Lettre d’un putain d’assisté

Par où commencer ? J’ai mis du temps avant de me décider, mais j’ai tellement de choses à dire, et y mettre un semblant d’ordre et de cohérence semble impossible. Je souhaite pourtant contribuer au mouvement #OnVautMieuxQueCa, parce qu’il n’y a pas que les salariés qui souffrent. Les exclus, les laissés pour compte ont aussi un mot à dire sur ce projet de loi, et sur la vie qu’ils mènent en général, afin que d’autres ne subissent pas la torture que nous vivons chaque jour. La rancœur qui aujourd’hui m’habite, cette même frustration que partage bon nombre de gens dans ma situation, est en train de nous détruire tous. Cette lettre, c’est mon exutoire, je déballe tout. J’en peux plus, mais ça aura le mérite de soulager quelque peu mon mal-être.

Comment vivre sachant qu’on est un parasite à cette société qui nous marginalise et qui, en plus, nous fait culpabiliser sans scrupule. « T’as pas de boulot, t’es un putain d’assisté ». Oui peut-être, mais c’est ta société qui m’y a contraint. La seule chose qui m’empêche de véritablement franchir le pas, c’est mon fils. Je ne veux pas qu’il grandisse sans son père. Ma vie, d’ailleurs, est un enchevêtrement d’échecs, de mauvais choix, de malchance, mais surtout, ma vie aurait pu être différente si l’État nous reconnaissait véritablement comme individus humains nés en son sein, et pas comme de simples machines à faire du fric. Elle aurait pu être différente si vraiment on se préoccupait de moi, savoir si je vais bien (non), ou si j’ai besoin d’aide (oui), tout le monde se fout de tout le monde aujourd’hui, chacun sa merde comme on dit…

Je vais vous en faire un « bref » condensé. J’habite dans le Tarn, j’ai 33 ans, de mère pied noire et de père naturalisé, portugais de naissance, décédé en 2014 du cancer. Il a travaillé toute sa vie, et a fait faire, de ce fait, de bonnes économies à la caisse de retraite en décédant avant l’ouverture de ses droits. Seule ma mère, le temps de leur mariage, a droit à un petit quelque chose, encore heureux… Comme c’est pratique ce cancer qui tue énormément de gens tous les ans… J’ai d’ailleurs pas souvenir qu’un seul membre de ma famille ne soit mort de vieillesse, à la seule exception peut-être de mon grand-père paternel, qui s’est éteint dans son sommeil, mais qui était malade…

J’ai eu une enfance que je considère plutôt heureuse, et j’ai été élevé dans le respect de mon prochain. Mes parents ont divorcé quand j’avais 10 ans, à l’entrée du collège donc. Je l’ai mal vécu, comme tout enfant de divorcés je suppose, et ma motivation à commencer à diminuer à ce moment-là, sans compter les quelques brimades que je subissais du fait de mon embonpoint, ou de mes origines, qui y ont peut-être plus contribuées que la séparation de mes parents.

J’ai donc passé mes années de scolarité en étant l’élève le plus moyen de la planète, jusqu’au bac, obtenu sans difficulté aucune, sans même avoir travaillé, j’étais même juste à un tout petit point de la mention. J’avais des facilités, que je n’ai pas exploitées, et on ne m’a d’ailleurs jamais encouragé pour.
Je passe rapidement sur mon désastreux semestre de BTS comptabilité en 2001, où on m’a gentiment mis de côté, du fait que je venais d’un cursus informatique ( c’est ma grande passion ça, l’informatique ), alors que je souhaitais ardemment récupérer mon retard, en vain car personne ne m’y a aidé, et internet n’était pas encore ce qu’il est aujourd’hui. S’en sont suivis absentéisme et, fatalement, passage chez la conseillère d’éducation (lol) qui m’avait expressément demandé de consulter… Un comble, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, et ce fut ma première démission.
Et là, la joie de l’entrée dans la « vie active ». La joie… Je n’ai jamais pris une claque aussi grosse de toute ma vie. La réalité qui te tombe en plein dans la gueule quand tu cherches dans l’informatique et que tu n’as qu’un bac qui, déjà à cette époque, était bien insuffisant… Le BTS informatique me direz-vous ? A Toulouse, 70km de là où j’habite, et surtout une peur panique des grandes villes. C’est la raison pour laquelle j’ai jamais pu trouver de travail durable dans l’informatique d’ailleurs, parce que dans le Tarn, c’est bien bouché, même si ça tend de plus en plus à se restreindre. C’est déjà trop tard de toute façon, j’ai plus de trous dans mon cv que dans le jardin du père de ma compagne qui est infesté de taupes, et ça, c’est fatal dans un entretien…

Parlons dans un premier temps d’expériences professionnelles. Mon premier job, en salaison via un contrat intérimaire. J’étais déjà pas sportif à l’école, donc pendre des jambons sur des râteliers en chaine de froid, pendant 8 heures, ça m’a vacciné contre le travail à la chaine. J’ai fait ma journée, ait démissionné, puis j’ai dormi pendant deux jours, littéralement. Premier job, déjà black listé de la boite d’intérim…
Sur les autres années se sont suivis jobs sans lendemain, du saisonnier dans le tabac jusqu’au magasinage dans une société de pièces automobiles. Je n’ai pas le souvenir d’un job où je m’entendais avec les supérieurs, ça a été chaque fois à la limite du catastrophique. On m’en demandait toujours plus, ou me faisait faire des tâches qui n’avaient rien à voir avec ce qui était prévu dans mes contrats, comme de la peinture en plein contrat de livreur magasinier par exemple, j’avais jamais fait de peinture, j’ai pris un soufflon pour avoir tout foiré, pas faute de le leur avoir dit…
J’ai même bossé 15 jours dans la célèbre chaine de restauration américaine en tant qu’employé polyvalent de caisse. Quelle expérience… 15 jours à vider toutes les poubelles, réapprovisionner les étals, balayer la salle et la terrasse et servir les clients, bien entendu. 15 jours à suer sang et eau, à effectuer toutes les tâches ingrates parce que les autres ne voulaient pas les faire (c’est le boulot des nouveaux d’après eux), et trouver quand même le temps de servir les clients.

