« On vaut clairement mieux que d’être viré de notre taff à 50 ans »

C’est donc pour laisser moi aussi mon témoignage, même s’il ne me concerne pas directement : ma mère est prof en ZEP, dans un lycée professionnel donc l’ambiance, les locaux et le budget ne sont déjà pas au top.
Récemment, un ancien directeur financier à été renvoyé car son entreprise avait fusionné avec une autre, et quelqu’un de plus jeune a pris sa place. Il avait donc la cinquantaine, et il fallait qu’il trouve un autre taff pour pouvoir assurer jusqu’à sa retraite. Après 2 ans de galère il a été pris comme prof remplaçant d’économie/gestion au lycée de ma mère, ce qui est dégradant vu son niveau de qualification et d’expérience, et surtout vu les conditions de travail que subissent les profs remplaçants.
Il a travaillé 1 mois à la rentrée de septembre 2015, puis 2 mois de décembre à mi-février, et il s’est suicidé. Entre le salaire de misère, le manque de considération des élèves, le renvoi inattendu, le déclassement social, il a craqué.
Aucune aide pour retrouver du travail après 50 ans alors que c’est de plus en plus courant, ça n’aide pas à faire avancer les choses …
Donc voilà, on vaut clairement mieux que d’être viré de notre taff à 50 ans pour se retrouver à être humilié toute la journée et finalement être pousser à faire le pire.

 

Crédit photo : Barry Pousman

3 thoughts on “« On vaut clairement mieux que d’être viré de notre taff à 50 ans »

  1. Malheureusement, un sujet que je connais bien. Ce sont les 25-45 ans qui intéressent les entreprises, pile poil l’âge où l’on fait des enfants.
    Résultats, on est tellement occupés que l’on ne remet rien en cause côté boulot, société… pas le temps.
    Les enfants grandis, l’expérience fait de nous des experts et le temps retrouvé permet de prendre un recul trop dangereux le monde du travail. Les cinquantenaires sont potentiellement dangereux…
    Merci pour ce témoignage au combien nécessaire.

  2. C’est une bonne analyse, Sonia Yezid…

    Et encore, après 40 ans, ça commence à devenir chaud déjà. J’en ai 43 et on m’a bien fait comprendre que ça risquait d’être dur. Je suis déjà cataloguée comme « plus très fraîche »…
    Les quadragénaires-quincagénaires actuels, qui ont eu le temps de connaître « autre chose » dans leur jeunesse que ce système du tout jetable et risquent d’avoir des idées quelque peu trop subversives, sont une génération que le système en question souhaite retirer du circuit le plus rapidement possible et faire vivoter avec des bouts de ficelles en attendant une retraite qu’ils ne verront jamais.
    Pour les moins de 25 ans, ils doivent se dire qu’ils contestent trop ! 😀 Ils ne sont pas encore assez rentrés dans le rang.

  3. Pour donner de l’espoir j’ai retrouvé un CDI à 55 ans dans une boite où l’expertise compte plus que le reste. Le précédent embauché avait 56 ans et le prochain 25 ans, une pyramide des ages assez équilibré dans un secteur – l’informatique – où c’est plutôt rare.
    Il faut savoir que les lois sont ainsi faites que 50 et 55 ans sont des seuil où les entreprises ont ‘intérêt’ à vous virer si elles n’ont pas de visibilité parce que cela leur coûte beaucoup plus cher après.

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