Y EN A MARRE QU’ON OPPOSE LES TRAVAILLEURS AUX CHÔMEURS

Quand après 6 ans d’études, tu n’as pu travailler que 2 ans et chercher du travail 3 ans (et que tu te retrouves à 30 ans sans avoir rien construit et avec moins de fric sur ton livret A que quand tu avais à 12 ans):

– Parce que tu es partie d’un job en CDI lorsque ton employeur a souhaité que tu montes des dossiers au profit d’une entreprise du CAC40 qui voulait exproprier des gens pour construire des hôtels et un aéroport grâce à l’argent de l’État.

– Parce que, lors d’une autre expérience,  tu as refusé ton 3e renouvellement de CDD qu’on te proposait après t’avoir menacée et intimidée suite à ta demande d’être payée tes heures sup de jours, nuits et week-end, à coup de 10 ou 14h d’affilée. Car, contractuelle de la fonction publique mais néanmoins embauchée par une administration qui ne dispose que de fonctionnaires détachés de leur ministère, ton statut ne dépendait (soit disant) d’aucun droit du travail (ni privé, ni public): « vous comprenez, c’est compliqué ».

Alors je pousse moi aussi la chansonnette, grâce à votre porte-voix:
> Parce que t’as plus le droit d’avoir une conscience ou un esprit de service public quand tu veux travailler dans le conseil, montage de projets – politiques publiques (et dans bien d’autres domaines, c’est certain)
> Parce que si t’as une conscience ton choix est simple: le dégoût ou le chômage: ce qui revient au final au même.
> parce que pour Emmanuel Macron, je suis, au chômage, de celles et ceux qui ont « perdu » parce que « j’ai décidé de ne pas prendre de risque », que « j’attends tout de l’autre et que je n’essaie pas de me battre d’abord »  (voir ref 1°2°) (je vous passe le caractère insultant du propos aux vues des prises de risques financières, matérielles et personnelles effectuées pour avoir un job)
> parce qu’il y a bien pire que moi, la petite blanche sans enfant à bac+5

Parce que Y EN A MARRE QU’ON OPPOSE LES TRAVAILLEURS AUX CHÔMEURS, PARCE QUE DROIT DU TRAVAIL ET DROIT A L’EMPLOI SONT DEUX CHOSES DIFFÉRENTES,

parce qu’on vaut mieux que de se faire opposer les « privilèges » de certains à l’ « assistanat » des autres afin de mieux rémunérer les 1% toujours plus gourmands.

 

: on vaut bien mieux que ça!
1° Macron à des collégiens de Chelles sur le plateau du supplément nov 2015

2 thoughts on “Y EN A MARRE QU’ON OPPOSE LES TRAVAILLEURS AUX CHÔMEURS

  1. L’année dernière, j’ai été 8 mois au chômage. Au bout de 4 mois, j’ai refusé un poste au sein d’Areva, car je ne vois pas comment j’aurai pu servir en conscience les intérêts une entreprise aussi mafieuse (cherchez scandale Uramin, par exemple, ou bien le financement des EPR…), polluante, qui empêche le développement d’alternatives énergétiques.
    Ce refus m’a valu 4 mois de chômage supplémentaire. Ce qui n’a rien d’évident quand ta conjointe en bave à mort dans son boulot, et que toute ta famille compte sur toi pour devenir un adulte accomplit : cad qui a un travail.
    J’ai miraculeusement réussi à trouver un autre boulot dans une PME à taille humaine (mais dirigé par un tyran…).

    La plupart des gens qui s’en sortent bien dans mon entourage, ont dû mettre leur conscience au placard (Conseil en restructuration d’entreprise, ingénieur en agro-chimie, conseil bancaire, développeur logiciels de gestion des pesticides, marketing dans le secteur pharamceutique…). Chômeur est une position méprisée dans notre société, alors qu’on valorise ceux qui sont les principaux acteurs de la destruction de la planète et du tissu social. On vaut clairement mieux que ça.

  2. Il est clair qu’on crache bien moins sur ceux qui ont un boulot destructeur, tant sur le plan humain qu’environnemental, que sur ceux qui n’en ont pas du tout. En général, ils sont même admirés. Quand on voit le succès qu’à la « chasse aux pauvres » (dénigrement et flicage systématique des chômeurs et bénéficiaires du RSA, habituellement qualifiés de « parasites »), ce système a de beaux jours devant lui.

    D’autant plus qu’en France, le marché du travail est très peu fluide, provoquant ce qui est appelé le phénomène « insider-outsider » : ce sont toujours les mêmes (les insiders) qui « tournent » d’un emploi à l’autre et conservent l’accès à d’autres opportunités, alors que ceux qui sont dehors (les outsiders) restent dehors (quelle entreprise veut d’un chômeur de longue durée ?) et continuent à se paupériser jusqu’à ce qu’ils décrochent pour de bon. Il semble n’y avoir malheureusement aucune ouverture vers un partage plus équitable, au contraire puisque les 35 heures viennent de sauter, ceux qui sont déjà débordés le seront encore plus et il y aura encore plus d’exclus.

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