Quelle joie ça a été d’avoir le gérant qui m’a pris à part, m’a engueulé parce qu’en une demi-heure la veille je n’avais servi que deux clients, alors que je courais partout pour nettoyer son restaurant, parce que les autres ne le faisaient pas… La lettre de démission a été salée, j’ai tout déballé sur la feignasserie des autres, j’avais la rage. Elle a fait le tour des équipiers d’ailleurs, beaucoup ont fait la gueule, mais je m’en foutais, j’étais libéré.

J’ai même essayé la maçonnerie, 9 mois dans l’entreprise de mon beau père, en contrat CNE… A la fin, il ne pouvait plus me payer, pas assez de boulot, dommage. Mais la maçonnerie, c’était pas non plus pour moi, j’ai bien constaté que je ne n’étais pas assez physique pour ce genre de boulot, et que j’étais une charge supplémentaire pour lui plutôt qu’un atout.
Mon dernier job en date, dans l’informatique. ENFIN ! Bon, quand le patron m’a regardé de bas en haut pour me dire que c’était un boulot ou fallait activer, j’avais bien compris que serait pas facile de décrocher le job, il a quand même cédé à mes suppliques, parce que j’ai été jusqu’à le supplier pour bosser…

J’étais donc chargé du déploiement des nouveaux matériels dans une grande banque privée nationale pendant 4 mois dans les départements du Tarn (81) et Tarn-et-Garonne (82), soient environ 100 agences, et 1000 postes ( en 4 mois… ), de la manutention donc, parce que la partie informatique du boulot était très succincte…

Mes journées ? Levé 4h30 le matin, afin de faire le trajet en camionnette avec mon collègue pour être à 8h en agence, pour les plus éloignées, sinon levé à 5 heures, trajets non payés, heures supplémentaires non plus, du moins jusqu’à ce qu’on s’en rende compte à la première paye, mais j’y reviendrai après.
Nous devions alors remplacer toutes les tours, écrans, claviers, souris, imprimantes, scanners de TOUS les postes de travail ainsi que le serveur, je vous laisse imaginer la charge de travail en manutention, sachant que certaines des plus grosses agences comptaient une 40aine de postes sur 2 ou 3 étages…
Nous devions aussi configurer chaque poste et serveur en vue de la migration de Windows XP à 7 et ce, à raison d’une à deux agences par jour, en fonction de la taille de celles-ci, et, le cas échéant, nous devions aussi jouer les techniciens de maintenance (je m’en foutais , j’adore ça ) en cas de panne ou de bug.
Puis, ceci fait, nous devions récupérer l’ancien matériel (double charge de manutention donc) et rentrer au siège pour stocker ce fameux vieux matériel dans un entrepôt (écrans cathodiques, tours et imprimantes qui pèsent un âne mort…).
Pour finir, nous devions préparer les agences du lendemain en chargeant le camion… Tant et si bien qu’il nous arrivait de rentrer à 19 h le soir assez régulièrement, pour repartir à 5 h le lendemain… Je vous laisse imaginer le degré de fatigue, sans parler des conditions de travail avec les employés de banque, que nous devions aussi former, pour les quelques réfractaires à l’informatique (un comble dans le monde bancaire) et sachant que certains se sont montrés irritables au possible, heureusement qu’ils n’étaient qu’une minorité dans ce cas-là. Même la maçonnerie m’a été moins pénible, c’est vous dire…
Première fiche de paye, smic, pas d’heure supp payée… Mon collègue a explosé, et heureusement, sinon on aurait subi ça jusqu’au bout, je n’aime pas le conflit, et j’aurais fermé ma gueule… Sous la menace de notre démission, et sachant que former d’autres personnes leur aurait surement coûté plus, ils ont accepté de comptabiliser le trajet en camion dans les heures de travail, ainsi que toutes les heures supplémentaires, et de rattraper ce qu’ils avaient « oublié » sur la prochaine paye, on avait gagné !

Il est à noter d’ailleurs, qu’en un mois de travail, on faisait 35h supplémentaires, une semaine de travail en plus chaque mois, en somme. Du coup, la paye s’en est ressentie, du smic sans heure supp (1 200€ bruts environ si mes souvenirs sont bons), on est passé à plus de 2 200€ nets par mois, c’est dire s’il a bien fait. On en a bavé aussi faut dire, j’ai perdu 15 kg en bossant à cette période (j’ai repris le double depuis), et mon collègue a été arrêté 15 jours avant la fin, dos bloqué, il en pouvait plus le pauvre…

Outre ces quelques contrats, j’ai aussi effectué des formations. Formations… La première, formation AGIR, où il était question de découpages, collages, coloriages, tu parles d’une remise à niveau… J’étais revenu en maternelle. Je ne m’étais jamais senti aussi mal à l’aise, pris pour un demeuré, humilié… J’ai eu beau dire, j’ai dû me plier sous peine de perdre le seul revenu que cela m’apportait à l’époque. J’avais 23 ans, ça m’apportait 330€ / mois, j’étais locataire d’un T2 à 400€ le mois (c’étaient les seuls qui nous avaient acceptés), et ma compagne et moi vivions tous les deux dessus. Heureusement que nous avions les APL, mais même avec ça, nous finissions les mois à manger des biscottes, nature (je déconne pas). Pas 25 ans, donc on ne pouvait prétendre au RMI (ex RSA), c’était très dur… Et personne de mon entourage n’était au courant, j’avais trop de fierté… ou de honte. Cette soi-disant formation m’a quand même apporté 3 stages en vente, de 15 jours chaque, mes meilleures expériences dans le monde du travail, peut-être parce que ça n’était que des stages justement. Ca n’a malheureusement débouché sur rien.
Ma deuxième formation, à l’AFPA ! En tant que Technicien Supérieur en Support Informatique, spécialité réseaux, en 2011. Une formation qui normalement t’amène à être administrateur de réseau informatique, pour moi, c’était la classe.
11 mois de glandouille rémunérée, on ne vit ça qu’une fois. Bien sûr que nous bossions, juste le minimum syndical. Le niveau n’était pas franchement élevé, le niveau de motivation des formateurs non plus d’ailleurs. Le nôtre était très gentil, il doit être retraité à l’heure qu’il est, mais venait presque systématiquement ivre au centre. Il en a bien profité (il n’était pas le seul) quand on faisait des apéros / barbecues dans l’enceinte même du centre, pour vous dire le niveau de « je-m’en-foutisme » de l’AFPA.
Le diplôme ? Reçu haut la main. Presque tout le monde l’a eu, sauf un, je ne sais pas comment il a fait, moi, le jury me soufflait toutes les réponses que je n’avais pas… La politique du chiffre, un taux de réussite exceptionnel, on se demandera pas pourquoi… Surtout qu’au final, je vous le donne en mille, ça n’a débouché sur rien dans ce domaine. Heureusement que l’AFPA est censé suivre et aider ses nouveaux diplômés dans l’obtention d’un emploi. Moi, j’attends toujours.

