courses pour la régie et l’espace cuisine de la boite. Quand ce n’était pas les courses, on devait porter du matos extrémement lourd à tous les coins de Paris et banlieue avec  aucun moyen de transport à part nos jambes et le métro (quand il allait jusque la) je me suis pétée le dos sans broncher et je parle de 30/49 kilos de matériel pas la petite valise qui contiendrait un 5D.

Deuxiéme stage : petite boite, trois stagiaires, nous étions trois nanas et on nous mettait en compétition en permanence. « C. est restée jusqu’a 23h hier vous devriez en prendre de la graine les autres » et C se faisait appeler « Ma belle, ma chérie » etc… C’était épuisant. Un producteur se moquait de moi en permanence et mon stage n’était évidemment pas rémunéré.

Troisième stage de 6 mois, rémunéré mais horaires interminables j’ai même du dormir au bureau une fois car plus de train pour rentrer chez moi. Pour moi c’était le monde de la production et c’était comme ça donc je m’y pliais mais on m’a vite encore prit pour la bonniche : j’ai du faire le shopping de toutes les figurantes d’un clip et je n’ai pas été totalement remboursée sur l’argent que j’ai du avancer (avec un salaire net de 300 euros j’ai pas très bien joindre les deux bouts après), j’ai du monter les meubles des nouveaux locaux après avoir été envoyée chez Ikea car ils ne voulaient pas attendre la livraison deux jours plus tard, bref que des choses comme ça, c’était épuisant et je n’ai rien apprit. J’ai fini par être dégoutée de ma plus grande passion et j’ai finalement abandonné ce monde qui m’a horrifié.

Merci de m’avoir lue, aujourd’hui je continue mes études dans un autre domaine (le web !) qui me respecte et me plait davantage et j’ai retrouvé gout au cinéma 🙂

Merci de nous avoir donné la possibilité de parler et de délier les langues des jeunes et des travailleurs. On n’arrête pas de débattre dans les bars et soirées et honnêtement ca me manquait d’avoir une conscience politique et c’est grâce à vous.

Belle journée <3

> image d’entête via Flickr

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