Stagiaire cherche structure pour se faire exploiter et traîner en justice.

Je suis étudiante en Licence d’Histoire, j’ai 21 ans, et je cumule presque 10 mois d’expérience professionnelle acquise au cour de stages dans le milieu de la culture. Mes stages n’étaient pas obligatoires, sauf celui de cette année avec lequel je vais valider ma formation, je l’ai tous fait pour gagner en expérience et remplir mon CV. J’ai touché à tout; visites guidées, création d’expositions, créations de visites, création d’activités découvertes pour les enfants, boutique/billetterie, … J’aime ce que je fais, c’est ma voie, j’ai mis du temps à la trouver mais maintenant c’est fait. Je suis payée 500 euros/mois pour plus de 35h/semaine. On ne compte pas nos heures, on rend service volontiers, on aime notre job, … et pourtant, y a des jours où je me suis demandé ce que je foutais là.

Le tout premier stage que j’ai fait à duré 2 mois, j’avais 19 ans. Un joli manoir, un très beau parc, le logement fourni, … un petit paradis pour se lancer dans l’aventure. Enfin, ça, c’était sur le papier, dans la réalité ça ressemblait plus à un enfer. Nous étions trois stagiaires, nous partagions deux chambres, une salle de bain et une cuisine dans l’une des tours réhabilitées du manoir. Les premiers problèmes sont arrivés à peine deux jours après notre arrivée.
Nous commentions le travail le Lundi matin comme tout le monde, nos postes changeaient tous les jours, et nous pouvions être heureuses quand le planning de la semaine était enfin affiché … le Mercredi soir. Entre temps, il fallait jouer les devins pour connaître nos postes respectifs et espérer tomber juste, sinon notre patronne nous convoquait dans son bureau et nous étions bonnes pour un sermon d’au moins une bonne heure sur notre incapacité, notre fainéantise, et la vulgarité de notre tenu. Au bout de deux semaines, nous avons décidé de lancer une sorte de « mission commando » pour que l’une d’entre nous aille prendre des photos des futurs planning dans le bureau, qui étaient près pour les deux mois à venir … mais que l’on refusait de nous transmettre … Et c’était loin d’être fini …
Nous avons toutes eu le droit à des remontrances sur notre physique, en privé, ou pire, devant la clientèle. Pour ma part, on m’a reproché la couleur de mon échappe (vert kaki), que la patronne jugeait comme indécente et susceptible d’indisposer les visiteurs, montrant ses foulards en soie aux imprimés Chanel comme exemple; mes ballerines étaient aussi indécentes, tout comme le jean à damier vert et blanc de ma collègue … Lors de la soir de vernissage de l’exposition temporaire, elle nous a demander de faire des heures sup’, non payés évidement, jusqu’à la fin de la réception, soit pas avant minuit. Si nous refusions, elle « ira [nous] chercher au fond de [nos] lits, car il n’y a qu’un seul pilote dans l’avion, et c’est [elle]. » Mes deux collègues ont du servir de potiches, avec jupes et jolis décolletés pour accueillir les politiques locaux, alors que moi, « Vu [mon] physique disgracieux, [je n’ai] qu’à faire le vigile. »
Le maquillage nous était interdit (« je ne veux pas de traînées pour employées ! »), mais on nous reprochaient de ne pas faire d’efforts pour être jolies. On m’a accusé de négliger mon apparence, car avoir autant de boutons sur le visage pour une fille, ça n’est pas possible, … j’ai un dérèglement hormonale d’adulte important qui me couvre le corps d’acné dont je commence juste à me débarrasser aujourd’hui avec un traitement antibiotique très puissant …
Et il y a tellement d’autres choses. Elle fouillait nos chambres pendant nos horaires de travail, de même pour la salle de bain, et se servait dans notre frigo, et nos plats … Au bout d’un mois, nous avons craqué et sommes allez à la gendarmerie pour porter plainte pour harcèlement moral. Nous avons été reçu par un gradé, qui au final a refusé de prendre notre plainte, car pour lui, elle n’enfreignait pas la loi, … Nous avons compris son refus quand nous l’avons vu avec son entrée VIP pour la réception mondaine de la semaine suivante …

J’ai passé deux mois d’enfer, et le pire c’est que j’enchaînait derrière avec un autre stage de 2 mois, sans coupure entre les deux. J’avais peur, elle m’a rendu paranoïaque vis-à-vis du monde du travail. Aujourd’hui, je note absolument tout ce que je fait lors de mon boulot, afin de pouvoir fournir des preuves en cas de problème … et pourtant, je ne suis « que » stagiaire …

L’été dernier j’ai travaillé dans un tout petit prieuré perdu dans la montagne. Un autre stage de 2 mois, mais là aucun accro, que du bonheur, l’un des plus beau voyage de ma vie. Sauf qu’il y a deux jours j’ai reçu une convocation de la gendarmerie m’informant qu’ils portaient plainte contre moi pour un vole d’argent d’un montant de près de 2000 euros … qui aurait eu lieu le dernier jour de mon stage … alors que c’était un jour de congé et qu’à l’heure de « mon forfait », j’était à 300 km chez de la famille après avoir roulé dans la montagne depuis 7h du matin … Je suis en pleine période de partiels, je repart en stage pour 3 mois et demi dans 2 semaines … la validation de ma licence en dépend … Je crois que j’ai bien fait de racheter un carnet, des stylos et des cadenas pour mes affaires …

Sérieusement, je ne suis « que stagiaire » … Je vaux mieux que la façon dont on me traite, #OnVautMieuxQueÇa !  »

> image d’entête via Flickr

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