Je suis tellement résigné. J’ai 33 ans aujourd’hui, et je n’ai que deux ans de cotisation pour la retraite… Autant vous dire que c’est mort à ce stade-là, quand on sait qu’il en faut 40 dans le privé, 30 dans le public. Je pourrais tenter des concours de la fonction publique à la rigueur, il n’est pas encore trop tard, d’ici là, on aura la retraite à 65 ans… Mais j’ai plus de force… Pour quoi faire de toute façon ? J’ai entendu mon voisin râler contre ces putains d’assistés (encore et toujours de notre faute), parce qu’on nous paye tout, alors que sa femme, qui a travaillé toute sa vie, touche 700€ de retraite… Sans déconner… Je comprends mieux sa colère. Le minimum vieillesse, ce que tu touches quand tu cotises pas assez, c’est 600€ par mois. De quoi nous motiver à trimer toute notre vie… Pour info, le seuil de pauvreté, c’est 800€ par personne, ici, en France.

Je pourrais bien vous parler de pôle-emploi, mais ça fait deux ans que les ai pas vus. Même eux n’en ont rien à foutre… De toute façon, chaque fois que je les vois, ils veulent m’envoyer à Toulouse, Montpellier, Paris, ou alors ils me refilent des contrats de chauffeur super poids lourd, alors que je n’ai pas le permis, ou des emplois auxquels je n’ai pas la formation requise… Je les comprends, y’a rien ici, et ils sont de moins en moins nombreux pour toujours plus de chômeurs, et ils ont de plus en plus de mal à convaincre les entreprises aussi…

Je pourrais vous parler des offres auxquelles je tente de postuler, où certains réclament des ingénieurs informaticiens pour le boulot d’un technicien, payé comme un technicien, moins même dans certains cas. Ou de ces offres qui demandent un programmeur pour faire le boulot d’une équipe complète… Ils n’ont, soit aucune notion de l’emploi qu’ils proposent, soit aucun scrupule à essayer de recruter des esclaves, tout ça dans un souci de restreindre un maximum les charges… au détriment de l’employé, pour la gloire du profit…

Bien entendu, pour toutes ces offres, c’est MINIMUM de 2 à 5 ans d’expérience. Jeunes diplômés, passez votre chemin. Je cite : « Mais vous savez, on demande des gens avec expérience ». Ok, TOUT LE MONDE demande des gens avec expérience, mais faut bien commencer quelque part… Ou bien encore la voiture systématiquement réclamée par les intérims, même si tu peux partir bosser en vélo ou en transport en commun… Le serpent se mord la queue.

Où est-ce qu’on va comme ça ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir léguer à mon fils ? De son vivant, mon père était assez réfractaire au fait que j’ai d’autres enfants, il craignait pour l’avenir du pays, pour l’avenir du travail. Mais comme je le comprends… J’ai envie d’avoir d’autres enfants, peut être un ou deux de plus, mais quel genre de pauvre type je serais de procréer de nouveau alors que l’on court à la catastrophe ? Vous voyez où j’en suis en ce moment ? Je vais jusqu’à m’interroger sur le fait d’avoir d’autres enfants… Quelle aliénation, même pour nous, les assistés. Je pourrais en faire d’autres, pour avoir une vie un tantinet plus confortable, comme le font certains, je pourrais toucher les allocs familiales (je n’ai qu’un enfant, je n’y ai donc pas droit), mais je n’ai pas envie de m’abaisser à ça.

Oh, je pourrais tout aussi bien aller voir mon médecin, ça fait longtemps que je l’ai pas vu d’ailleurs, peut-être 3 ou 4 ans, il a même dit à ma compagne « mais il est jamais malade Julien dites donc !» Si, souvent même, mais je ne veux juste pas te voir, peut-être parce que j’ai peur qu’on me trouve une saloperie, alors je préfère faire la sourde oreille. J’ai au moins la joie de dire que je ne contribue pas au trou de la sécu.

