Nous ne sommes pas une génération de fainéant

Nous ne sommes pas une génération de fainéant, nous aimons en général notre travail car on s’est franchement battu pour l’avoir.
Cependant, il nous suffit de tomber sur des collègues ou surtout des patrons très peu scrupuleux et tout s’effondre jusqu’à la dernière carte.
Permettez-moi s’il vous plait de vous faire part de ma dernière expérience professionnelle qui a failli me coûter la vie. Je vais essayer de faire au plus court.
Je fus donc embauché en février 2015 pour un remplacement de congés maternité, au poste de responsable communication. Le boulot que je rêvé depuis longtemps, seul hic, payé le SMIC.
Avant de signer, j’ai demandé à mon directeur s’il pouvait faire un petit geste afin que je puisse vivre de mon travail tout simplement et pas des allocations chômage. Il a accepté de me rembourser les frais kilométriques sachant que je faisais la route tout les jours de Bordeaux au château, ce qui me coûtait 200€ d’essence.
J’ai donc accepté dans l’espoir qu’il m’augmenterais plus tard.
La propriétaire que je devais remplacer est partie plutôt que prévue au bout d’un mois sinon elle allait perdre son bébé.
J’ai su rebondir tout de suite, je m’occupais de tout, accueil visite/dégustation, démarchage, gestion des stocks, organisation des évènements, compta, ménage, formation d’une assistante etc…
J’adorais mon travail, je travaillais jours fériés, les week-ends, j’ai de moi-même demandé à ce que le château soit ouvert au public tout les jours de la semaine. De plus, je leur ai fait bénéficier de mon réseau.
Ayant au bout de 2 mois, déjà de très bon résultats, j’ai demandé à mon directeur si on pouvait repenser mon salaire. Il en était hors de question pour lui. J’ai demandé alors si on pouvait penser à un CDI, il m’a fait croire que oui.
Cependant, il n’a pas apprécié ma demande alors il a cherché à me mettre au placard doucement mais sûrement.
Avec sa comptable, ils ont monté ma collègue/subordonnée contre moi afin qu’ils aient plus d’arguments (faux) à mon égard. Je voyais qu’elle devenait de plus en plus insolente et qu’elle ne voulait en faire qu’à sa tête comme d’écouter de la musique avec son portable devant les clients. Mon patron trouvait que ce n’était pas grave…
J’ai formé cette personne ce qui n’était pas dans mon contrat, je l’ai sorti de sa situation difficile et elle a retourné sa veste afin de tirer profit de la situation qui lui était servi sur un plateau d’argent, parce que mon patron savait qu’elle allait accepter un CDI au smic car a 28 ans elle vit encore chez ses parents.
Je n’ai rien vu venir. Jusqu’au jour où ils ont tiré le coup de grâce, un matin à l’embauche, le directeur, la comptable et la collègue m’attendaient dans le bureau sans me prévenir bien-sûr, afin d’écouter tous les mensonges et ignominie de la collègue. Je revenais d’un week-end bien mérité, après 8 jours d’affilée à bosser 10/12h, ça m’était égal j’adorais mon travail, et les gens pour qui je bossais enfin je croyais…
Et pendant ce week-end de repos, la co m’a envoyé un message odieux me tapant sur les doigts comme quoi je n’avais pas annuler une visite ce qui la faisait attendre pour rien (alors que cela ne changeait en rien ses horaires).
Exaspéré par son agressivité, je lui ai fait comprendre qu’il fallait sérieusement qu’elle se calme.
Ce qui m’est retombé dessus ce fameux lundi d’embauche. Ce jour-là ma vie a basculé.
Je suis donc reparti chez moi en pleurs et je n’ai jamais pu retravailler depuis.
J’ai fait plusieurs tentatives de suicides suite au Burn-out provoqué et à la perte de tout repères. Quelles sont les valeurs à avoir au travail? Doit-on perdre la valeur du travail au détriment de l’argent du patron? Faut-il être un profiteur comme eux?
Lorsqu’il a fallu que j’y retourne fin octobre signé mon compte de tout solde, autant vous dire qu’ils ne m’ont pas payés les heures de précarité du à un CDD, mais surtout la moitié de mes affaires ont été volées. Un livre sur l’oenotourime, le coffret du vin que je leur avait prêté 300€.
Et l’autre de par ce fait, à son CDI signé là-bas payé le SMIC, avec pourtant un château tout neuf à 20 millions d’euros.
Je suis depuis incapable de travailler en entreprise, je souffre d’anxiété sévère.
Je ne veux pas mourir mais je ne veux plus vivre non plus.

Si ce témoignage pouvait servir à quelque chose, je vous en serai très reconnaissante.
Bon combat à vous, à nous, à ceux qui le méritent.

> image d’entête via flickr

One thought on “Nous ne sommes pas une génération de fainéant

  1. Je suis désolé pour toi.

    Moi aussi j’ai toujours été victime d’anxiété sociale.

    Je te confirme que c’est la société qui est malade, pas nous, nous sommes malades à cause du décalage entre nos valeurs et la réalité de cette société pourrie.
    Pour les affaires qui ont « disparues » tu aurais du déposer plainte, c’est clair que ce sont ton patron et l’autre conne qui se sont servis.

    Bref je te souhaite bon courage, peut-être es-tu faite pour une autre vie, peut-être est-ce un signe qu’on t’a envoyé, perdre sa vie à la gagner n’en vaut pas la peine.

    Cherches bien et je suis certain que tu trouveras une voie qui te rendra heureuse.

    Aller, courage, t’es pas seule dans cette galère.

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