Un peu d’espoir…

Un peu d’espoir… Voilà comment j’aimerais que commence et finisse ce témoignage… Parce qu’en lisant toutes ces histoires, j’ai eu envie de vous faire partager la mienne, Enfant,déjà je sentais que quelque chose clochait. Pourtant qui l’eut cru ! Première de la classe, vive d’esprit, toujours un temps d’avance… Pour tout le monde mon avenir était assuré : « elle est brillante , elle ira loin« . S’ils avaient su à quel point je me fichais de tout ça! Moi je voyais déjà l’hypocrisie, l’injustice ( je crois que c’était le plus terrible pour moi) , le mensonge, la perversion, l’envie de pouvoir, les failles de chacun qu’on cherche à cacher par tout un tas de mécanismes…Alors j’ai vu un psy , j’avais 8 ou 9 ans la première fois. Parce que je faisait peur à ma mère avec toutes mes questions existentielles. Voilà, parait que j’étais une enfant hypersensible. C’était pas toujours facile à l’école, mais j’ai appris à vivre avec, j’arrivais même à me positionner face à mes profs qui voulaient à tout prix que je fasse de grandes études. « Faut réussir dans la vie« . Un BTS? quel dommage, tu pourrais faire tellement mieux! Mais moi je savais bien intuitivement que c’était pas les études ou ton degré de culture qui rendait heureux. J’ai donc fait ce BTS, enfin j’ai surtout fait la fête. Je l’ai eu haut la main, alors on m’a poussé à faire une licence. J’ai dit non et je suis parti à l’étranger presque un an, parce que je trouvais ça génial de parler une autre langue… et puis aussi avons le, parce que j’avais pas envie de travailler vraiment. J’avais à peine 20 ans et j’étais déjà presque dégoutée du monde des « adultes » et du travail. Ben oui, dès mes 17 ans j’ai commencé à faire des saisons (snack bar, tourisme…) et à travailler le week end pour payer permis et voiture. Et là j’ai très vite compris qu’hypersensibilité et monde du travail était incompatible. Pourtant tout le monde appréciait mon professionnalisme.Mais moi je savais que j’étais inapte à travailler pour quelqu’un. J’étais libre et sensible , mauvaise combinaison!!! Mais il fallait manger et payer ses factures. A mon retour en France, j’ai donc travaillé. J’ai fait tout plein de choses, j’avais une capacité d’adaptation qui me permettait d’évoluer assez vite. Mais toujours ces questions existentielles qui en vagues de fond faisaient des va et vient dans ma caboche : quel est le sens de la vie ? de MA vie? je bosse comme une dingue pour un SMIC (on a beau être content de nous, c’est pas pour autant qu’on est mieux payé hein!), on m’impose des choses qu’on ne tient pas soi même (on en à tous eu des patrons comme ça n’est ce pas?), il faut se rendre disponible et faire du zèle, ne pas choisir ses dates de congés, accepter les reproches sans broncher (par contre quand on fait bien ça on nous le dit jamais), s’occuper du chien du patron, se voir refuser une augmentation alors que le voyage privé est payé par la société, voir passer les notes de frais et manquer de s’étrangler. Comme beaucoup, j’ai aussi connu le mensonge, l’humiliation, le harcèlement etc Alors par deux fois j’ai démissionné. Et puis j’ai décidé d’écouter les petites voix dans ma tête que je repoussais depuis que j’étais gamine. J’avais si peur de me réveiller un matin et me dire « putain, j’ai raté ma vie« . Et là, faut être prêt à se regarder en face. A se prendre des claques. A se rendre compte que la vie c’est pas ça. A accepter qu’on est malheureux et qu’on a le DROIT d’être malheureux dans ce système de fou. Le voyage avait commencé. C’est le plus beau voyage que je n’ai jamais fait : celui de marcher vers soi. J’ai appris à m’écouter et à me respecter. Dorénavant je suis responsable de ma vie. C’est dur, on est pas habitué à redresser l’échine et à dire MERDE. Pourtant on arrive seul sur cette terre et on repart seul. La personne la plus importante au monde c’est nous même.