Faire constater ma dépression donc, parce que je suis en dépression, mais à quoi bon ? J’ai déjà été médicalisé pour ça. Des dérivés d’héroïne ils m’ont donné, j’ai vérifié, sur la boite, même pas ils se cachent du fait qu’ils nous droguent… J’ai été malade plus encore avec ces médocs que sans en prendre… Complètement shooté toute la journée (période AFPA, c’était pas trop grave encore), et je ne parlerais pas de la libido, avec ou sans médicament, de toute façon, c’est presque le point mort…
La dépression est soi-disant reconnue comme un handicap, et ce serait ouvert à allocations, mais on ne m’en a jamais touché mot, et je n’ai pas envie non plus qu’on me reproche de profiter du système, j’en ai déjà assez avec le fait qu’on me taxe de branleur… J’ai plus goût à rien de toute manière. Je ne vois presque plus personne, je ne ris presque plus, tout est vide de sens…
Voilà où nous en sommes, nous, les assistés. 3 ans que je suis au chômage. Non, je ne peux pas parler de chômage quand je ne touche pas d’allocation chômage. 3 ans d’inactivité donc, et je n’ai même plus envie de chercher un emploi, plus le courage. J’ai juste envie de vivre moi, pourtant… Pas de survivre. Je veux être acteur, pas spectateur. Je n’ai pas besoin de grand-chose pourtant…
Ne croyez pas que nous avons souhaité notre situation, l’Etat nous y a contraint. Il faut que ça change. Laissez-nous travailler, bordel… Laissez-nous avoir une reconnaissance sociale pour ce que nous pourrions, nous aussi, apporter à la société. Je ne veux pas me lancer dans l’entreprenariat sachant que le RSI va tuer mon projet dans l’œuf, y’a qu’à voir le nombre d’autoentrepreneurs dans la maintenance informatique sur Albi aujourd’hui, il reste peut-être un irréductible sur une dizaine l’an dernier, ou alors ils se sont tous mis au black.
ARRETEZ DE SAIGNER LES PETITS ! Ce ne sont pas les petits qui ont de l’argent…
On parle de dette, de cette dette abyssale de la France qui se chiffrerait à hauteur du PIB du pays, soient 2 000 Milliards d’euros. Comment vous, politiciens, avez fait pour en arriver là ? Vous rendez-vous compte que vous remboursez cette somme à ces mêmes idiots que vous avez sauvés de la banqueroute, il y a quelques années ? Non seulement ils ont profité de nous tous jusqu’à la presque faillite de leurs folles entreprises et arnaques, et vous les avez sauvés, mais en plus, ILS NOUS FONT ENCORE PAYER LEURS ERREURS ??? Le beurre, l’argent du beurre, la crémière… Autant distribuer un tube de lubrifiant à toute la population… Et vous voulez en plus faire passer cette loi absurde qui atomiserait à celle seule bon nombre des acquis sociaux du siècle dernier ??? Au bout d’un moment, faudra pas vous étonner de prendre des pavés dans la gueule, ça commence déjà, d’ailleurs… Je ne cautionne pas les casseurs, mais je comprends le ras le bol général.
Vous ne pouvez plus, chers messieurs du gouvernement, continuer impunément à nous entuber, vous ne pouvez plus continuer à faire des courbettes aux plus riches au détriment des plus faibles.
On est dans une société aujourd’hui, où il faut privilégier le partage, où il faut revaloriser le travail, où il faut être juste avec chacun selon sa situation. Il est normal que ceux qui ont un patrimoine indécent en cèdent une partie à ceux qui n’ont rien, ça n’est pas de la charité, rien que du bon sens. Ils en font quoi de leurs milliards de toute façon, à part essayer d’en grappiller de plus en plus, quel est l’intérêt de posséder autant ? L’argent appelle l’argent comme on dit, mais il n’est pas illimité, et ceux qui le prennent, c’est malheureusement dans la poche des autres. IL FAUT QUE CELA CESSE !
J’en appelle à votre bon sens, à votre conscience. Souhaitez-vous réellement continuer comme ça sachant les risques que cela implique ? Ne souhaitez-vous pas leur dire merde une bonne fois pour toutes à ces financiers sans scrupules ? Ne craignez-vous donc pas la colère du peuple ? Ce peuple, qui dispose d’une incroyable patience, mais pas illimitée pour autant. Il est encore temps de sauver les meubles, de sauver ce pays qui souffre, oui parce que tout le monde souffre. Prenez de meilleures décisions, choisissez le juste camp dans ce conflit des classes.
Quant à nous, les assistés, faites en sorte que l’on ait enfin une place dans votre société, il pourrait exister des solutions, elles sont débattues et étudiées tous les jours par des gens ordinaires, mais pas seulement. Des économistes, des hauts placés aussi réfléchissent à des alternatives. Du travail, je pense qu’il n’y en a déjà plus pour tout le monde, faute aux délocalisations, aux avancées technologiques, au capitalisme abusif… Je ne dis pas que s’enrichir est mauvais en soi, mais trop s’enrichir ne mène à rien. Il faut donc penser à une économie de partage, plutôt qu’à une économie assassine, celle qui est la nôtre aujourd’hui, et qui s’essouffle de plus en plus vite.
Merci à vous de m’avoir lu. Milles merci à celui qui m’aura entendu et ma gratitude éternelle à celui ou celle qui changera ce monde de fous.

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28 thoughts on “Lettre d’un putain d’assisté

  1. Salut mano !
    Au petit matin je tombe sur ton histoire en premier au café.
    J’ai du lire 3 témoignages sur onvautmieuxqueça, je suis le mouvement de loin, et je vais pas tarder a bouger a la manif de ce matin ( Bordeaux ).
    Passionné d’informatique sans avoir jamais bossé (salarié) dedans, j’ai cru comprendre que t’és coder. Viens sur Unity, ca c’est de la communauté.
    Tu dis que tu n’aimes pas la confrontation, c’est peut être juste que tu t’es pas confronté aux bons, m’enfin j’en sais rien. Faut pas croire que t’as besoin du système et de la société pour bosser. Faut juste apprendre a connaitre leurs règles, Il y a bcp d’indépendants dans le code. Et je pense personnellement qu’il y a de la place pour qui veut la prendre. Wep sans même avoir a virer qqn pour la prendre. Et la confrontation, là pour le coup, c’est juste contre toi même. Se connaitre tjs mieux pour arriver a tenir ses objectif persos, son rythme, ses défis personnels. Personne te fouttra la pression la dedans.
    Clairement mon parcours pro n’est pas plus glorieux. Et quelque fois je me retrouve a vraiment douter de ce que j’ai accompli dans ma vie, arrivé a 29 ans. J’ai souvent changé de cap. Pour les mêmes raisons, comme bcp de gens… T’arrive a 20piges t’as aucune idée de qui tu es, tu tentes des trucs a droite a gauche et tu apprend seulement lentement ce que tu n’es pas, tjs aucune idée de ce que tu es. C’est aussi ca la confrontation.
    La peur de l’inconnu ca se combat chaque jour, les yeux ouverts et les dents serrées. T’en finis jamais. Je pense. Mais tu peux vivre sans jamais avoir assez de thune pour voir venir le mois suivant, mais vivre bien. ( Se sentir bien j’entends )
    Alley perd pas espoir l’ami, on sait tous qu’on ne peut pas compter sur demain, mais on peut tjs espérer pour aujourd’hui 😉
    Fais péter tes meilleurs skud de metal, relève la gueule, lève toi et marche, comme disait l’autre, aujoud’hui tu auras été entendu, demain peut être on marchera cote a cote.
    See ya in heaven !
    Mow

