Le droit du travail m’a permis de rester digne, de me battre contre une machine a broyer les hommes.

En tant que Conseiller à l’emploi j’ai connu l’ANPE puis Pôle emploi. J’ai résisté aux procédures schizophréniques propre a ce métier, aux contrôles, aux radiations, aux démarches infantilisantes, humiliantes, culpabilisantes des chercheurs d’emploi.
Cette résistance, personnelle, a mon poste quotidiennement, dans mon syndicat (la CGT), dans des associations de défense des chômeurs, m’a valu les foudres de mon employeur.
La pression des conditions de travail , la violences faite aux gens m’a amené aussi vers la violence (écrite).
Je me suis retrouvé dans une histoire qui a pris des proportions énormes et qui s’est terminée au tribunal correctionnel. Condamné par l’état, alors que l’employeur avait retiré sa plainte. ça vous rappel pas des syndicalistes récemment ?
Suite a cela, j’ai été placardisé, installé sur un bureau sans fiche de poste, rien a faire, sans ordi, sans téléphone seul dan une pièce avec pour seule compagne, l’horloge sur le mur…Reformaté, basculé d’agence en agence, avant de terminer dans un bureau a la direction . Ils pouvaient avoir un œil sur moi. Fini le contact au public, juste des écrans.
J’ai fini par arrêter ce boulot, qui ne correspondait plus a ce que je savais et aimais faire.
Le droit du travail m’a permis de rester digne, de me battre contre une machine a broyer les hommes. Merci a lui, a mon avocat, aux camarades du syndicat.
J’ai déménagé dans un autre département. J’ai exercé des métiers diverses, me suis fait virer d’une agence d’intérim pour avoir osé demander un pantalon de travail (-je faisait de l’isolation dans des combles noirs et sales). Abimé la santé comme tonnelier (tendon du coude).
J’exerce depuis 3 ans le métier d’encadrant technique d’insertion au sein d’un chantier d’insertion.
Et la, je me rends  vite compte que les salariés (embauchés et subventionnés car RSA socle), ne bénéficient pas des même droits que les autres.
L’employeur connait leur ignorance, leur fragilité. Salariés malléables, faciles,. On peut leur faire signer facilement des attestions de présence en formation bidon (car non réalisées), acheter leur silence sur les détournements de matériels avec un petit bon cadeau.  les laisser en dehors des instances salariés, ne pas respecter l’article primordiale du CDDI qui engage l’employeur sur la mise en place de l’accompagnement vers l’emploi, une formation..
Je m’arrête parce-que la liste est longue bien trop longue.
Je refuse encore de fermer les yeux sur cette gabegie de l’argent public, je refuse d’envoyer un gars de mon équipe sur un toit. Je demande une formation échafaudage pour grimper a 6 mètres.
Je suis a nouveau isolé et trop seul pour intenter une action.
 Mon employeur sait que je suis syndiqué, alors il fait attention. Mais s’il existait un droit du travail fort pour défendre les plus faibles, ces salariés pourrait s’organiser, défendre leurs droits, et envisager l’avenir plus sereinement.
Ont vaut mieux que ça.
On va se battre !!

3 thoughts on “Le droit du travail m’a permis de rester digne, de me battre contre une machine a broyer les hommes.

  1. Merci pour votre témoignage, rare sont les conseillers à pôle emploi qui ose parler de ce qu’il se passe réellement à l’intérieur. Il n’y a que le anciens comme vous qui n’ont pas peur des représailles. Vous êtes aussi des travailleurs mais les conditions ne sont pas réunies pour aider réellement les chômeurs, comme vous dîtes ils sont infantilisés. J’ai étais à la fois chômeuse et travailleuse ( oui c’est quotidien quand on est jeune on est embauché de CDD en CDD dans différents métiers ). Notre société va mal et avec la loi travail cela ne s’arrangera pas,

  2. « Procédures schizophréniques » ? À votre place j’éviterai de sortir une aberration pareille en face d’un schizophrène, il pourrait mal le prendre. Moi en tout cas je le prend très mal…

    1. Schizophrénie signifie aussi « esprit fendu » et il n’est pas employé qu’en terme psychopathologique mais pour désigner disons la pathologie de quelque chose, ici une procédure. Rien à voir avec la catégorisation d’une personne. De plus les malades ne s’identifie pas qu’à leur maladie, ils ne sont pas qu’elles, ce sont des humains avant tout, je pense qu’on peut tous comprendre les nuances sémantiques de certains mots. Exemple, si on dis que « les institutions sont malades » et que j’ai la grippe, je ne vais me sentir proche d’une institution ou y voir une association malvenue. A l’inverse si je veux aborder quelqu’un dans la rue et que je dis « s’il vous plait monsieur le trisomique » c’est insultant, car je le réduit à une caractéristique, alors qu’il est avant tout une personne, donc ici un « monsieur ».

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