Je rentre tous les soirs du travail en pleurant, je n’arrive plus à réviser.

Je vous écris aujourd’hui avec l’espoir que mettre des mots sur ma situation actuelle me permettra de surmonter cette épreuve et d’en ressortir plus forte. Parce que aujourd’hui, je sens que j’atteins mes limites.

Voici mon histoire.

Je travaille depuis maintenant 2 ans dans un grand groupe comme assistante de direction en contrat de professionnalisation. Je prépare en même temps un BTS. J’ai dû reprendre mes études dans le cadre d’une reconversion professionnelle subie, pour raison de problèmes de santé.

Je me suis donc retrouvé un peu malgré moi dans le monde de l’entreprise et qui plus est, au service de la direction. Je mets de côté le fait que l’activité de l’entreprise ne me correspond absolument pas, que mes valeurs y sont même totalement opposées. Mais quand on se lance dans l’alternance, on nous fait bien comprendre qu’il faut déjà se contenter d’avoir trouvé une entreprise.

Mon intégration se passe très bien, mes collègues sont avenants, répondent à mes questions et me mettent à l’aise. J’entretiens de bon rapport avec mon tuteur bref tout roule. N’étant pas de nature méfiante je pense même parfois à demander conseil auprès de mes collaborateurs. Les premières semaines se passent bien.

Puis vient la douche froide. On ne m’explique plus rien, on me reproche mes erreurs et mon manque de productivité. Ce qui est souvent le cas, les employeurs exigent des alternants qu’ils soient très vite opérationnels et oublient bien souvent qu’ils sont là en formation.

Ensuite un collègue me prend en grippe et me rabaisse dès qu’il en a l’occasion. A partir de ce moment j’ai compris que mon expérience ne serait pas de tout repos et que j’allais devoir m’accrocher. Je suis passé outre et j’ai continué tranquillement ma formation. Mais autant vous dire que quand vous travaillez avec des hauts dirigeants d’entreprise vous n’êtes pas du même monde et je ne vous souhaite pas de vouloir en être. Pour ce genre de managers, la vie ne passe que par le travail, le profil, et les rapports humains passent au second plan (collègues, famille, amis…). Pour eux, l’épanouissement ne passe que par le travail.

J’ai dû gommer ou dissimuler tout ce qui faisait ma personnalité, mes convictions pour éviter toute réflexion ou humiliation. Prendre sur moi quand on me reprochait des choses parce que je pensais à l’époque avoir juste le droit de fermer ma gueule étant alternante. J’ai le droit chaque jour à toute sorte de brimades, bien sûr toujours tournées sous forme d’humour pour que ça passe inaperçu. Rien ne leur échappe (vêtement, physique, sensibilité…) Même mon tuteur ne s’en prive pas.

Aujourd’hui j’arrive bien fatigué à la fin des cours, mon examen est dans deux semaines. J’ai dû batailler pour avoir des congés d’été. De plus, mon employeur m’a proposé un contrat d’intérim à la fin de mon contrat actuel que je me suis sentie obligée d’accepter sinon mes derniers mois en entreprise auraient été pires qu’ils ne le sont déjà. On m’a fait gentiment comprendre que si je refusais j’allais mettre mon service dans la merde et qu’il serait dommage de se quitter en mauvais terme… Ne serait ce pas une forme de pression? En bon “saint bernard” que je suis et par peur des représailles, j’ai accepté.

J’essaye d’être dans des conditions acceptables pour passer mes exams mais honnêtement je suis au bord du burn out. Je rentre tous les soirs du travail en pleurant, mes proches sont inquiets, je n’arrive plus à réviser. Je suis coincée parce que j’ai trop peur de ce que mes collègues pourraient dire si je me met en arrêt. Bref, j’essaye de tenir jusqu’au bout…

Voilà, merci de m’avoir permis d’en parler. Croisons les doigts pour que j’obtienne mon exam sans craquer.

ON VAUT MIEUX QUE CA

 

 

 

Illustration : CC-By Tim Parkinson

3 thoughts on “Je rentre tous les soirs du travail en pleurant, je n’arrive plus à réviser.

  1. « Je suis coincée parce que j’ai trop peur de ce que mes collègues pourraient dire si je me met en arrêt. »

    Au risque de paraître un peu dur, je ne dirais que ceci : en quoi c’est ton problème ?

    Je comprends que tu es jeune, que tu as besoin de ce contrat et que tu as bataillé dur pour le garder, mais tu ne dois rien à personne, sinon à toi et ta famille, pense à eux avant de penser à tes employeurs (qui eux ne font pas preuve de la même politesse apparemment) et à tes collègues. C’est TON examen, c’est TON avenir, pense à TOI avant de penser aux autres…

    Courage et accroche-toi.

  2. J’ai beaucoup de peine pour toi… Je ne sais pas quoi te dire si ce n’es que je suis de tout coeur avec toi !
    Et je te souhaite de trouver la force d’arreter ton contrat pour trouver une activité ou tu puisse te faire plaisir et ne pas être exploiter. N’écoute pas la pression qui vont te mettre en te parlant de chomage. N’es pas de pitier pour des monstres qui savent au fond d’eux qu’il abuse de toi. Quand tu les quittera, ne le fait pas gentillement avec de la honte mais barre toi en leur avouant la vérité. Que ce sont des enfoirées.

    Courage pour tes exament et ses choix que tu aura a prendre. Et n’oublie pas que la vie peux, et doit, être heureuse 🙂

    Un internaute que tu a ému.

  3. Bonjour,

    Je vous adresse un message de soutien. Je n’ai pas connu ça mais rien que de le lire me révolte.
    En revanche, je comprends très bien ce sentiment de devoir mettre ses convictions de côté. J’ai dû le faire souvent, travaillant pour des multinationales ou grands groupes ne parlant que de profits. Puis, j’ai beaucoup changé d’emplois. Dès que ça ne me convient plus, je pars.

    Quand j’étais petite, mon père me répétait souvent qu’il fallait « manger avec les loups pour ne pas se faire dévorer ». J’ai mis du temps à comprendre. Je ne l’accepte cependant toujours pas. Je préfère les éviter le plus possible.

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