  2. Article très touchant, qui me convainc encore plus de la nécessité d’un revenu de base pour libérer les personnes telles que vous qui sont prises dans une spirale professionnelle infernale (qui a commencé dès l’école dans votre cas).
    J’espère que depuis que vous avez 25 ans vous avez pensé à demander le RSA ? Je sais que beaucoup n’y pensent pas… Entre nous il est incompréhensible que celui-ci ne soit pas automatique.

    Monsieur vous avez toute ma sympathie. J’espère de tout coeur que vous vous en sortirez, ou au moins que vous appreniez à vivre ainsi sans que cela vous ronge (en vous épanouissant d’une autre façon). Ou que ce soit votre compagne qui trouve quelque chose.

    A mes yeux vous n’êtes pas un assisté, vous êtes un camarade qui a besoin de solidarité. Il n’y a pas à en avoir honte, même si la vague de fond néolibérale essaie de nous faire croire le contraire.

  3. Merci et navrée… navrée de la douleur que tu éprouves au quotidien, que vous éprouvez ta famille et toi. Navrée mais de rien en fait… navrée d’avoir eu plus de chance? Mais de savoir que je vais aussi dans le mur… même avec de l’expérience et des diplômes,même en ayant fait des petits boulots. Le mérite ici ne sert à rien, le pire c’est que rien ne sert à rien. Et on charge ceux qui subissent cette misère de toutes les façons possibles… sociale, économique, intellectuelle,…
    Merci de le dire.. merci de partager, partager c’est chercher quelque part. Chercher à conscientiser les gens, à les faire réagir… La seule chose dont j’ai bien peur, c’est que tous-tes celleux qui lisent ces témoignages poignants, bouleversants, enrageants… j’ai peur qu’ils ne puissent pas plus que celleux qui les écrivent.
    Mais j’espère, je continue à espérer que les messages seront entendus, vus, compris un jour… et que l’on prendra conscience qu’ils sont… peut être 1000 à nous gouverner, et qu’en fasse nous sommes 67 millions à pouvoir faire bouger les choses.

    Je vous souhaite le meilleur. Le mieux. Trouver à vous construire et à sourire de nouveau.

  4. Tu sembles broyé comme de plus en plus de gens le sont, c’est triste mais c’est la réalité actuelle.

    Je suis d’accord sur un point des différents commentaires sur FB, il faut que ça pète, il faut que le Gouvernement ouvre les yeux et agisse pour le bien du peuple et non plus pour leur petite personne, sinon il doit nous rendre les clés de notre pays. Mais il ne le fera pas donc il faut les prendre par la force si nécessaire.

    Merci pour ton témoignage, merci de contribuer, merci de t’être décidé à raconter ton expérience, merci d’avoir tout déballer.
    Et surtout surtout merci d’exister !

  5. Il faut arrêter d’être résigner et commencer à se révolter ! Si tu as un problème avec Pôle Emploi il faut y aller les engueuler ou prendre rendez-vous. As-tu penser au chantier d’insertion? c’est un bon moyen de se remettre le pied à l’étrier.
    Bon courage.

  6. Je me suis sentis plus que concerné… J’ai 23 ans et j’en suis presque au même point… Je trouve pas de travail, et quand j’en trouve, on me traite comme un moins que rien, avec des horaires improbable… J’ai plus d’argent, je vis seul dans un petit appartement, je ne touche presque aucune aide, et une fois mon appartement et charges payé, il me reste 35€ pour vivre le mois. Heuresement que ma voisine me prête son Internet… Sinon je serrais coupé du monde… Déjà que je ne sors plus…

  7. C’est à toi qu’il faut dire merci, mec.
    Et bravo, surtout. Par les temps qui courent, avoir le courage de se définir comme un « assisté », de parler au nom de cette catégorie de personne dans laquelle on enferme sans cesse plus de gens en espérant ne jamais y être casé, c’est important. Et c’est un assisté qui te dit ça.

    Mais toi comme moi, on n’est pas plus assisté qu’un autre. Pas plus qu’un député qui palpe 12 0000€ par mois pour se toucher le gland à l’Assemblée Nationale et faire croire qu’il s’occupe de nous. Pas plus que les actionnaires qui ne foutent jamais les mains dans la merde mais qui récoltent des montagnes d’or virtuelles à chaque minute qui passe, sur le dos de milliers de petites existences invisibles. Pas plus que les banques qui, comme tu l’as dit, se sont gavées sur le dos des Etats (c’est à dire nous) une fois qu’elle avaient trop tiré sur la corde des consommateurs (c’est à dire nous). Pas plus que les gouvernements successifs, les hommes et femmes politiques, à n’importe quelle échelle, qui profitent des rendez-vous électoraux pour assoir un pouvoir qui leur échappe au lieu de se mettre au service de ceux qui les élisent. Pas plus que les chefs d’entreprises qui demandent toujours plus d’allègements de charges, soi-disant pour une facilité d’embauche, et qui planquent leur fric dans des paradis fiscaux. Pas plus que tous ceux qui détournent le regard, ceux qui profitent du malheur des autres pour se rassurer, ceux qui ne veulent pas voir la vérité en face : nous sommes tous des assistés.

    Tes mots sont durs, chaque phrase est un coup de couteau dans le bide. Mais tes mots sont nécessaires. Ne pas laisser les autres, les bien-pensants, ceux qui ne se disent pas « assistés », ceux qui pensent qui ne le seront jamais, ceux qui croient que pour en arriver à bouffer des biscottes nature, c’est un choix, ceux qui pensent qu’ils ne foutront jamais les pieds dans un Pôle Emploi, ne jamais les laisser définir à notre place ce que ça veut dire. Ne pas se laisser enfermer dans un rôle qui arrange tout le monde. Toujours faire surgir ce que personne ne veut voir, toujours rappeler qu’on est là, qu’on est humain, qu’on veut simplement vivre et que ce n’est pas une revendication vaine ou inutile. C’est simplement notre droit.