Alors j’ai fait ce que j’ai toujours voulu faire: travailler pour moi, dans la nature, créer. J’ai repris l’école pour obtenir un diplôme agricole. J’ai 28 ans, pas de maison, pas d’enfants… mais un magnifique projet qui me porte. Et aujourd’hui mon hypersensibilité est devenue une force. Je travaille sur une exploitation agricole depuis le début de l’année pour une reprise après un départ en retraite. On y fait de la polyculture, de l’élevage d’abeilles et de la transformation. On travaille comme des fous ( moi qui était toujours fatiguée en allant au bureau, je me surprend ici ! tout est question de motivation c’est dingue!). J’ai aujourd’hui retrouvé la confiance que j’avais perdu. Je veux apporter de l’espoir , semer une petite graine dans le cœur de ceux qui souffrent aujourd’hui dans leur travail. Parce qu’on vaux mieux que ces péteux du gouvernement complètement coupés de la vraie vie, mieux que ces p’tits et grands chefs qui assouvissent leur soif de pouvoir, mieux que ces financiers qui s’engraissent comme des cochons sur la misère des gens, mieux que ces je-sais-tout qui brisent nos rêves. Hé vous la haut ,sachez que vous n’avez pas tuer toute la jeunesse ! En chacun de nous se cache une petite flamme de liberté, accrochez vous à elle et à vos rêves, ne les laisser pas vous mettre à terre. Soyez des rebelles. Le chemin est long mais ça en vaut la chandelle.

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8 thoughts on “Un peu d’espoir…

  1. Bonjour,
    heu comment dire, je te conseille vivement de faire un test de QI chez un psy.
    Ou bien de lire « je pense trop de peticolin » ou « petit guide a l usage des gens intelligents qui se trouvent pas trés doué » de millétre.
    En effet au vu de ton témoignage, tu me fais furieusement penser à moi il y a quelques années. Le coté je me pose trop de question existentielle a 8ans, et la faculté de s’adapter.
    Moi j’ai découvert à 38 ans que j’été Haut Potentiel Intellectuel, j’ai pris la claque de ma vie et d’un coup j’ai compris le pourquoi du comment de mon mal etre existential.

    1. En effet, comme vous j’ai lu « Je pense trop » et ça été une révélation ! Beaucoup de choses s’éclairent, c’est fou ! C’est à la fois soulageant et effrayant parce que même en détenant les clés pour se comprendre et s’accepter, le monde dans lequel on vit n’est pas adapté pour des personnes comme nous. Je me sentirai toujours extraterrestre et incomprise. Le mieux est donc de lâcher prise mais… c’est un énorme travail !

  2. Très beau témoignage qui redonne le sourire ! Qui m’a touché aussi parce que je me reconnais complètement ! J’ai un parcours un peu similaire sur certains points mais surtout une personnalité semblable de prime abord et une envie folle, pressante et vitale que de trouver ma voie pour travailler pour moi. C’est toujours rassurant de lire ce genre de choses qui nous font nous sentir moins seul(e)s. Même si au fond on le sait que nous avons des semblables. Mais c’est toujours bon de s’en rappeler 🙂
    Il faut se rendre à l’évidence : toutes les personnalités ne sont pas compatibles avec le milieu du travail « classique », mais les « cerveaux gauches » (les gens qui se rangent dans la catégorie logique, pragmatique, « mathématique » de la vie, qui se rangent du côté de la raison, etc…) sont en nette majorité dans ce monde et donc ne comprennent ni n’admettent que d’autres personnalités puissent exister, être à l’opposé de la leur et se sentir mal, voire très mal, si elles suivent le schéma standard du travail.
    Bravo pour ton projet qui j’espère mettra une claque à tous ceux qui n’ont pas cru en toi, qui n’ont pas cherché à te comprendre et qui voulaient absolument te ranger dans une case. Rester debout le poing levé (sans pour autant parler de révolution au sens propre du terme) est parfois (ou souvent) douloureux, et cela peut finir par nous détruire ou nous faire rentrer dans la fameuse case, alors j’applaudis les personnes comme toi qui suivent leur(s) rêve(s) coûte que coûte !

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