Le jeu vidéo, une industrie fun

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en informatique, j’ai travaillé depuis un certain nombre d’années dans l’industrie du jeu vidéo. Cette industrie est la première industrie du divertissement en termes de chiffres d’affaire, loin devant le cinéma. Ce chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter, d’années en années, crise ou non. En 2015, en France, le domaine a obtenu une croissance de 6% alors que le spectre de la crise touche tous les autres secteurs (source).

Je suis passé par plusieurs entreprises et voici un recueil des pépites que j’ai pu observer directement ou que j’ai subi moi-même :

On ne paie pas bien, mais il y a la passion (=> mon salaire différenciait de 1000 euros brut d’écart par mois, par rapport à un collègue avec le même diplôme mais parti dans un autre secteur).

Il ne faut pas compter tes heures, sinon cela montre que tu n’es pas motivé.

– Lors d’un entretien d’embauche : « Ici on paie les heures supplémentaires ». Effectivement, dans beaucoup d’entreprises du secteur, ce n’est pas le cas.

« Nous n’avons pas de convention collective » : Il n’y pas de convention collective du jeu vidéo car il n’y a pas assez de salariés du jeu vidéo, pourtant, le jeu vidéo est un logiciel et à ce titre, le secteur devrait être rattaché à la convention collective du Syntec.

– « Ici, les salaires n’ont pas augmenté depuis 10 ans. La seule fois où j’ai été augmenté c’est parce que j’ai été promu. »

– Le CDD sert communément de période d’essai, quand ce ne sont pas des contrats pire encore comme le Contrat à Durée Déterminé d’Usage.

J’ai travaillé pour 5 entreprises différentes, et pour l’instant, aucune ne respecte à la fois le code du travail et est conventionné. Toutefois, ce ne sont pas les studios de développement que je blâme mais les éditeurs. Ceux-ci fixent les prix en faisant jouer la concurrence entre la multitude de petits studios français. Certains se voient contraints d’accepter des contrats à perte pour retarder l’échéance et donc sauvegarder les emplois. Beaucoup de studios de développement de jeux vidéo, en France, survivent grâce aux crédits d’impôt (donc l’Etat et donc nous tous) et autres subventions de « recherche ». Mais quid des retombées de cette croissance qui n’en finit pas d’atteindre des plafonds ?

> image d’entête via Flickr

4 thoughts on “Le jeu vidéo, une industrie fun

  1. Ahah l’argument de la passion, un grand classique ! J’ai bossé 8 ans dans le jeu vidéo à l’étranger et c’est la même chose… Je bossais au support et autant te dire que tu n’es rien d’autre qu’un coût pour la boîte vu que ton service ne produit rien, tu es donc une raclure de bidet qui coûte à la boîte : Considération 0.

  2. Ah tiens, quelqu’un dans le même domaine ! 🙂

    Nous pour infos, on es TRES loins de la convention collective syntec,
    on es rangés dans « Jeux, jouets, articles de fêtes et ornements de Nöel ».
    Amusant nan ?

    En plus du salaire très loin des grilles (mais la boîte ne peut de toute façon pas se le permettre),
    le plus usant c’est surtout le « rush perpétuel »…
    – « En ce moment c’est chaud, on es en rush (moué… comme d’hab quoi) »,
    – « Quand t’auras un moment pour régler ce truc super important, tu peux gérer ? (oui si j’avais un moment ce serait super) »…
    – Dernièrement : « [devant toute l’équipe] Bon et toi t’es sur quoi ? Tu fais quoi ? Je vois pas les projets avancer!! SAV? Debug? Répondre aux mail sur les divers projets en cours? Ouais bah de la merde quoi, les projets avance pas ! On s’en fout que ce soit le boss qui demande, tu dis merde et tu taff » etc…

    La dernière trouvaille, c’est « tous les développeurs, vous allez démenager vos PC et vos bureaux dans la salle du fond ce été (salle avec de grande fenêtres sans stores orientées sud/ouest). Ça d’vrait loger… parce que là avec vos PC qui chauffent dans votre pièce pas assez ventilée ça va fouetter, en plus vous êtes que des mecs ».

    Mais je ne tape pas sur mon boss, on es une petite équipe dans une petite boîte,
    il n’est pas sur le même département, mais vient nous voir toute les semaines avec le sourire.
    c’est vraiment quelqu’un de bien, de volontaire et proche de nous.
    – non je ne « m’aveugle pas » : c’est juste que je ne me trompe pas de cible. Ce n’est pas lui qui « manage le personnel » –

Laisser un commentaire