    Courage, mon pote. Tu vas en avoir besoin pour les années que tu as devant toi. Je te souhaite que tout s’arrange, que vous vous en sortiez, que ton fils grandisse dans de bonnes conditions, que tu aies d’autres enfants et qu’ils soient tous fiers de leur père. Je ne te connais pas mais je te souhaite tout ça, parce que je pense que tu le mérites vraiment.

  8. Belle lettre. De tout cœur avec toi et avec ceux, trop nombreux hélas, qui subissent le même sort.
    Sortez de chez vous, venez dans la rue. Au moins, ça fait du bien et si vous venez tous, ça peut faire un sacré bordel qui fera peut-être bouger les choses.
    Et, vraiment, lutter, ça aide à redresser la tête et à se sentir mieux.

  9. Bravo et merci. Récit digne, lucide et juste. Qui donne du courage, qui fait trompe la solitude du lecteur en situation symétrique. Oui à l’économie du partage. Oui au Revenu Universel. Courage et bonne chance. On est ensemble 🙂

  10. bonjour,
    c’est un vrai soulagement de vous avoir lu. Ce genre de témoignage réduit l’isolement ! J’ai un parcours presque similaire au vôtre. J’en ai fait un texte que je peux vous envoyer par mail (si vous le souhaitez !). Vous pouvez me contacter à cette adresse : linsilence@outlook.fr
    Tenez bon ! On changera le monde avec des grandes comme des petites actions. S’exprimer, c’est déjà un bon début. C’est modifier le regard porté sur les non-salariés, c’est rassembler et conforter des idées.
    Nous ne sommes pas des clichés !
    amicalement,
    Padina

  11. Bonjour,

    Juste un mot pour dire que je t’ai lu.. que je suis désolée.. (désolée de quoi.. c’est pas vraiment ma faute..)
    Je suis comme toi, fatiguée de cette société.
    Courage à toi.

  12. A vous « Putain d’assisté » . Mais je préfère Julien.
    Merci. Vous avez tout dit ou presque. Je n’aurai pas pu faire mieux. J’espère que votre lettre sera lue, relue, partagée encore et encore et qu’enfin un de nos soi-disant politiciens la recevra et surtout la lira..Puis qu’un déclic se fera et qu’il réalisera que la FRANCE est malade et que le monde entier ne va pas mieux.
    Cette saleté de loi ne doit pas passer mais nos « chers » friqués s’en foutent. Ils vivent bien tout là-haut sur leur piédestal. Ils oublient que c’est nous qui les choisissons (droite/gauche) pour qu’ils nous représentent et qu’en plus nous les payons pour cela. Les financiers et grosses entreprises aussi vivent sur notre dos. Je ne parle pas de PME qui elles aussi vont souffrir de cette loi.
    J’ai la chance d’avoir aujourd’hui un emploi après avoir galéré des années. Mon mari aussi d’ailleurs. Nous nous sommes connus RMiste.
    J’ai deux enfants qui ont un travail mais l’un d’eux souffre terriblement malgré tout car très mal considéré. Il supporte et se dit qu’il a de la chance malgré tout.Mon 3ème enfant a 30 ans et tout comme vous galère entre soit-disant formations, remise à niveau, petits boulots d’intérimaires et j’en passe. Il a une petite amie avec qui il vit depuis bientôt 5 ans. Elle aussi fait des petits boulots. Ils font comme vous partis des « putains d’assistés » et pourtant ils triment tous les deux. Il ont un rêve : avoir un bébé mais cela ne se fera pas car tout comme vous il ne veulent pas mettre au monde un futur « putain d’assisté ». Nous les aidons comme nous pouvons mais nous souffrons avec eux. Je souffre de voir mes enfants malheureux. L’avenir pour eux me fait peur. Je ne le leur dit pas pour ne pas les décevoir. Il leur faut de l’espoir, de la confiance et je les encourage autant que je peux même si je n’y crois pas. Plus… Avec mon mari et mon plus jeune fils nous avons et ferons encore la grève. Certains comprennent et nous encouragent. D’autres ne nous comprennent pas et je me suis faite agressée verbalement à plusieurs reprises mais je ne lâcherai pas.Mon fils et mon mari non plus. Cela fait mal…j’ai même craquée et pleurée. Je ne suis pas forte de caractère mais je tiens bon. J’ai des principes et je me battrais encore et encore. Pour mes enfants , pour nous-même, pour tous les autres aussi. Ceux qui ne peuvent pas le faire. Nos grands-parents qui sont morts au siècle derniers doivent se retourner dans leur tombe les pauvres…
    Alors à vous tous « Putains d »assistés » et tous les autres je vous souhaite de réussir. Qu’enfin quelqu’un se lève et permette à la FRANCE de relevée la tête nous puissions enfin vivre en tout « Liberté, Égalité et Fraternité »…
    On vaut mieux que cela!

  13. Bonjour,
    Tout mon soutien. Je ne dirai pas de ne pas baisser les bras, c’est bien trop banal et évident.
    Leur système nous écrabouille c’est incroyable. Ils nous obligent à bosser pour eux pour qu’on crève pas de faim avec des job de merde ou inutiles ou au détriment d’autres personnes.
    Ya des ingé qui bossent pour que nos téléphones et autres soient HS au bout de 2 ans et on dit qu’il n’y a pas de sous métier?

    Courage! On changera peut-être pas ce monde de merde mais on peut en construire un autre, on n’a pas le choix.

    Désolée pour le comm décousu…

    1. PS: la dépression est une maladie qui se soigne, j’ai guéri totalement en 4 ans mais ma motivation, mon humeur et l’espoir sont revenus au bout de 2 mois. Le manque de motivation et la tristesse et le sentiment de désespoir sont dûs à l’arrêt de production par le cerveau d’une molécule. On peut aider le cerveau à en reproduire avec un traitement adapté bien sûr. Mais ça se soigne! Courage!

  14. Ouaouh.
    Superbe texte, très touchant et suintant de vérité.

    Et dire que j’attaque la « vie active » dès octobre prochain… je vous raconte pas la motiv’ 🙁

  15. Merci pour ce pamphlet qui résonne particulièrement avec ma propre situation, et avec celle de bon nombre des gens que j’aime. C’est intenable en l’état.

  16. Quelqu’un qui a mis des mots sur ce que je ressens…
    A 40 ans, avec des bagages lettres/langues anglaises classiques, je me suis retrouvé dans le BTP à 20 ans et aujourd’hui sur le point d’être mis invalide permanent à cause d’une entorse ayant révélé des articulations en vrac.
    Je me suis vu dans cette lettre, vraiment, et je ne dois pas être le seul.
    A ceux et celles qui pensent que ça va « péter », je leur dis de déchanter, tant qu’il y aura la téloche dite réalité, voire la téloche de merde tout court, et que des smartphones à 800 putains d’euro sortiront, là se trouve la priorité des gens… Et je n’ose pas m’exprimer sur l’Euro de foot.

  17. Slt,
    Permettez moi une note d’humour mais… c’est un sacré travail que de rédiger un tel témoignage.
    Pour la notion d’assisté je voudrais citer Jean Rochefort : « Si vous trouvez que les gens qui ont le RSA sont des assistés, démissionnez et vivez avec 470€ par mois et vous aurez autant de chance qu’eux.  » à laquelle j’ajouterais que c’est un sacré travail que d’élever un enfant où même survivre sois-même avec si peu. Ne lachez rien, Bisesss

  18. Bonjour, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre témoignage et je suis d’accord avec vous sur beaucoup de points. Je me demande si vous n’êtes pas un précoce. Beaucoup de vos réactions me montrent que vous êtes dans l’incapacité de vous conformer à ce que l’on attend de vous et de supporter une forme de bêtise et ce monde vide de tout empathie. Cependant, je pense que vous avez tort sur un point. C’est vrai que le RSI ne permet pas de réussir. Cependant, lancez-vous quand même car il est plus facile de souffrir dans l’action et la création et aussi dans les idées que de souffrir dans l’inaction. L’inaction ne vous apportera rien, ça vous en êtes sur mais l’action peut vous apporter de bonnes surprises ! Je vous joins un texte qui m’a aidé dans bien des situations de doute et des doutes j’en ai un paquet !
    Le pouvoir de l’engagement de Goethe :
    Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.
    En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides.
    Dès le moment où on s’engage pleinement, la providence se met également en marche.
    Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu. Tout un enchaînement d’événements, de situations et de décisions crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin.
    Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie.
    Débute maintenant.

  19. 1 milliard de fois d’accord avec toi sur le fait que notre système capitaliste finira par arriver à sa perte.
    La chose se résume ainsi, les 1% des personnes les plus riches du monde possèdent plus que les 99% restants….Est ce normal ? Je ne crois pas. Est-il normal que certaines personnes pinaillent sur la putain de couleur de leur ferrari de merde qu’ils vont s’acheter alors que d’autres personnes sont obligées de finir leur fin de mois en bouffant des biscottes natures ? Je ne crois pas non plus.

    Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent dans notre système…cela ne pourra pas durer éternellement et si les choses ne changent pas il y a fort à parier que des guerres d’une grande ampleur feront surface.

    Ca ressemble peut être un truc de Hippie mais putain « Vive le partage et vive l’amour d’autrui »

    Quoiqu’il en soit je te souhaite quand même beaucoup beaucoup de courage et te souhaite sincèrement de t’en sortir.

  20. Mon pauvre vieux… A toi aussi ce système te fait la misère ! Courage ! Un jour on leur mettra cher aussi.
    Pas facile de croire en soi et de sortir de ce cercle vicieux quand le fonctionnement général de notre société n’a plus grand sens et qu’il t’en fout plein la gueule…
    Bon, si je peux te dire un truc, c’est que tu es dans ce qu’on appelle en psychologie « la répétition des schémas inconscient d’échec ». Peut-être que tu n’as pas envie d’entendre ça, mais je me reconnais en toi, alors je vais te dire ce qu’on m’a dit et qui m’a aidé. Tu en feras ce que tu voudras.
    Pour faire simple (j’espère que ma métaphore ne sera pas trop ringarde), c’est comme un ordi : au départ, il a un système de base, qu’on lui a foutu dedans, et il va fonctionner toujours avec ce même système, jusqu’à ce qu’on daigne le lui changer. Et comme ce système est là depuis toujours, plus ou moins personne ne le remettra en question. Mais il faut bien un jour faire les mises à jour et améliorer ce système, oui? Seulement, l’ordi, il peut tenter, hein, mais jamais il y arrivera tout seul, par ce qu’il n’est pas programmé pour ça. Bah toi c’est pareil. Il te faut l’aide, par exemple un programmeur compétant. Perso, j’ai essayé la psychothérapie et la psychanalyse, et puis j’ai vu un psychiatre quelques temps, mais pour moi, tout ça c’est bidon. Ça n’aide pas, ça enfonce. Ça n’aide pas à dépasser, ça remue des sables mouvants. Je te conseille l’hypnothérapie. Ça fait un peu ésothérique-théorie-du-compolt-illuminati comme ça, mais c’est assez génial. En fait c’est le principe que, plutôt que d’aller trifouiller ton conscient pour le faire avancer sur des trucs où il n’a aucune prise (c’est comme soigner une migraine avec des calmants, tu ne soignes rien, tu apaises seulement les symptômes), on va aller directement chercher ton inconscient et on va changer son angle de vue par des images métaphoriques. En plus c’est très agréable à expérimenter, c’est comme un voyage, tout en douceur 🙂
    Bises et tout mon courage

  21. Témoignage touchant, mais Ô combien banal et récurrent. La solution ne viendra pas d’en haut, c’est sûr. Nous n’avons même plus le vocabulaire pour nommer les choses. Par « employé polyvalent », il faut entendre « homme à tout faire » ; par « horaire flexible », il faut entendre « exploitation » ; par « défavorisés », « exploités » ; etc. Sous un autre angle de vue, les « hérésies » d’autrefois sont les « théories du complot » d’aujourd’hui…
    Puis-je vous inviter tous à vous informer, à vous interroger sur cette croyance ancrée du bien fondé de ce système dit »démocratique« (qui est en fait une assemblée représentative), de son rôle mythique bienveillant ? Pouvez-vous vous interroger sur l’éventualité que ce que nous vivons est voulu, concerté, planifié, depuis fort longtemps ?
    Pour rester dans le cadre du sujet de cette lettre, l’approche de Bernard Friot me paraît pertinente.

    3000 EUR de salaire à vie minimum (»revenu de base«), c’est possible dès aujourd’hui, par élargissement de ce que nous avons déjà, de ce qui est déjà là — en poste ! Le voulons-nous, mais surtout, le voyons-nous ?

    C’est l’emploi qui crée le chômage. Avec l’équation du capital qui nous fait accroire que EMPLOI = TRAVAIL, ce qui est faut. PERTE D’EMPLOI = CHÔMAGE. Donc LA FIN DU CHÔMAGE, C’EST AUSSI LA FIN DE L’EMPLOI. Seul le travail a de la valeur. Pour effectuer ce travail, il faut être qualifié. Donc, seule la qualification a de la valeur.

    Lorsqu’un retraité conduit et reprend ses petits-enfants à l’école, il effectue un travail. En tant que retraité, il est payé à vie par une caisse de retraite pour le faire. S’il fait appel à une personne pour le faire, elle sera payée en fonction de son timing. Si on supprime ce poste de délestage scolaire, elle part au chômage… si elle y a droit. C’est donc le poste de délestage qui est qualifié, qui appartient à l’employeur qui décide de le créer, de le supprimer, en fonction de ses besoins, à sa guise.

    Tout comme il existe des caisses de retraite, des caisses d’assurance sociale, des fonctionnaires qui n’ont pas d’employeur mais bien UNE QUALIFICATION qu’on ne peut leur ôter (si on supprime le poste d’un fonctionnaire nommé, il gardera son salaire, on lui attribuera un autre poste. Perso, j’ai connu des fonctionnaires sans poste et payés ! Mais c’est une autre histoire), Bernard Friot propose d’aller plus loin en créant des caisses salariales. Un employeur ne paiera plus ses employés, mais une caisse salariale, comme une caisse d’assurance sociale, etc. Les travailleurs qualifiés toucheront de leur caisse salariale un salaire à vie dont le montant dépendra de leur qualification.

    A ce titre, la propriété du capital, la propriété de l’outil de production, la propriété du poste de travail, par quelques-uns minoritaires en nombre, sont anti-productifs, inutiles et parasites, il s’agit d’un droit de ponction sur le salaire, la production, le lieu de vie d’autrui, que les propriétaires des capitaux, des outils de travail, des postes peuvent en outre refinancer avec intérêt, aux conditions qu’ils veulent. L’intérêt étant de la monnaie qui n’existe pas (sauf refinancement… avec intérêt), c’est un levier compétitif servant à créer toujours plus de précarité, d’exclusions, de maladies… c’est de l’esclavage, de la compétition À MORT ! UNE MACHINE INFERNALE. C’est une atteinte à la dignité d’autrui. En clair, une déshumanisation.

    De fait, il n’y a pas de solidarité social, il y a cotisation sociale, de même on peut créer une cotisation salariale en redistribuant totalement le PIB.

    En redistribuant ce que nous prend le capital, le salaire minimum serait de 3000 EUR. Nous serions tous propriétaires de notre logement et de notre outil de travail.

    Ce que propose Bernard Friot, c’est un changement de perspective sur ce que nous possédons déjà depuis 1945 : sécurité sociale, fonctionnariat, retraite, etc… c’est un élargissement de ce que nous avons déjà, de ce qui est déjà là — en poste !

    ‣ Chaîne Youtube LeNouveauJourJ (journal Le Nouveau Jour, Nancy), « Un salaire à vie ? A mort l’emploi, vive le travail ! – Friot, Lepage, Réseau Salariat » ou « Si nous arrêtions de penser avec les mots de la droite pour sortir du chantage à l’emploi ? », conférence gesticulée proposée par le Réseau Salariat, Bernard Friot, Franck Lepage, Katia Storaï, Kristel Anvroin, Anaïs Enjalbert, Loïc Kerivel, Minelle Riboni, Philippe Schlienger, Grand Sauvoy (Maxeville), 9 mars 2016, pub. 23 avr. 2016, https://youtu.be/7HcnefkpZQ0 (cons. 26 avr. 2016).

  22. Des Bisouxxx, merci pour ce texte, fragile mais je vois de l’espoir.
    Je pense à vous tous les jours, dans un monde où chacun aurait sa place.
    Pense à dire à ton fils que tout le monde a le droit d’être, juste d’être, peu importe la case dans laquelle il est rangé, et d’où tu peux t’extiper.
    Des Bisouxxx Marianne.

  23. Bonjour à tous les auteurs des commentaires ici présents, je suis l’auteur de ce témoignage. Je tiens à vous remercier pour tous vos messages, vos soutiens et vos liens. Je suis pas très habitués à ce genre d’attentions, mais ça me soulage de savoir qu’il y a des gens qui se soucient d’autrui, même encore aujourd’hui. J’espère pas changer le monde, quoique certains élus pourraient en prendre connaissance et, soyons fous, en prendre conscience, et donc avoir une vision d’une classe bien trop discrète dans notre pays, parce que mon histoire, c’est aussi l’histoire de bon nombre de gens, de trop de gens, et pas que des « assistés », car bon nombre de travailleurs souffrent aussi, et faut que ça s’arrête. Encore une fois, merci, et bon courage à tous ceux qui souffrent, ainsi qu’aux autres.

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